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SPLATTER: NAKED BLOOD1995
RÉALISATION: Hisayasu Sato Avant de réaliser Splatter: Naked Blood, le réalisateur japonais Hisayasu Sato oeuvrait dans l'industrie du film pornographique (il en a réalisé une cinquantaine). Splatter: Naked Blood est en fait son propre remake version gore de Boko Honban, film érotique qu'il a tourné en 1987. Souvent comparé à Cronenberg et vanté par plusieurs comme étant un film assez généreux en matière de sexualité alliant gore, Splatter: Naked Blood m'a tout de suite intrigué. Eiji est un jeune scientifique travaillant sur un projet révolutionnaire. Poursuivant les traces de son père décédé, il entreprend de développer un médicament qui permettrait de transformer la douleur en plaisir intense. Pour son premier test, il se rend à l'hôpital où sa mère travaille et introduit sa potion "myson" dans un nouveau médicament contraceptif que cette dernière s'apprête à tester sur trois patientes. Le résultat sur les sujets s'avère puissant, trop puissant même... Bien que Splatter: Naked Blood échoue à être une révélation dans son genre, on doit toutefois admettre qu'il s'agit d'un projet ambitieux. En effet, contrairement à bon nombre de réalisateurs misant sur le gore, Sato tente de donner une profondeur à son film. À ses dires, son long métrage se veut une réflexion sur le manque de communication au sein de la société japonaise. Dommage que sa vision ne soit pas appuyée par un scénario substantiel. Par l'entremise de l'esthétique fade et des douloureuses scènes d'automutilation, on réussit à saisir l'essentiel de son propos. Là où ça se gâte par contre, c'est lorsque l'on tente de rassembler les parties du récit ou que l'on s'attarde aux dialogues. Sur ces aspects, Splatter: Naked Blood paraît innachevé et assez pêle-mêle. D'ailleurs, sa durée (1h15mins) est nettement insuffisante pour l'ampleur de l'entreprise. Avec si peu de temps, le scénariste aurait dû laisser tomber certaines parties du récit pour se concentrer sur l'essentiel. L'histoire du jeune scientifique et des rapports avec sa famille, qui est pourtant au coeur du film, demeure nébuleuse et alourdit l'ensemble de façon considérable. Aussi, la relation d'amitié entre Eiji et une patiente finit par rapidement tourner à vide. Pour résumer, disons que le scénario de Taketoshi Watari aborde trop d'avenues sans en achever une seule correctement. Quelqu'un qui visionnerait le film sans connaître les intentions de ses créateurs risque de trouver que le générique final arrive subitement. Les parallèles dressés avec Cronenberg sont justifiables, mais le bagage d'idées amené par Sato est loin d'être aussi structuré que celui auquel nous a habitué le réalisateur canadien. Chacune des trois femmes cobayes de l'expérience "myson" possède une personnalité témoignant du vide existentiel caractéristique des pays industrialisés. L'une est obsédée par son apparence physique, l'autre s'alimente de façon obsessive et la dernière est incapable de dormir. À la suite de leur contamination par "myson", leurs torts se décuplent et deviennent la source d'une série d'actes automutilatoires. Malgré que la psychologie des personnages ne soit que très superficiellement développée, on ne peut cependant pas se plaindre du tournant de l'affaire. En effet, Splatter: Naked Blood contient quelques scènes de gore extrême susceptibles de lever le coeur à plusieurs. Le réalisateur tourne ces scènes avec froideur et mise juste assez sur l'érotisme pour que son film demeure accessible à tous. Le travail de Yuuichi Matsui (Audition, Entrails Of A Virgin) aux effets spéciaux est impeccable et rend le tout incroyablement réaliste. Oeil arraché, membres perforés, mains frites à la tempura... au niveau de la créativité et de l'exécution, les scènes gores de Splatter: Naked Blood sont excellentes ! Néanmoins, les gourmands seront insatisfaits. Le vrai spectacle commence dans le dernier tiers du film et en somme, on se retrouve avec à peu près 5 minutes de gore. La réalisation de Sato se veut plutôt sobre. Les mouvements de caméra sont discrets et la photographie terne adhère bien au sujet. La pellicule utilisée procure à l'image un aspect daté qui m'a par contre agacé. Aussi, les séquences dans lesquelles Eiji et son amie utilisent une machine à rêve auraient pu être beaucoup mieux. Le monde onirique dans lequel ils se retrouvent est représenté à l'aide de banals effets numériques. On peut bien croire que leur machine à rêve soit nulle, mais il reste que ces effets n'avantagent pas l'esthétique générale du film. Décidément, Sato rassemble ses efforts pour les scènes gores. Ces dernières bénéficient d'ailleurs du traitement esthétique le plus intéressant. Les acteurs du film offrent des performances somme toute correctes et Sadao Abe se débrouille bien dans le personnage de Eiji. La musique quoique souvent absente, possède un certain charme. Splatter : Naked Blood n'est donc pas un essentiel du genre comme le laissait espérer les discours autour du film. Les amateurs de gore seront ravis durant quelques minutes, mais s'ennuieront peut-être le reste du temps. Hisayasu Sato a conçu un film au contenu intéressant, mais le problème est qu'il le travaille seulement en sa surface. Un bel essai tout de même. Splatter : Naked Blood est offert en DVD, courtoisie de Diskotek Media. Le film est présenté en version japonaise avec sous-titres anglais.
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