STREET TRASH

1987

RÉALISATION: Jim Muro
SCÉNARIO: Roy Frumkes
AVEC: Mike Lackey, Bill Chepil, Mark Sferrazza, Jane Arakawa et Nicole Potter

Les années ‘80 ont été très généreuses en terme de gore et de trash, avec des classiques tels que Bad Taste ou The Toxic Avenger. Bien qu’il contienne peu de sang, Street Trash, tourné à l’époque par une bande d’étudiants, est l’un des films de ce genre les plus populaires auprès des fans.

En fouillant dans son sous-sol, un propriétaire de magasin tombe par hasard sur une vieille caisse, contenant du Viper, un type d’alcool inconnu. Il décide alors d’en vendre un dollar la bouteille en sachant très bien que les sans-abris du coin, qui vivent dans la décharge de voiture, vont venir lui en acheter. Malheureusement, cet alcool produit des effets secondaires néfastes et tous ceux qui en boivent se mettent à fondre et éclater!! Lorsqu’il découvrira la vérité, Fred, l’un des sans-abris, fera tout ce qu’il peut pour sauver les siens.

Comme je l’ai déjà mentionné, Street Trash contient peu de sang. C’est dû au fait que le réalisateur ne voulait pas avoir la censure sur le dos. Étrangement, c’est en partie cela qui a haussé Street Trash au rang de film culte. Le réalisateur Jim Muro a su compenser et au lieu de saigner, les victimes libèrent des fluides corporels fluos de toutes sortes de couleurs qui giclent dans tous les sens. Le résultat donne quelque chose de très trash et coloré. Les effets spéciaux sont réussis et n’ont rien à envier à qui que ce soit. La scène où l’un des personnages fond sur un bol de toilette est un délice pour les yeux et on comprend très bien pourquoi elle est devenue classique.

Malgré la rareté et la difficulté d’accès à la steadycam à l’époque, le réalisateur a tout de même réussit à s’en procurer une. Ceci est très bénéfique, car le film contient plusieurs prises de vue très ingénieuses et la direction photo est irréprochable. Ça paraît beaucoup que la spécialité de Muro est opérateur de caméra. Il est dommage que ce dernier ait renié son unique production afin de se consacrer uniquement à l’opération de caméra, dans des productions à gros budgets. Moi, si j’avais réalisé un film de cette veine, je m’en vanterais quotidiennement, même après vingt ans. Aussi, les décors sont sublimes et la photographie, très colorée.

Je ne me suis jamais autant esclaffé devant une comédie d’horreur depuis le jour où j’ai découvert Dead Alive (Braindead pour les intimes). Le film nous balance constamment de l’humour en plein visage sans jamais laisser le temps de nous en remettre. L’une des scènes les plus drôles est celle où l’un des sans-abris, de race noire, fait du vol à l’étalage dans une épicerie. Lorsque le propriétaire le prend sur le fait, il lui demande de vider ses poches. Le sans-abri se défend et accuse le propriétaire de discrimination. Le hic est que le propriétaire est lui-aussi de race noire. Le sans-abri quitte alors le lieu avec un sac sur la tête en renversant tout sur son passage et en détruisant les vitrines. Tout simplement hilarant!

L’un des points forts de Street Trash est que les personnages sont tous très bien développés, de Bronson, le caïd psychopathe des sans-abris, à Wendy, l’employée de la décharge de voiture, en passant par un portier qui passe la majorité de son temps à s’engueuler avec son patron, un chef de la mafia! Ajoutez au groupe de sans-abris, des policiers brutaux et grossiers, un caissier qui envoie chier ses clients et un patron de décharge obèse qui harcèle son employée et qui finira par se rabattre à baiser avec un cadavre qu’il trouvera. Malgré beaucoup de développement, on ne s’ennuie jamais car le scénariste trouve toujours le don de tout rendre intéressant. De plus, les acteurs sont tous talentueux et collent très bien à la peau de leur personnage. Aussi, j’ai beaucoup apprécié l’ambiance chaotique et anarchiste du film, en plus de sa capacité à nous surprendre continuellement.

Je n'ai pas vraiment trouvé de défauts techniques à Street Trash. Cependant, j'aurais aimé voir plus de scènes de fontes de robineux. Comme je l'ai dit, le film n'est jamais ennuyant mais j'aurais préféré en voir un peu plus. J'ai aussi été un peu déçu par la fin. C'est peut-être parce que je m'attendais à une finale digne de Dead Alive. C'est beaucoup (voire excessivement) demander à un film d'accoter la finale de Dead Alive, mais compte tenu du film en question, on aurait pu s'attendre à en avoir plein la vue, et pas à peu près!!

Contrairement à ce que plusieurs disent, je ne trouve pas que le film ait vieillit. Ou, s’il a vieillit, c’est qu’il s’est raffiné avec le temps, tel un délicieux vin. C’est définitivement un classique du cinéma trash à redécouvrir, que je vais réécouter encore, encore et encore… Mon seul regret est que Jim Muro n’ait pas continué dans la même voie, car il aurait pu devenir un maître dans ce domaine.

  • William Le Blanc

  • Corps À Vidanges (Version française/Québec)

  • Bad Taste (1987)
  • The Toxic Avenger (1985)

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