STIFF
2010
RÉALISATION: Jim Towns et Mike McKown
SCÉNARIO: Jim Towns
AVEC: Lulu Benton, Bill Scott et Melissa Troughtmantz
Je pourrais introduire cette critique en vous disant à quel point, des quelques obscurs Direct to DVD que j’ai eu à critiquer cette année, Stiff est le pire. À quel point il s’agit du truc le plus ignoble et hideux à avoir vu le jour en 2010. Je pourrais aussi vous parler de ce visionnement qui m’a donné l’impression de m’être fait violer par des fraudeurs qui se font prendre pour des artistes quelconques, ou encore de ma stupeur en constatant que cet immondice se détaille 25$ sur Amazon ! Mais Stiff ne mérite pas d’être introduit. Il mérite d’être mutilé à coups de scie sauteuse ! D’être banni par les associations chrétiennes ! D’être violé par Edward Furlong ! Et moi qui croyais m’être évité le pire cette année…
La vie de Troy est définitivement pourrie. Il ne trouve plus de motivation à vivre et commence à considérer le suicide comme son unique alternative. Un soir, il téléphone à un organisme d’aide pour les personnes en détresse psychologique. Il y tombe sur Lorri, une jeune femme qui sait l’écouter. Mais Lorri a un comportement plutôt étrange, et de fil en aiguille elle se retrouvera chez Troy. Il se trouve qu’elle n’a pas réellement l’intention de l’aider… Elle souhaite uniquement qu’il se donne la mort pour pouvoir baiser avec le cadavre par la suite ! (Insérer ici la musique angoissante) Bien entendu, elle ne s’attend probablement pas à ce que Troy se sente attiré par elle… Et désire soudain rester bien vivant ! (Insérer ici la musique angoissante x2)
Encore une fois, je ne sais pas par où débuter. Stiff est un film lamentable du début à la fin, et pose rapidement le défi psychologique d’arriver à l’endurer sur 80 minutes sans employer le soudainement très attirant fast forward ! L’objectif des DEUX réalisateurs (insérer ici une foule qui s’exclame de stupeur) était de conserver une ambiance fermée en présentant seulement les deux protagonistes principaux sur toute la durée du métrage. Mais lentement, on devine que cet objectif n’était peut-être pas si désiré que ça. Car Stiff manque cruellement de budget. Vous pourriez réaliser ce film là chez vous, peut-être même en mieux ! Je ne plaisante pas… Presque tout a été tourné dans le même appartement miteux, et les quelques scènes en extérieur présentent uniquement l’acteur qui incarne Troy se trimballer dans la ville sur fond musical omniprésent, le tout filmé avec un petit caméscope comme on en trouve à la Clé de Sol ! Je ne dors plus à la simple pensée que chaque fois que je croise une personne avec une caméra dans le Vieux Québec, j’ai des chances d’apparaître 3 secondes dans une cochonnerie comme Stiff !
Dans une seule scène, un certain talent aux effets spéciaux aurait pu être exigé. Il s’agit d’un moment où un type ensanglanté git dans sa baignoire, tailladé au rasoir. Mais le ketchup duquel l’acteur a été aspergé offre un rendu assez minable (c’est peu dire), et cela est sans considérer qu’après nettoyage du cadavre (car nettoyage il y a) il ne subsiste aucun hématome sur le corps ! Il a la fraîcheur d’une satanée violette au printemps ! On attend seulement que l’acteur ouvre les yeux, fixe sa collègue dans les yeux et hurle:
BOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO BITCH !
De plus, le duo formé par les acteurs Bill Scott et Lulu Benton n’a absolument aucune chimie. Ceux-ci ont un talent extrêmement limité, ce qui devient assez problématique lorsque l’on incruste ce fait dans la mise en scène inexistante de Stiff. Le métrage est supposé miser sur la personnalité malade de Benton, chose qu’elle tente à 110% de rendre sur pellicule mais qui en échoue tout autant que si son investissement avait été nul. Les longs silences, les acteurs dignes d’un projet de cégep qui se doublent eux-mêmes et le montage minable auront raison de toutes les motivations. Même les amis des artisans de ce film ont du observer un silence gêné lorsqu’ils ont vu le résultat final !
Ce qui aurait pu sauver Stiff de l’attaque au napalm critique, c’est d’avoir su gérer son sujet avec un peu d’aplomb. Car cette idée de base aurait pu être exploitée de manière sympathique, j’en suis certain ! Mais dans les faits, le développement de ce film se résume souvent à du remplissage de minutes et n’arrive jamais à intéresser le spectateur. L’histoire tourne en rond, semblant se chercher elle-même. Comment alors, dans un tel contexte, le spectateur aurait-il une chance de la trouver ? Lorri fait tout pour convaincre Troy de mourir, et ce dernier n’est pas certain de le vouloir… Ces séquences, dont toute trace de fougue a été méticuleusement pompée au tournage, sont entrecoupées de soupers romantiques et de sorties lors desquelles nos protagonistes vont jeter des galets dans le canal en dévorant des hamburgers ! Ce scénario saugrenu à la continuité déficiente est déjà difficile à endurer, mais la seule chose qui l’est encore plus, ce sont les réalisateurs qui tournent ces séquences de plusieurs minutes en ville LORSQU’ILS N’ONT MÊME PAS LE MATÉRIEL REQUIS POUR Y PRENDRE DU SON ! ARGH !!! Le film tourne le couteau dans la plaie avec son final exécrable, ainsi qu’une tentative de revirement ! J’interdis à tout scénariste d’écrire un revirement à la fin d’un film s’il n’est même pas fichu d’inventer le scénario pour guider le spectateur jusqu’au dit revirement !
En conclusion, il s’agit clairement du pire film d’“horreur” que j’ai eu à regarder cette année. Stiff est caractérisé par un amateurisme technique terrible ainsi qu’un doublé d’acteurs qui ne déboucheront probablement jamais où que ce soit ! Si on avait laissé son fil principal à des gens compétents, peut-être Stiff aurait-il pu incarner un film potable, sans bien sûr casser la baraque. Malheureusement, il s’agit d’une purge qui fait aussi bien de rester là où elle se trouve, c’est-à-dire bien loin du public !
Néanmoins, la musique était bien.



• Nekromantik II (1991)
• Grimm Love (2006)
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