THE STRANGERS

2008

RÉALISATION: Bryan Bertino
SCÉNARIO: Bryan Bertino
AVEC: Liv Tyler, Scott Speedman, Gemma Ward, Kip Weeks et Laura Margolis

Le phénomène des invasions de domiciles obtient la cote ces derniers temps dans le monde de l’horreur. Pas surprenant, car de la manière dont les médias dépeignent cette réalité, il semblerait que le problème soit à prendre très au sérieux. Verouillez toujours vos portes, armez votre système d’alarme et barricadez même vos fenêtres ! Ils, À l’Intérieur et le remake de Funny Games ne sont que quelques exemples de films qui exploitent cette peur. The Strangers, premier film écrit et réalisé par Bryan Bertino, s’ouvre avec un texte et une voix off nous ramenant une trentaine d’années en arrière dans le genre. « Ce que vous vous apprêtez à voir est basé sur des événements véridiques. Les circonstances exactes de cette nuit-là n’ont jamais été révélées au grand jour… » Un clin d’œil qui s’avère presque insultant une fois le long métrage terminé.

Le champagne, les pétales de rose, les chandelles, tout était installé pour que Kristen et James passent une nuit romantique des plus mémorable. Mais les choses ont basculé tout juste avant le retour à la maison et un malaise s’est installé dans le couple. Les minutes passent et chaque parole devient pénible à prononcer. Il est maintenant 4h a.m. et quelqu’un frappe à la porte. Kristen et James se demandent qui cela peut bien être. Ils s’approchent et la voix d’une femme demande si Tamara est à la maison. Le couple signale à la femme qu’elle s’est trompée d’adresse et elle s’éloigne finalement. Peu de temps après, l’inconnue se fait à nouveau entendre, demandant toujours Tamara. La femme persiste et la situation commence à devenir franchement inquiétante pour le couple. Durant la nuit, Kristen et James recevront la visite d’individus masqués aux intentions peu rassurantes.

The Strangers s’entame sur une avenue assez classique. Un peu à l’instar de Vacancy, The Strangers nous présente un couple dont la relation est fragile. Le couple devra forcément passer par-dessus ses différends s’il veut maximiser ses chances de sortir vivant de son cauchemar. Accordons au moins cela à Bryan Bertino, l’amorce de The Strangers — où les éléments de l’intrigue sont mis en place et où l’on apprend à connaître le couple — est plutôt réussie. Bertino use habilement des silences et du langage non verbal de ses protagonistes de manière à ce qu’on ressente la complexité qui caractérise leur relation. Le drame est d’autant plus accentué grâce à la photographie et au travail sur la lumière qui confèrent à la demeure un aspect lugubre. Autre point positif, les premiers signes de la présence des « étrangers » ainsi que leurs premières apparitions à l’écran ont de quoi nous maintenir solidement enfoncés dans notre siège. Bertino favorise l’utilisation d’une caméra nerveuse et s’en sert la plupart du temps à bon escient.

C’est surtout du moment où l’essentiel de l’action a lieu que The Strangers se gâte. Le scénario et les techniques pour générer la tension deviennent alors d’une prévisibilité désolante. Et si l’idée des masques que portent les agresseurs paraissait bien dans la bande-annonce, elle tourne cependant rapidement à vide lorsqu’on devine la direction que le film empruntera. Trop souvent, on croirait que les vilains concentrent davantage leurs efforts à tenter d’effrayer le spectateur qu’à s’occuper du couple chez qui ils ont débarqué. Le concept manque simplement les ressources nécessaires pour parvenir à accrocher le spectateur jusqu’à la fin. Pour ajouter à cela, Bertino finit par s’appuyer maladroitement sur l’histoire du couple. Le dernier droit du film nous donne l’impression de visionner un thriller bancal et sans intérêt, avec des acteurs qui ne peuvent plus rien pour sauver les meubles (Liv Tyler et Scott Speedman offrent des performances néanmoins correctes). Le dernier plan du film nous laisse enfin sur une fausse note exemplaire. Regrettable.

The Strangers plaira certainement aux amateurs d’horreur friands des grosses productions récentes. Un film qui sur certains aspects se révèle relativement supérieur à la norme, mais qui accumule les lourdeurs durant sa seconde partie. Peu convaincant et décevant si l’on tient compte du bruit qui entourait sa sortie.

  • Maxime Duguay

  • Les Étrangers (version française/Québec)

  • Neighborhood Watch (2005)
  • Vacancy (2007)

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