THE STITCHER

2007

RÉALISATION: Darla Enlow
SCÉNARIO: Darla Enlow
AVEC: Enlow, Greg Burns, Heather Surdukan, Christopher Rowe et Celeste Cash

Le monde de l’horreur est souvent synonyme de masculinité. Dans ce domaine, les femmes ne sont jamais vues pour être plus que des blondasses connes qui courent en montrant leurs seins. Le statut le plus haut qu’elles peuvent atteindre est celui de "survival girl". Cependant, on oublie que des femmes aiment le monde de l’horreur: Mary Shelley a écrit Frankenstein, Mary Haron a réalisée American Psycho et Mary Lambert a réalisé les deux Pet Sematary pour ne nommer que ceux-là. C’est probablement avec cela en tête qu’une bande d’amies dirigées par Darla Enlow (Toe Tags) ont créé de toute pièce The Stitcher.

Après qu’elle ait héritée d’une gigantesque maison, une jeune femme invite ses amis à y passer le week-end. Cependant, un dangereux meurtrier couverts de boutons rode autour. Un par un, les invités disparaîtront et les survivants tenteront de s’échapper par tous les moyens.

The Stitcher est un bel effort, mais ça prend plus que de la volonté pour réussir un film d’horreur. En général, la réalisation de Darla Enlow est correcte, mais lorsqu’il s’agit de faire peur, la pauvre semble ne pas savoir quoi faire. C’est la première fois que je vois un film d’horreur où on ne voit justement rien ! Chaque meurtre est coupé juste avant de voir le meurtrier tuer sa victime. Tout ce qu’on aperçoit, ce sont des images de la victime couverte de sang et agonisant. De plus, Enlow ne sait vraiment pas créer la tension menant à ses meurtres. Ils arrivent soudainement, sans préavis, sans gore, sans tension, sans rien ! J’ai déjà vu des films de Disney plus effrayant que cela. Même chose avec son tueur, elle ne sait vraiment pas s’en servir et il ne possède aucune présence. Si on le voit durant cinq minutes en tout durant le visionnement, c’est bien beau. Il ne sert que d’accessoire, rien d’autre. Alors que la pochette et le titre du film mettent en évidence la caractéristique selon laquelle le tueur est couvert de boutons, cet aspect est très mal exploitée. On a des visions de boutons de temps en temps et on aperçoit que le meurtrier subtilise ceux de ses victimes, mais le tout nous est expliqué qu’à la fin et la raison est carrément ridicule et ne vaut pas le détour. Niveau horreur, ce film tombe carrément à plat !

De plus, comme la plupart des films à petit budget de ce genre, le scénario n’est aucunement original. La plupart des répliques semblent sorties tout droit de plusieurs films connues. Il m’est arrivé à quelques reprises de finir la phrase d’un personnage. Ce n’est déjà pas bon signe. De plus, le film comprend une finale avec un revirement. Mais celle-ci est tellement exagérée qu’elle ne fait que mettre le clou final dans le cercueil du long métrage. Rendu à ce point dans le film, une finale divertissante aurait été drôlement étonnante.

Cependant, je dois dire qu’en général, le jeu des acteurs était très bien ! C’est rare pour un film sans budget utilisant des comédiens amateurs de se retrouver avec des acteurs convaincants. Ils sont loin de tous mériter des Oscars, mais la plupart réussissaient à me faire aimer leur personnage. Cela a aidé à diminuer l’impact négatif général du film.

C’est bien dommage que The Stitcher se soit révélé un désastre. L’intention était au rendez-vous, la réalisation n’était pas si mauvaise quand il ne s’agissait pas de faire peur et les acteurs avaient du bon sens. Cela aurait été génial que des femmes puissent faire un film se démarquant des autres. Qui sait, peut-être que leur prochain projet commun sera réussit. D’ici là, nous n’avons que sur Angela Bettis sur qui nous fier! Le film est distribué sur DVD par VCI Entertainment.

  • Dominic Paulhus

  • Dark Harvest (2004)
  • Venom (2005)

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