SOMEONE’S KNOCKING AT THE DOOR

2009

RÉALISATION: Chad Ferrin
SCÉNARIO: Chad Ferrin et Roham Ghodsi
AVEC: Noah Segan, Andrea Rueda, Ezra Buzzington, Elina Madison et Silvia Spross

Toujours obsédé par ma quête du film parfaitement dépravé selon mes goûts, Someones’s Knocking At The Door a traverser mon chemin. Je l’ai laissé me susurrer des mots doux à l’oreille, je le caressais du bout des doigts, je me laissais envahir par les promesses de futurs idylliques. Après écoute, certaines des promesses furent remplies, mais comme rien n’est parfait, j’ai dû le laisser aller, préférant donner mon amour au film qui le méritera vraiment.

Rien ne va plus pour un groupe d’amis. Après que l’un d’eux fut violé et sodomisé à mort par un homme au pénis démesuré, le groupe de copains tente de se consoler mutuellement. Mais lorsqu’ils seront interrogés par la police, des questions seront soulevées, des amitiés se briseront et d’autres orifices se feront défoncer.

L’histoire est difficile à résumer sans rien gâcher, car, dans les faits, il ne se passe pas grand-chose dans Someone's Knocking At The Door. Certains aspects du scénario peuvent prendre jusqu’à une vingtaine de minutes, comme les scènes d’interrogations par exemple. Autrement, le scénario propose de savoureux moments et une idée de base qui m’a tout de suite plu. Une espèce de démon/fantôme avec un pénis démesuré qui tue du monde avec. Wow!

Croisement léger entre Bad Biology et Tokyo Gore Police, le film est assez gore et dégueu même si on ne voit presque rien! La majorité des scènes violentes du film nous sont montrées, mais laissant le maximum a l’imagination. Par exemple, alors qu’un des policiers fouille dans des papiers, le démon lui apparait et lui rentre son membre géant dans la gueule, lui forçant une fellation « deep-throat » qui se transforme en « large mouth ». Durant toute la scène, on ne voit que le haut de la tête ou le démon de dos. De temps en temps, on nous glisse des visions rapides du membre en question et du trou improvisé, mais juste assez pour aider l’imaginaire, et non forcer l’image. Mais comme toute bonne chose, il n’y en a pas assez à mon goût. Tant qu’à faire un film avec un démon qui viol tout ce qui bouge et des gros qui sont possédés et qui courent après de jeunes filles avec une énorme queue dégueulasse qui pendouille entre les cuisses, aussi bien en profiter. Mais bon, je comprends que cet aspect du film n’est qu’accessoire à ce que le réalisateur veut tenter avec ce long métrage.

En général, je trouve le film plutôt ennuyant. Certaines scènes sont trop courtes, alors que d’autres sont péniblement trop longues. Par exemple, au début, on voit l’un des personnages discuter avec son ami en plein party alors que ce dernier se frotte contre une fille sans connaissance. Le tout doit bien durer un gros cinq minutes, alors que tout ce qu’ils se disent, c’est si l’un veut du speed et l’autre donne des conseils pour prendre soin de la comateuse. D’un ennui mortel. Et le film est constamment bombardé de dialogues tout aussi inintéressant qui ralentissent le film. Cependant, les scènes d’action et d’horreur sont réussies. Les scènes de viols/meurtres sont d’une grossièreté peu ménagée et viennent nous chercher. Sinon, de temps en temps Chad Ferrin nous offre des petits bijoux visuels, tels que la scène ou l’on voit un docteur analyser deux meurtriers qui seraient en fait le démon violeur. La scène nous est introduite avec un plan qui tourne en 360 degrés jusqu'à s’arrêter pour nous livrer les dialogues et la scène se referme de la même façon, avec un plan tournant.

Mais je dois avouer que malgré les défauts, je dois lever mon chapeau pour le « guts » et les couilles d’avoir osé faire un film qui joue avec les perceptions, surtout auditives. À certains moments, lorsque le personnage interprété par Noah Segan (Cabin Fever 2, Deadgirl) est pris avec des hallucinations, il se mets à trafiquer ses images avec des insertions de flash rapides et d’images alternatives de son personnage. Mais le plus intéressant, c’est qu’alors, il commence à expérimenter avec le son, insérant soit de la musique électronique expérimentale ou des sons déstabilisants, tels qu’un effet électronique et du son blanc comme une radio entre deux syntonisation. Le tout, pour tenter de déstabiliser le spectateur et l’insérer dans un monde psychotonique et hallucinogène, comme ses personnages drogués. Ferrin possède un talent certain et est définitivement quelqu’un à surveiller.

Au final, le film, malgré toutes ses qualités, se retrouve ramolli par ces quelques affreux défauts, tels de trop grandes longueurs, un scénario dépourvu de dialogues intéressants et une folie parfois mal contrôlée. Someone’s Knocking At The Door m’a laissé croire à un monde meilleur, mais finalement, il était comme tous les autres films, une petite crisse d’agace.

  • Dominic Paulhus

  • • Jacob’s Ladder (1990)
    Bad Biology (2008)

     

     
     


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