SORORITY ROW

2009

RÉALISATION: Stewart Hendler
SCÉNARIO: Josh Stolberg et Pete Goldfinger
AVEC: Briana Evigan, Leah Pipes, Jamie Chung, Rumer Willis et Carrie Fisher

Il faut croire qu'Hollywood avait besoin d'un peu de pratique! Après avoir livré des remakes décevants, voire même mauvais de Black Christmas, Halloween, April Fool's Day, Friday The 13th et My Bloody Valentine, voici enfin un remake d'un slasher qui est aussi bon, sinon meilleur que sa source! Pincez-moi quelqu'un!!

Lors d'une gigantesque fête organisée à leur confrérie, six étudiantes orchestrent un mauvais tour au copain de l'une d'elles. La blague tourne au cauchemar lorsqu'une des étudiantes meurt accidentellement. Impliquées directement dans la mort de leur amie, les jeunes femmes décident de cacher le corps et de garder le tout secret. Huit mois plus tard, une nouvelle fête est organisée dans la maison de la fraternité des Theta Pi pour célébrer la graduation. Un mystérieux tueur a choisi l'événement pour faire payer le prix aux étudiantes impliquées dans l'accident.

Remake du slasher peu connu The House On Sorority Row, cette nouvelle mouture du réalisateur Stewart Hendler récupère la base de l'histoire originale pour amener le récit dans une tout autre direction. Tout comme son prédécesseur, Sorority Row se déroule dans une maison de fraternité et met en scène un mystérieux tueur qui veut venger une mort survenue lors d'une blague qui a mal tourné. Mais contrairement à bon nombre de remakes qui se contentent seulement d'exploiter un titre familier sans daigner lui porter respect, il est évident dès les premières scènes que Hendler a un profond respect pour l'oeuvre originale, et surtout, une compréhension du genre.

Sorority Row démarre en plein milieu d'un party avec une scène dans laquelle des filles en petite tenue, dont une nue-fesse, font un combat d'oreillers sur une trampoline. Déjà, Hendler affiche ses couleurs. Sorority Row est un film qui ne se prend pas au sérieux, mais qui traite néanmoins son sujet avec respect. Mais surtout, il ne s'agit pas d'un autre hommage qui manque le bateau à force de trop pousser la note. Sorority Row est un très bon slasher contemporain, qui livre la marchandise... là où la marchandise devrait être livrée! Et bien qu'il diffère du film original, Sorority Row n'hésite pas à lui rendre hommage à plus d'une occasion. C'est ainsi que la canne de madame Slater fait son apparition et que la fameuse citation "I'm a sea-pig" trouve preneur dans la bouche d'une autre étudiant qui a trop bu.

Le scénario écrit par Josh Stolberg et Pete Goldfinger incorpore habillement horreur, suspense et humour. Contrairement à la normale, les personnages principaux sont presque tous des salopes cyniques et méchantes. Leur personnalité sont si bien définie et leurs dialogues savoureux qu'il est difficile de ne pas tomber sous leur charme, aussi détestables soient-elles. Stolberg et Goldfinger ont réussi à les rendre sympathiques tout le long du film, sans que leur personnalité devienne redondante ou énervante. Bon nombre de citations, qu'elles régurgitent comme du venin, sont à mourir de rire. De vraies citations classiques en devenir. De plus, les actrices qui les interprètent sont toutes très bonnes. Chapeau aussi à Carrie Fisher (Star Wars) qui vole la vedette malgré le peu de scènes qui l'impliquent.

Et quand est-il de l'horreur? Sorority Row se fout pas mal de toute logique et plonge à fond dans le potentiel horrifique de son scénario. Les meurtres sont tous, sans exception, très réussis, tant au niveau de l'exécution que dans l'originalité. Hendler n'a pas peur de se salir les mains. Son film est sanglant et brutal par moment, mais ne bifurque jamais dans le territoire de la "torture porn". La scène de meurtre qui se déroule dans une montagne de bain moussant est mémorable. Le tueur est quant à lui le vilain typique des slashers des années 80. Le film se déroulant lors de la graduation, il porte une longue toge noire et utilise une clé à roue modifiée. Ce n'est pas le croque-mitaine le plus mémorable, mais puisque la majorité des costumes et des armes ont déjà été utilisés dans un des 374 slashers sortis dans les années 80, il serait injuste de se plaindre.

Un élément qui mérite une certaine plainte est le dévoilement de ce tueur. Malgré que son identité soit évidente à deviner dès les premières apparitions du personnage, ce qui dérange c'est son motif pour s'en prendre à ses victimes. Tout le long du film Sorority Row offre un slasher fort efficace qui utilise les règles du genre à son avantage, n'hésitant pas à gonfler certains clichés pour renouveler leur efficacité. Le motif du tueur ne va pas en ce sens et tombe à plat de par son manque d'audace. Au lieu de propulser le film au niveau supérieur (et d'en faire un des meilleurs slashers des dernières années), il diminue plutôt son impact.

Cela n'empêche pas Sorority Row d'être un tout fort divertissant. Il est rafraîchissant de finalement voir un remake mis sur pieds par des gens qui ont le genre à coeur. Sorority Row ne tente pas de réinventer la roue, il se contente d'offrir aux amateurs un film de genre divertissant. Mission: accomplie!

  • Dany Champagne

  • • Serment Mortel (version française/Québec)

     

    The House On Sorority Row (1983)

     

    Black Christmas (2006)
    I Know What You Did Last Summer (1997)

     

     
     


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