SOCKET

2007

RÉALISATION: Sean Abley
SCÉNARIO: Sean Abley
AVEC: Derek Long, Matthew Montgomery, Rasool J’Han, Allie Rivenbark et Sean Abley

Étrange! Voilà le mot qui m’est venu à l’esprit pendant le générique de fin. Je ne savais pas du tout si le film que je venais de voir m’avais plu ou non. Après quelques minutes et l’arrière-goût bizarroïde estompé, j’ai revu dans ma tête les points forts et ceux plus faibles. Conclusion : c’est loin d’être le meilleur film que j’ai vu. Socket reste tout de même intéressant par son originalité et son histoire sortie d’un imaginaire plus que fertile.

Le film débute avec force. On est transporté au cœur de l’action. Les images défilent rapidement sans qu’on comprenne tout. Un homme se trouve dans une salle de réanimation et le personnel hospitalier s’affaire vivement autour de lui afin de le sauver. La séquence suivante nous apprend que l’homme, Bill, vient d’être frappé par la foudre. Consigné au repos, chez lui, son comportement change du tout au tout. D’ordinaire bordélique, il lui prend l’envi de tout nettoyer de fond en comble. De plus, des phénomènes insolites d’ordre électrique surviennent. Prêt à céder au désespoir, il fait la rencontre d’un infirmier ayant déjà vécu une expérience similaire. Ce dernier l’incite à se joindre à un groupe de gens comme eux, dépendant de l’électricité comme d’autre de la drogue. Bill s’aperçoit rapidement que l’électricité produite par le corps humain est de loin la plus énergétique et donc plus nourrissante. Malgré lui, il se métamorphosera en tueur avide d’électricité cérébrale humaine.

C’est définitivement une forme de vampirisme nouveau genre et sous-entendu. Sean Abley réinvente effectivement la notion surexploitée du vampire moderne, d’une façon innovatrice certes, mais un peu trop tiré par les cheveux. Par exemple, comme le personnage de Bill est médecin de profession, il met au point une sorte de prise électrique camouflée dans son poignet qui, à l’aide d’un geste rappelant Spiderman qui expulse ses toiles, sort au besoin afin d’être branché au mur. Si vous trouvez ça farfelu, et bien, ce n’est rien à comparer d’autres péripéties du film.

Le long-métrage a une saveur extrêmement amateur. Parfois, c’est une recette gagnante qui rajoute un « je ne sais quoi » à l’œuvre, mais dans ce cas ci, on a manqué l’objectif à force de trop négliger de détails. La direction photographique est hasardeuse et ne met aucunement les plans en valeur. Bizarrement, rien ne semble calculer. La lumière semble trop intense ou trop faible par moments, les couleurs ne permettent aucune association symbolique et les cadrages sont ordinaires sans plus. Je ne peux passer sur le fait que les acteurs livrent une performance peu convaincante. Il est plus que nécessaire, budget ou non, d’avoir des acteurs qui se donnent à fond et qui s’épanouissent dans leur personnage. On risque sinon, comme c’est le cas avec Socket, de créer une distanciation chez le spectateur. Personnellement, je ne me suis pas du tout identifié au personnage de Bill, ce qui m’empêchait souvent d’entrer dans le récit.

Il reste quand même que l’idée initiale du film est bien pensée et aurait pu donner un résultat surprenant. C’est bien dommage. Un bon concept mais une mauvaise réalisation. Abley devrait peut-être se concentrer à l’écriture de scénario plutôt qu’à la mise en œuvre. Socket est disponible sur DVD gracieuseté de TLA Releasing.

  • MaryBel Gervais

  • The Fly (1986)
  • Innocent Blood (1992)

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