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THE STRANGE VICE OF MRS. WARDH1971
RÉALISATION: Sergio Martino Alors que le giallo entame sa véritable période d'ascension, notamment grâce au succès international de The Bird With The Crystal Plumage, le producteur Luciano Martino (The Sweet Body of Deborah, So Sweet... So Perverse) fait appel à son frère Sergio pour réaliser un « jaune » nouvelle tendance. The Strange Vice Of Mrs. Wardh sera le premier film d'une importante contribution au sous-genre pour Sergio Martino. Julie Wardh est une femme tourmentée dans sa vie amoureuse. Un jour, son ancien amant avec qui elle entretenait des rapports sexuels pour le moins ambigus, lui profère de sérieuses menaces. Et cet événement tombe pile avec l'annonce d'une nouvelle série de meurtres dans la ville. Julie croit être poursuivie par le tueur et soupçonne son ancien amant d'être celui-ci. La jeune femme trouvera d'abord réconfort aux côtés de son mari du moment, mais c'est surtout dans les bras de George, un nouvel amant, qu'elle se sentira en sécurité. Durant ce temps, les meurtres de jeunes femmes s'accumulent. The Strange Vice Of Mrs. Wardh est un giallo plutôt imparfait, mais saura plaire à la majorité des amateurs du sous-genre italien. C'est que le film de Martino possède un équilibre qu'on recherche souvent pour ces films. On y retrouve une esthétique soignée, des scènes de meurtre élaborées et une intrigue relativement prenante. Martino ne se contente pas de plagier mollement ses influences et tente d'imposer à son oeuvre un certain style. On reconnaîtra tôt son attrait pour l'éclairage en clair-obscur, qu'il utilisera d'ailleurs avec brio lors des scènes de meurtres. Le réalisateur démontre une compréhension de la mécanique particulière à ces scènes et joue habilement sur le rythme à l'intérieur de celles-ci. À cet effet, il faut voir la scène de meurtre qui se déroule dans un parc en plein jour. Angoissante à souhait. Le film contient des moments de suspense définitivement maîtrisés (la scène d'asphyxie) et bénéficie de revirements accrocheurs. Enfin, le soin qu'accorde Martino aux scènes romantiques et érotiques ajoute également au charme général du film. Le film souffre toutefois de divers problèmes qui l'empêchent de s'élever au rang des gialli supérieurs. D'abord, le développement du personnage de Mrs. Wardh n'est que très sommaire. Figure centrale du métrage, il est décevant que celle-ci ne présente aucune profondeur psychologique. En dehors de son tempérament frivole et de son « étrange vice », qui est d'ailleurs plutôt mal exploité, elle ne représente rien de concret à nos yeux. On peut penser que les scénaristes ont cru que le le physique de l'actrice (Edwige Fenech, qui offre tout de même une prestation respectable) allait servir le film à lui seul. Les autres personnages pour leur part, sont de traditionnels clichés qui manquent la saveur nécessaire pour parvenir à conserver notre attention tout au long. L'intrigue de The Strange Vice Of Mrs. Wardh est efficacement construite, mais au-delà de sa structure, elle n'offre que peu de substance. Dans la plus pure tradition martinienne, la finale du film se déroule au bord d'une montagne. Elle réussit à nous surprendre un dernier coup et nous laisse peut-être sur un meilleur souvenir que celui du film lui-même. The Strange Vice of Mrs. Wardh est donc un film assez moyen qui se rachète surtout par la force de quelques-unes de ses scènes. On y voit un Sergio Martino se démener avec fougue pour rendre son film palpitant, mais qui faute d'un bon scénario, y parvient difficilement. À considérer comme le brouillon des prochains gialli du réalisateur italien.
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