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SOLE SURVIVOR
1983
RÉALISATION: Thom Eberhardt
SCÉNARIO: Thom Eberhardt
AVEC: Anita Skinner, Kurt Johnson, Robin Davidson, Caren L. Larkey et Andrew Boyer
Film méconnu des années 80, Sole Survivor fait aujourd'hui parler de lui en raison de sa ressemblance avec le classique contemporain Final Destination. Les similitudes sont si frappantes que le réalisateur Thom Eberhardt (Night Of The Comet) a cru bon consulter ses avocats pour savoir si une poursuite était nécessaire. Une procédure exagérée si on tient compte du fait que Sole Survivor ressemble à son tour à The Survivor sorti en 1981! Mais au-delà des références et des ressemblances, Sole Survivor cache une oeuvre injustement reléguée aux oubliettes qui ne demande qu'à être découverte.
Suite à l'écrasement d'un avion commercial, une passagère survie miraculeusement sans aucune blessure majeure. Les médecins sont confus, mais Denise Watson, productrice de télévision, ne démontre aucune séquelle si ce n'est que quelques égratignures. Faisant la une des journaux et des émissions de nouvelles, Denise tente de reprendre le cours de sa vie, avec un regard nouveau sur celle-ci. Étrangement, elle retrouve quotidiennement sur son chemin des gens bizarres et confus qui semblent vouloir lui transmettre un message. Ses rencontres surviennent au même moment qu'une série de disparitions de cadavres provenant de l'hôpital et de la morgue. Lorsque les gens en question commencent à s'en prendre à elle et son entourage, il devient évident que La Mort avait bel et bien des plans pour Denise.
De l'accident d'avion en passant par la mort qui revient chercher ceux qui lui ont échappée, Sole Survivor semble effectivement être le père spirituel de Final Destination, mais les comparaisons s'arrêtent là. Le film de Eberhardt est beaucoup moins exubérant et sanglant, se contentant plutôt de prodiguer un sentiment morbide fort efficace qui n'est pas sans rappeler l'atmosphère de Carnival Of Souls (et pour ceux qui se posent la question, non la finale de Sole Survivor n'a rien à voir avec ce film). Le scénario joue beaucoup avec le concept du remords ressenti par les survivants de tragédie, instaurant ainsi un aspect psychologique qui le démarque de Final Destination. D'emblée, le personnage de Denise se fait avertir des risques psychologiques d'avoir survécu à cet événement par son médecin qui pousse la note jusqu'à affirmer que la majorité des survivants de tragédie meurent dans l'année suivante. La paranoïa s'installe donc chez Denise et il n'est jamais clair si La Mort tente de revenir la chercher ou si la folie ne s'empare pas de la jeune femme petit à petit.
Puisqu'il n'y a qu'une seule survivante, le film peut se permettre de bien développer son personnage principal et son entourage. Celle-ci ne semble pas être un morceau de viande pour un tueur quelconque et le scénario réussit à maintenir un mystère beaucoup plus longtemps. Autre point fort du film est que l'approche minimaliste du réalisateur n'est pas sans rappeler celle de John Carpenter au début de sa carrière, ce qui avantage beaucoup le maigre budget. Un des meilleurs exemples est l'écrasement de l'avion qui survient au début du film. Au lieu d'essayer de nous épater avec des explosions spectaculaires, Eberhardt nous présente le tout après l'impact. Il promène sa caméra à travers les débris et les cadavres pour culminer sur un plan de Denise, encore assise sur son banc intact. Une superbe scène qui donne le ton au film.
Le scénario, aussi écrit par Eberhardt, incorpore assez maladroitement le personnage d'une actrice déchue qui a des pouvoirs de voyances. Ses pouvoirs lui permettent de voir la mauvaise aura de Denise, mais cette histoire secondaire n'est pas aussi développée qu'elle aurait pu l'être. Par contre, réuni avec des cadavres qui se sauvent de la morgue, le tout ne fait qu'augmenter l'atmosphère particulière du film. Lorsque les différents cadavres se mettent à l'action, on a droit à quelques scènes de meurtres bien orchestrées, notamment celle de la piscine. On est bien loin d'un film de zombies de Lucio Fulci, mais le manque de maquillage des morts-vivants du film leur procure un cachet particulier. Le seul réel défaut de Sole Survivor est que son dénouement nous laisse légèrement sur notre faim. Pas qu'il est mauvais, disons simplement qu'on reste curieux de savoir jusqu'où cette histoire aurait pu nous mener.
À ne pas confondre avec Soul Survivors (2001), mettant en vedette Eliza Dushku, Sole Survivor est loin de bénéficier du statut culte qu'il mérite pourtant. Pour ceux qui préconisent l'atmosphère glauque au détriment des décapitations sanglantes, le film de Thim Eberhardt vaut le détour.



• L'unique Survivante (version française/France)


• The Survivor (1981)
• Final Destination (2000)
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