Stake Land

STAKE LAND

2010

RÉALISATION: Jim Mickle
SCÉNARIO: Nick Damici et Jim Mickle
AVEC: Danielle Harris, Kelly McGillis, Connor Paolo, Bonnie Dennison et Nick Damici

Depuis Mulberry Street en 2006, ils se sont mérité le titre de "super héros du micro budget". L’équipe que forment le réalisateur Jim Mickle et l’acteur Nick Damici était de passage à Montréal il y a 5 ans, afin de nous présenter leur film de rats mutants sanguinaires. Je me souviens avoir été fort impressionné par ce premier long métrage, produit sur un budget de sandwich au baloney. En 2010, les deux partenaires New Yorkais se sont attaqués à leur deuxième long métrage : le beaucoup plus ambitieux Stake Land. Cette fois-ci, l’équipe jouissait d’un budget raisonnable, ainsi que du soutien de Dark Sky Films pour mettre à terme leur projet.

Le film ouvre avec la voix de Martin (Connor Paolo), un adolescent qui nous explique qu’il n’y a pas si longtemps, il était comme tous les ados. Il reçoit l’enseignement de Mister (Nick Damici), un vieux voyageur d’apparence dure, qui survit sur la route depuis un bon moment. Ensembles, ils parcourent l’Amérique en direction de la terre promise, soit le Canada, qui serait libre de vampires ou du moins, habitable. Leur parcours les mène sur le territoire d’une bande d’extrémistes religieux qui tuent et violent à peu près tout ce qui passe sur leurs terres, sous les ordres du leader Jebedia (Michael Cerveris). Ils parviennent toutefois à s’en tirer, tout en agrandissant leur famille éclatée. Sister (Kelly McGillis), Belle (Danielle Harris) et Willie (Sean Nelson) sont aussi des survivants qui souhaitent rejoindre le Canada afin d’y entamer un nouveau départ.

Stake Land est d’abord un road movie à l’échelle humaine, dans lequel les personnages survivent de leur mieux à une grave épidémie. Les vampires s’y apparentent d’avantage à des zombies agressifs, dotés d’une allure très détériorée et d’habitudes alimentaires similaires à celles des mort-vivants. Ils ne sont pas serveurs de restaurant le jour et vampires la nuit, ils sont des bêtes fauves, incapables de dialoguer, qui ne pensent qu’à se nourrir. Bien que les scènes d’action et les effets y soient d’une grande qualité (comprenant quelques sursauts bien placés), le focus est d’avantage fixé sur les personnages.

Un film de vampires post apocalyptique n’est pas l’idée la plus pétante d’originalité de ces temps-ci, j’en conviens. Tout réside cependant dans la façon de raconter et d’imager. On a beaucoup comparé le montage et le look de Stake Land aux films de Terrence Malick et à mon grand bonheur, c’est justifié. Les décors ruraux et la nature jouent une part importante dans le style du film. Combinés aux musiques mélancoliques et à la narration toujours pertinente du jeune Martin, c’est sans aucun doute assez original pour capter l’attention. Les personnages semblent tous être des individus de peu de mots, sans pour autant s’en sentir éloigné. Les nombreuses émotions passent facilement et les protagonistes n’ont pas à expliquer leurs moindres faits et gestes pour qu’on les comprenne.

La satire religieuse qui émane du film est nécessaire. Comme dans bien des films (et comme dans la société, si elle devait faire face à de telles circonstances), l’homme devient la pire menace en situation de chaos. Sans loi ni règle, les extrémistes religieux peuvent s’auto proclamer "sauveurs" et ainsi, s’adonner aux pires bassesses sous prétexte d’obéir aux commandements de Dieu. Cette situation laisse place à de belles confrontations qui enrichissent l’histoire, tout en permettant quelques célébrations quand les pourris obtiennent ce qu’ils méritent.

Au départ, Stake Land devait être une web série, mais vu l’intérêt de Dark Sky d’en faire un long métrage, Mickle et Damici ont accepté de réécrire le scénario afin d’en condenser l’histoire. Je ne pourrais en être plus ravi. Bien que je ne sois pas prêt à crier au chef d’œuvre, je ne trouve absolument rien de négatif à dire sur Stake Land. J’ai vraiment adoré. C’est sérieux, intelligent, sanglant et surtout, très très bien fait. Je crois sincèrement qu’aucun fan d’horreur ne devrait passer à côté de celui-ci.

  • Robert Parent

  • • Terre D'Enfer (version française/Québec)

     

    The Road (2009)
    28 Days Later (2002)

     

     
     


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