SPOOKED
2008
RÉALISATION: Brad Anderson
SCÉNARIO: Matt Venne
AVEC: Eric Roberts, Cynthia Watros, Jack Noseworthy, Larry Gilliard Jr et Jake Church
Et voilà que la pire de mes craintes se réalisa. Le deuxième épisode de la télésérie Fear Itself (Mike Garris, 2008), Spooked, s’avère un lamentable échec. J’avais évidemment une belle attente dodue puisque le premier volet, The Sacrifice (Breck Eisner, 2008), m’avait charmé. N’étant stupide qu’à mes heures, j’étais consciente qu’une dégringolade arrive vite dans une série où chaque épisode est sous la direction d’une personne différente. Les premières minutes étaient pourtant prometteuses et crues montrant sans détour de la brutalité policière extrême, mais l’histoire s’installe et oups ! L’intérêt fout le camp.
Harry Seigal, un flic véreux dans la quarantaine, est en arrêt de travail forcé à cause de son tempérament violent récurant. Il torture fréquemment les criminels qui croisent son chemin… Rien de moins! Selon lui, « Sometimes you got to do wrong to make things right ». Sa dernière confrontation, Rory Bemell le tueur d’enfants, meurt suite à ses blessures. Obligé d’opérer à l’intérieur de services communautaires, Harry est forcé d’espionner un homme soupçonné d’adultère par sa femme. Afin de photographier le fautif en pleine action, Harry, sous les conseils de sa cliente, s’installe dans une vieille bicoque abandonnée en face de sa demeure. Durant sa première nuit de surveillance, il assiste à des phénomènes paranormaux, EVP (« electronic voice phenomenon »), hallucinations de sa victime et de son enfance. Rory avait promis qu’il se vengerait d’Harry. Est-il de retour d’outre-tombe afin de faire payer son bourreau ?
L'histoire de Spooked est incontestablement bourrée de clichés (l’esprit d’un criminel vengeur, la maison hantée, le protagoniste principal au passé troublant auquel il ne veut pas faire face). On mélange différentes possibilités qui, à priori, ne semblent pas aller ensemble. Il est toujours possible d’innover de la sorte, mais on doit le faire avec doigté et logique. Si on ne fait que prendre toutes les idées qui nous viennent en tête et qu’on les met les unes à la suite des autres sans s’arrêter sur la cohérence, on a bien des chances de se planter. Les différentes avenues qu’emprunte le film sont non justifiées et souvent ridicules. Le punch final, celui des dernières secondes de l’épisode, est affreux et nous laisse un mauvais goût en bouche.
La direction artistique est d’autant plus étrange. Suki Parker œuvre habituellement dans le domaine de la science-fiction. Même si l’horreur est son cousin rapproché, l’esthétique visuelle diffère pour chacun. Dans Spooked, on « beurre épais ». Rien ne motive les excès artistiques. Ils sont magnifiques, peut-être, mais le contexte du récit n’est aucunement fantastique. La maison abandonnée qui se trouve au milieu d’un quartier riche d’ailleurs est définitivement trop délabrée (brisée, brûlée par endroits, « tagée », salle, usée, sans peinture). On n’y croit tout simplement pas. Je dois cependant mentionner que l’effort mis pour la conception des séquences où Harry se remémore son enfance est impressionnant. Étant donné qu’on se trouve à l’intérieur d’un souvenir, il est crédible que l’esthétique soit léchée au maximum. Les décors et les costumes de style années soixante sont tout simplement sublimes.
Du côté de la caméra, de l’éclairage et de l’élaboration des cadrages, le directeur photographique a fait son travail sans plus. Certains plans sont intéressants, mais le film aurait gagné en intérêt avec un peu plus d’originalité. On a fait un gros effort en insérant une séquence en vision infrarouge, mais le résultat n’est pas concluant. La résolution est bizarre et les couleurs exploitées sont de drôles de choix. L’ensemble rend la scène et les actions qui la composent difficilement intelligible.
L’histoire nous propose que très peu de personnages et l’on se retrouve majoritairement seul avec Harry Seigal. Il était donc extrêmement important que l’acteur qui le personnifie excelle. Le choix s’est arrêté sur Eric Roberts. Ne vous fiez pas au fait qu’il soit le frère de la célèbre Julia, il livre ici une performance digne d’un amateur. C’est triste à dire, mais il n’est pas du tout convaincant. Je me suis retenu de rire plusieurs fois. Disons que l’épisode en souffre beaucoup.
La conception sonore est fort riche. Elle rend la pauvre ambiance plus intense et profonde. La musique est classique avec souvent des mélodies jouées au piano ce qui va de pair avec une histoire de maison habitée par un esprit. Beau travail !
Je dois dire que mon coup de cœur va aux séquences gores. Elles sont peu nombreuses, mais valent amplement la peine. On nous montre directement ce qui se passe sans subjectivité. La scène où un homme s’arrache les dents pour les remplacer par des balles de fusil est sublimement dégoûtante et inoubliable. C’est en bonne partie à cause d’elle que j’ai rajouté un point cinq de plus à ma note finale.
Malgré ma déception vis-à-vis cet épisode de Fear Itself, je pense qu’on doit garder espoir pour les volets suivants. Plusieurs grands noms de l’horreur s’en viennent alors armons-nous de patience et de curiosité.



• Fear Itself: Saison 1 (2008-2009)
• The Sacrifice (2008)
• Family Man (2008)
• In Sickness And In Health (2008)
• Eater (2008)
• New Year's Day (2008)
• Community (2008)
• Skin And Bones (2008)
• Something With Bite (2009)
• Chance (2009)
• The Spirit Box (2009)
• Echoes (2009)
• The Circle (2009)


• The Amityville Horror (2005)
• The Changeling (1980)
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