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SOMEONE'S WATCHING ME1978
RÉALISATION: John Carpenter Tourné quelques semaines avant que John Carpenter ne débute la production de Halloween et présenté à la télévision peu après la sortie de ce dernier, Someone's Watching Me a toujours suscité la curiosité des amateurs du populaire réalisateur. Considéré comme un film perdu par plusieurs, Someone's Watching Me n'a jamais bénéficié d'une sortie vidéo ou DVD. Après près de 30 années d'attente, Warner Bros a enfin remédié à la situation en incluant ce téléfilm dans leur collection Twisted Terror. Ayant peine à se remettre d'une rupture amoureuse, Leigh Michaels décide de changer de décor en déménageant à Los Angeles. À peine installée dans son luxueux appartement, elle se met à recevoir des appels téléphoniques anonymes et des cadeaux étranges. Lorsque les appels s'intensifient, il devient évident que Leigh est la proie d'un voyeur qui se trouve dans l'immense building en face du sien. Puisque la police tarde à mener son enquête, la jeune femme décide de s'improviser Columbo dans le but de démystifier le coupable. Plus qu'un téléfilm parmi tant d'autres, Someone's Watching Me témoigne des premiers pas d'un des cinéastes les plus talentueux du cinéma d'épouvante. Someone's Watching Me est non seulement un précurseur à Halloween, mais il a aussi servi de pratique à Carpenter avant le tournage de son chef-d'oeuvre. Bien que limité par le format télévisuel, Carpenter apporte un peu de lustre à une oeuvre sans réelle envergure. Le cinéaste expérimente beaucoup avec sa caméra, nous offrant de longs plans séquences, des points de vue de ses personnages et de longs travellings. Les plan calculés et la caméra fluide qui ont fait la renommé de Halloween sont ici perfectionnés avec efficacité. Basé sur une histoire vraie, le scénario de Carpenter est simple, mais efficace. L'influence d'Alfred Hitchcock se fait sentir autant au niveau technique (Marnie) que narratif (Rear Window). Par contre, Carpenter s'assume pleinement dans ses hommages et en profite même pour expérimenter avec ses propres techniques de suspense. Bien que restreint au niveau de l'horreur, Someone's Watching Me contient plusieurs moments de frousse bien maîtrisés. Le rythme du film est lent et pausé, mais la tension est toujours présente. Au milieu de cette histoire de voyeurisme, le scénario de Carpenter nous présente une anti-héroïne en la personne de Leigh Michaels. La jeune femme au sens de l'humour assassin n'a rien du modèle typique d'héroïne ironiquement popularisé par Carpenter avec le personnage de Laurie Strode dans Halloween. Le tempérament imprévisible de Leigh apporte une dimension particulière à l'histoire. Bien que John Carpenter en soit le réalisateur, Someone's Watching Me n'échappe pas aux limitations imposées aux productions télévisées. La violence est sobre et tenue au minimum, tandis que la photographie n'est pas aussi recherchée que dans les films subséquents de Carpenter. Mais là où le manque de contrôle de Carpenter se fait sentir, c'est au niveau musical. Habitué de composé ses propres trames musicales, Carpenter a dû reléguer cette tâche à Harry Sukman (Salem's Lot) qui livre une musique peu originale. En tenant compte de l'importance et de l'efficacité de la musique dans Halloween, The Fog et Prince Of Darkness, il aurait été intéressant d'entendre ce que Carpenter aurait composé pour ce film.
Il est certain que dans son ensemble, Someone's Watching Me est un téléfilm limité. Par contre, cela ne devrait pas empêcher les amateurs de John Carpenter de s'y aventurer.
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