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SUBSPECIES
1991
RÉALISATION: Ted Nicolaou
SCÉNARIO: Jackson Barr et David Pabian
AVEC: Laura Mae Tate, Michelle McBride, Michael Watson, Anders Hove et Angus Scrimm
À mi-chemin entre le style gothique du studio Hammer et la romance sirupeuse de Twilight, Subspecies fut un gros succès pour le studio Full Moon au début des années 90, engendrant trois suites et un spinoff. Avec l’apparition du film original sur Blu-ray pour souligner son vingtième anniversaire, il devient évident que la popularité du studio fondé par Charles Band fut clairement liée à la baisse de qualité générale du cinéma d’horreur du début des années 90.
Trois étudiantes se rendent en Transylvanie pour compléter un projet scolaire traitant du folklore et des mythes locaux. Leur séjour coïncide avec le retour en ville de Radu, un vampire, venu tuer son père pour prendre possession d'une pierre mythique. Lorsqu'il aperçoit les étudiantes, l'une d'entre elles lui fait de l'effet. La jolie jeune femme est aussi tombée dans l'oeil de son frère, Stefan, un vampire pacifique. Aidé de petites créatures formées de son propre corps, Radu tentera de s'approprier de sa proie avant qu'elle ne tombe sous le charme de son frère.
Le film de Ted Nicolaou(TerrorVision) est certes mieux que la pléiade de séries Z offertes par Full Moon récemment (Evil Bong 3D?! Come on!!), mais il est étonnant qu’il ait engendré une série aussi populaire. En terme de qualité, Subspecies n’est pas l’égale d’un Puppet Master ou Castle Freak, les deux meilleurs films du studio à mon avis, et peine à garder le spectateur attentif pour l’entièreté de sa durée. C’est une œuvre pseudogothique qui tarde à démarrer, préférant laisser le spectateur languir en attente d’une récompense qui ne survient jamais. On sent l’intention de Nicolaou d’offrir une œuvre sincère, ce qui est tout en son honneur, mais l’œuvre ne prend jamais son envol. C’est un prélude de 83 minutes qui aurait pu être condensé pour faire place à une histoire beaucoup plus intéressante. Qui sait, les trois suites, toutes réalisées par Nicolaou, font peut-être un meilleur travail, mais je n’ai pas osé m’y aventurer encore.
Au milieu de ce qui est essentiellement un mélodrame vampiresque, se trouve une rivalité entre deux frères vampires, l’un beau et gentil, l’autre monstrueux et méchant! Bien entendu, le charmant vampire tombera dans l’œil de notre héroïne, devançant ainsi les romances entre vampires et humains popularisées par Twilight, True Blood, The Vampire Diaries et Buffy The Vampire Slayer (Eh oui, Buffy baisait des vampires une décennie avant la communauté entière de Bon Temps!). Subspecies est loin d’être la première œuvre à lier vampire, sensualité et romance, mais c’est quand même une des premières à avoir tenté de domestiquer une relation amoureuse entre les deux espèces. Sur ce point, le scénario avance à pas de tortue et exploite son sujet du bout des doigts. Subspecies aura de la difficulté à séduire la nouvelle génération qui baigne dans la mode du vampire romantique.
Le nom d’Angus Scrimm apparaît au générique, mais il ne faudrait pas s’exciter le poil des jambes pour autant. L’homme qui a popularisé le rôle du Tall Man dans la série Phantasm ne fait qu’une courte apparition et offre une performance embarrassante. À sa défense, il faut mentionner qu’il est affublé d’une ridicule perruque qui le fait plus passer pour un personnage de This Is Spinal Tap qu’un vampire. Dans le rôle du gentil vampire, Michael Watson, n’est pas mauvais, mais son personnage ne bénéficie pas d’une grande profondeur. Au niveau de la distribution, ce qui m’a le plus marqué est à quel point l’actrice principale, Laura Mae Tate, ressemble à s’y méprendre à Cobie Smulders du sitcom How I Met Your Mother. C’est si flagrant que je me suis mis à m’imaginer que la jolie actrice canadienne était en fait la propriétaire d’une machine à voyager dans le temps et qu’insatisfaite de son rôle dans une série B vampiresque, elle a fait un bond de 25 pour décrocher un rôle dans une série à succès. Si seulement sa machine à voyager dans le temps pouvait la transporter dans ma chambre à coucher… Mais là on s’éloigne!
Là où il faut donner crédit à Subspecies, c’est dans l’utilisation de décors naturels de Bucarest en Roumanie qui aide à supporter l’atmosphère. Les scènes se déroulant lors de festivités organisées par les citoyens donnent de la crédibilité et renforcent le sentiment d'être "à l'autre bout du Monde" ressenti par les personnages. Subspecies est aussi sorti à une époque où les effets d'animation image par image avaient la cote. Les petites créatures, ou les sous-espèces auxquelles réfère le titre, sont réalisées avec cette technique et sont réussies considérant les limitations du procédé. Par contre, ce qui est dommage c'est que ces créatures n'ont aucun impact dans l'histoire, si ce n'est que de justifier l'embauche de Dave Allen à qui l'on doit les effets de la majorité des Puppet Master.
Pour les nostalgiques d’une époque révolue lors de laquelle Full Moon était un joueur important, Subspecies peut valoir un détour. Mais avec un Blu-ray de qualité plus que moyenne et peu de suppléments, l'édition vingtième anniversaire de Subspecies est à conseiller aux fans seulement.



• Les Créatures De La Nuit (version française/Québec)
• The Awakening (titre alternatif/USA)


• Bloodstone: Subspecies 2 (1993)
• Bloodlust: Subspecies 3 (1994)
• Vampire Journals (1997)
• Subspecies 4: Bloodstorm (1998)


• Watchers (1988)
• The Vampire Diaries (2009)
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