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STONE
1974
RÉALISATION: Sandy Harbutt
SCÉNARIO: Sandy Harbutt et Micheal Robinson
AVEC: Ken Shorter, Sandy Harbutt, Deryck Barnes, Roger Ward et Vincent Gil
Écrire, réaliser, produire et jouer dans son film est souvent un acte de suicide pur et simple. À moins d’être chanceux ou de suer du talent, on ne peut pas performer dans autant de sphères créatrices. Sandy Harbutt est-il le Michelangelo (le peintre, pas la tortue ninja) du cinéma Australien? Ou son film est-il simplement surévalué?
Après qu’un motard gelé comme une balle soit le témoin de l’assassinat d’un politicien, les membres de son gang se font abattre l’un après l’autre. Les policiers, tentant d’élucider le mystère, envoie un de leurs agents, Stone, pour infiltrer le gang de motards. Sceptiques au début, les membres finiront par l’accepter dans leurs rangs, mais à quel prix?
Stone est l’un des films les plus cultes qui soit en Australie. Au point tel, qu’en 1998, pour le vingt-cinquième anniversaire, plus de trente milles motocyclistes se sont réunis à Sydney pour rendre hommage au long métrage. Pour ma part, je trouve le phénomène un peu exagéré. Stone à un petit quelque chose, mais pas assez pour mériter toute l’ampleur mystique qu’on lui accorde. Stone est-il culte car c’est ce que l’Australie a connu de mieux jusqu’à Mad Max? Ou bien est-ce que le film touche une fibre patriotique malgré le manque de qualité du long métrage, un peu comme nous avec Elvis Gratton? Peu importe! Je respecte le statut du film, mais je suis loin de le comprendre.
Stone est basé principalement sur un scénario anémique. Par contre, cela joue en sa faveur. Pas de revirements choques, pas de dialogues brillants, pas un gros fil conducteur non plus. Pour le genre de film qu’il veut être, c’est parfait. Stone tente avant tout d’être cool par sa présence, son thème et ses acteurs.
Malheureusement, Sandy Harbutt a habillé son long métrage au Village des Valeurs. Sa réalisation, quoique inspirée et pleine de bonnes volontés, ne vole pas très haute. La plupart du temps, lors des scènes de combats, le tout est très mal filmé. Les bagarres manquent littéralement de punch, de rythme et la caméra ne prend pas de plans assez larges pour bien voir. Dommage, car on sentait qu’Harbutt voulait donner un ton à la Bud Spencer et Terrance Hill à ses bagarres. Cependant, Harbutt semble s’être également inspiré de gialli pour ses scènes de meurtres, et je dois avouer que son hommage est réussi. Alors que les motards se font butter un à un, on nous montre que les mains gantées du tueur qui place ses pièges, à la façon des giallos. À vrai dire, dans l’ensemble, Stone à une ambiance très Italienne, ce qui rajoute sans contredit au charme.
Le plus gros clou dans le cercueil, à mon avis, est la musique. Trop souvent, la trame sonore n’est qu’un agencement sans queue ni tête de notes psychédéliques de clavier électronique. Disons que dans une échelle, c’est très en dessous de la musique des Goblins ou même du « Paw Chika Wah Wah » de n’importe quel film porno. Alors que le film essaie de se sortir la tête de l’eau avec son visuel médiocre mais charmant, la musique est la main qui tente de noyer définitivement Stone.
L’Opération Stone n’a pas fonctionné pour moi. Malgré un certain charme, le film rate carrément sa cible de la façon trop sérieuse dont il est abordé. Mais je peux très bien comprendre pourquoi Stone est considéré comme un trésor national en Australie : brute, cool, macho, Stone canalise une ère malheureusement révolue.



• Inglorious Bastards (1978)
• Mad Max (1979)
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