SPLINTER

2008

RÉALISATION: Toby Wilkins
SCÉNARIO: Kai Barry, Toby Wilkins et Ian Shorr
AVEC: Paulo Constanzo, Jill Wagner, Shea Whigham, Rachel Kerbs et Laurel Whitsett

Je vais faire ça court: Splinter est le diamant brut caché dans une tonne de poubelles!

Seth et Polly sont un couple d’amoureux en train de fêter leur anniversaire. Alors que leur tente brise, ils décident de se rendre à un motel. Mais en chemin, ils remarquent une jeune femme en détresse sur l’autoroute. Ils s’arrêtent donc pour lui venir en aide, mais malheureusement, c’est une ruse pour que son copain puisse les prendre en otage. Se rendant à une station d’essence, Seth, Polly et les criminels se font attaquer par une mystérieuse créature qui prend contrôle des corps et les transforme à sa guise.

Splinter est un film de monstre comme il s'en fait que trop rarement, c'est-à-dire amusant, dégueulasse, divertissant et original. Le réalisateur Toby Wilkins (The Grudge 3) ayant compris ce qui fait un excellent film de monstre, il met presque toute l’emphase sur ce dernier à le rendre menaçant, unique et « cool ». Le monstre de Splinter fait d’ailleurs grandement penser à celui de The Thing de John Carpenter, le monstre prenant possession du corps de la victime et le transformant en être abject et monstrueux, ressemblant à une vision cauchemardesque. Alors que justement, la plupart des films de monstre possédant des corps ne font que montrer le monstre en train de s’adapter au corps, Splinter fait le contraire, il adapte les corps au monstre. Durant le film, à chaque victime, le monstre fusionne les corps et les morceaux selon sa guise en brisant des os et tordant la chair. Il pourra même se défaire de ses morceaux pour attaquer les humains confinés dans la station-service, nous donnant une scène semblable à l’attaque de la main dans Evil Dead 2: Dead By Dawn. Tout ça, Wilkins nous l’offre dans un film « old-school » avec des effets physiques, n’utilisant les effets CGI que lorsque c’est impossible de faire autrement, mais cela n’arrive presque pas.

Pour un premier long métrage, Wilkins nous démontre tout un savoir-faire. Jamais il n’installe de moments faibles, de longueurs, son long métrage est très fluide. Seul petit bémol, l’utilisation d’une caméra à l'épaule et d’un montage trop nerveux. Malgré la présence d’un monstre qui à lui seul supporte le film, Wilkins tourne ses scènes d’action de façon trop mouvementée, nous empêchant de voir sa créature comme du monde.

Même si ce n’est pas un exemple parfaitement concret, Wilkins démontre son talent grâce à un film où l’espace est extrêmement réduit, ici une petite station-service ou toute l’action se déroule. De réussir à rendre un film divertissant dans un décor très restreint est toujours digne d’être souligné, car c’est l’endroit idéal où gaffer, quand on ne peut diversifier nos angles de vues.

De plus, le film prend son temps pour développer les personnages, qui sont d’ailleurs loin d’être clichés. Au lieu de nous offrir des stéréotypes, les personnages sont humains avec leurs faiblesses et leurs défauts. À quelques moments, les personnages peuvent soit être paralysés par la peur ou utiliser leurs qualités pour faire figure de héros, et ce, dans le domaine du crédible. Mais comme j’ai dit, parfois les choses semblent un peu poussées ou faciles. Mais encore là, ce sont des défauts qui ajoutent positivement au long métrage, rendant presque qu’hommage aux vieux films de monstres.

Une des choses en tant que critique que je déteste est de parler d’un excellent film. C’est difficile de faire un texte dans ces temps-là, car soit on remplie des pages de paragraphes expliquant chaque qualité en détail, ou alors on ne sait pas quoi écrire sauf : Achetez! Ce! Film!... mais la critique ressemblerait plus à un commentaire de forum de discussions!

  • Dominic Paulhus

  • The Thing (1982)
    Slither (2006)

     

     
     


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