SMALL GAUGE TRAUMA

2006

Dois-je vraiment présenter le festival Fantasia? Pour tout ceux qui sont aveugle-sourd-muet ou ceux qui habitent dans un abri nucléaire depuis 10 ans, Fantasia est LE festival de films de genre en Amérique du Nord ! Créé en 1996 par Pierre Corbeil, André Dubois et Martin Sauvageau, Fantasia a d’abord été à sa première année qu’un festival de films asiatiques. L’année d’après, en 1997, le festival élargit ses horizons et accueille des films de genres du monde entier. C’est ainsi qu’aujourd’hui, Fantasia à accueillie en 2006 plus de 77,000 spectateurs venant d’un peu partout et à chaque année, un nombre de plus en plus grand d’artistes invités ( tel que Lucky McKee, Sion Sono, Stuart Gordon, Eli Roth, Emily Perkins, John Carpenter et j’en passe ) qui viennent parler avec le public durant des "Q&A". Donc pour son dixième anniversaire, Fantasia a décidé de sortir un DVD regroupant treize des courts métrages favoris du festival.

De longueur, d’origine et de style différents, ces courts métrages sont la crème de la crème du volet court métrage du festival. On a droit à des films d’animations, des drames, des films d’horreur purs, des stop-animations, un sexploitation religieux et au mini métrage le plus bizarre au monde. En tout, des courts métrages de huit pays différents : Canada, Espagne, Belgique, Argentine, Portugal, Japon, Angleterre et Brésil. Small Gauge Trauma est une catégorie très populaire du volet courts métrages de Fantasia, d’où le nom du DVD.

Voici donc à mon avis, les perles du DVD:

TEA BREAK:

Une tranche dans la journée de travail d’une préposée à une chaîne de montage bien particulière... Tea Break est sans contredit le court métrage le plus dérangeant que j’aie vu de ma vie ! Il n’y à aucun dialogue, aucun scénario, que de l’ambiance visuelle et musicale. D’ailleurs la musique y joue un très grand rôle. Tellement, qu’elle devient presqu'un personnage du film. Espèce de musique industrielle et d’échantillonnage, elle vient épouser parfaitement le style visuel pour faire mousser l’ambiance. Visuellement, le film est un mélange entre la scène d’usine dans Modern Times de Charlie Chaplin et l’ambiance démoniaque de l’univers parallèle de Silent Hill! Il n’y a pas vraiment de commentaires qui peuvent rendre justice à ce chef-d’œuvre.

THE SEPARATION:

Deux frères siamois qui ont été séparés à l’enfance essaient de vivre et d’accepter qu’ils ne soient plus collés ensemble. Dans la catégorie « courts métrages dérangeant » The Separation arrive deuxième derrière Tea Break de très prêt. Pour raconter son histoire, Robert Morgan à choisi le stop-animation, ce qui rajoute à l’effet d’inconfort que l’on éprouve en écoutant le film. Tout d’abord parce que visuellement, ça laisse place à une plus grande liberté, mais aussi parce que ceci lui a permis de créer des allures bizarres et déconcertantes à ses personnages. De plus, cela lui à aussi donné la chance de créer une ambiance plus glauque et gothique pour aller avec son scénario qui l’est tout autant. Durant le visionnement, j’étais crispé comme cela ne se pouvait pas tellement l’œuvre de Morgan imprègne son spectateur.

ABUELITOS:

J’ai beau essayer de toutes les façons que je peux, mais je ne trouve aucun synopsis à ce court métrage. Ce n’est qu’une suite d’événements dans la journée de personnes âgées qui habitent dans un centre. Elles mangent, se lavent dans un mélange spéciale et son dirigées par un vieillard brancher à des fils qui le garde en vie. Durant le film, on arrive à deviner ce qu’est le mélange mentionné plus haut et surtout, de quoi il est fait. Mais le tout est bâti dans une subtilité et une ambiance telle que les images parlent d’elles-même. On assiste, impuissant, à la souffrance que l’âge leur fait subir et aux moyens particuliers qu’ils ont pour le combattre. Visuellement, c’est dans la même lignée que le nouveau cinéma Espagnol (The Nameless, Talk to Her), tout est dans une ambiance calme, réfléchie, posée. Ici, aucun mouvement de camera brusque ou de plans spectaculaires.

Le DVD contient aussi un film de zombie (I’ll See You Soon), une comédie musicale (Ruta Destroy), un film d’animation japonnais qui ressemble à Heavy Metal, certains des courts métrage de Animatrix (Gorgonas), un sexploitation religieux (Sister Lulu) et j’en passe. De plus, un des films les plus bizarres au monde s’y trouve (Miss Greeny). Personnellement je ne le considère pas comme un des courts métrages principaux, mais plutôt comme un extra de part son originalité. Il dure 30 secondes et c’est l’histoire d’un monstre fait en gelée qui se lève de son lit et… fond. Voila !

Small Gauge Trauma est aussi bourré de suppléments. La plupart des films contiennent des commentaires, il y a un clip vidéo, des scènes supprimées, une introduction par Mitch Davis ( le programmateur du festival et animateur ) et un montage fort instructif et amusant de topos télévisuel concernant le festival durant les dix dernières années.

Pour tout ceux et celles qui ne connaissent pas le festival ou les malchanceux qui ne peuvent jamais y aller, Small Gauge Trauma est un must. Non seulement il vous fera découvrir un peu ce qu’est Fantasia, mais vous donnera assurément la piqûre pour que vous y fassiez un tour pour sa prochaine édition. C’est aussi un achat indispensable pour tous les fanatiques de courts métrages.

  • Dominic Paulhus

  • Festival SPASM: Horreur Vol.1 (2006)
  • Festival SPASM: Horreur Vol.2 (2006)

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