STRAW DOGS
2011
RÉALISATION: Rod Lurie
SCÉNARIO: Rod Lurie, David Zelag Goodman et Sam Peckinpah
AVEC: James Marsden, Kate Bosworth, Alexander Skarsgard, James Woods et Rhys Coiro
Sacrilège : « Profanation de ce qui est sacré, atteinte portée à ce qui est vénérable. » Ma critique pourrait être mise en exemple dans le dictionnaire à côté de ce mot. Non seulement je ne trouve pas la version originale de Straw Dogs parfaite, mais je crois que le remake est légèrement supérieur. Lisez le reste de la critique avant de me lyncher! Comme dirait Jesus « Que celui qui n’a jamais été dans le champ pour ses goûts cinématographiques lance la première pierre! »
Après la mort de son père, Amy déménagent dans la maison familiale avec son copain David. Le retour d’Amy fait l’unanimité du village et tout le monde est content. Malheureusement, une animosité se développe entre David et quelques membres de la communauté, chacun accusant l’autre de se penser supérieur, surtout que l’ex-petit ami d’Amy, Charlie la convoite à nouveau, au grand dam de David. Les choses s’escaladeront jusqu’au point de non-retour et ne s’arrêteront pas avant que la dernière goutte de sang ne soit coulée.
L’aspect psychologique des personnages est différent ici comparé à l’original. Premièrement, ce David-ci ne semble pas avoir de colère enfouie en lui. C’est un pacifiste qui se retrouve pris dans un coin et qui doit se protéger malgré lui. Je préférais la vision du David original, comme quoi que les événements ne sont qu’un prétexte pour sortir toute son agressivité refoulée en lui. Le plus fâchant, c’est que l’on essaie de justifier son approche psychologique en insérant un parallèle avec son travail de scénariste qui doit raconter l’histoire véridique de quelques Russes qui ont repoussé une armée complète avec quelques soldats grâce à une technique de guérilla. De plus, je préfère de loin cette version d’Amy. Bien qu’elle continue avec son côté passif agressif, le personnage et ses réactions font bien plus de sens.
Même le méchant principal, Charlie ( interprété par Alexander Skarsgard ) possède une dualité en lui. Bien qu’il déteste David et désire le tasser de côté, ses actions, selon lui, sont justifiées par son amour pour Amy. À quelques reprises, il tentera même d’arrêter les choses qui vont trop loin, ne désirant pas que le tout se termine mal. Malgré tout, il sera entrainé par les événements, tout en y participant à contrecœur.
Malheureusement, bien que l’on comprenne bien le principe, l’acteur semble trop sur le neutre pour vraiment canalyser cette dualité. C’est peut-être la seule déception côté acteur. Il est trop sur le neutre comparé aux restes des acteurs, qui se donnent tous à fond. Spécialement James Marsden et James Woods, qui est particulièrement détestable dans ce film
Évidemment, le but de ce genre de film est sans contredit la finale sanglante, seule alternative au conflit entre les personnages. Ici, le réalisateur Rod Lurie ne lésine pas. Le film change alors de registre et nous avons droit à un bain de sang sordide et cruel. L’intensité de ce dernier acte est au maximum. C’est toujours bon signe lorsque le film fini et que j’ai mal aux épaules tellement j’étais crispé et stressé. C’est seulement dommage que ce remake n’ait pas cherché à changer la plupart des meurtres. Lurie aurait sincèrement pu se forcer.
C’est d’ailleurs l’une des déceptions et en même temps, la grande force de ce remake, le manque d’originalité. Lurie aurait du mieux apprêter la recette à sa personnalité. Cependant, la colonne de l’original est tellement solide qu’il aurait été difficile et peu recommandable de trop la changer. Il apporte quand même quelques nouvelles idées intéressantes au film en transposant l’histoire au Mississippi, territoire des rednecks utilisant ainsi nos préjugés envers ce type d’Américains. Non seulement cela donne un « clash » entre le « Hipster » David et les « rednecks », mais le paysage ajoute à l’agressivité générale. Les événements se passant au Mississippi, tout le monde a chaud et est couvert de sueur. Dieu sait qu’on se sent à leur place dans le long métrage, sachant que les mèches sont souvent plus courtes lorsqu’on a chaud.
Le remake de Straw Dogs n’est rien de moins que l’équivalent de changer une plante de pot. Quelques branches ont été coupées ici et là, l’environnement est différent, mais ça reste la même chose à la base. L’exercice est futile, mais cela donne quand même un film intéressant à mes yeux, simplement l’autre côté d’une même médaille.



• Les Chiens de Pailles (Traduction française)


• Straw Dogs (1971)


• A History Of Violence (2005)
• The Last House on the Left (2009)
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