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SUCK
2009
RÉALISATION: Rob Stefaniuk
SCÉNARIO: Rob Stefaniuk
AVEC: Rob Stefaniuk, Jessica Paré, Malcom McDowell, Nicole De Boer et Dave Foley
Je pourrais faire référence au titre du film dans ma critique, pour faire un parallèLe entre le titrE et la qualité du produit comme bien d’autres critiques, mais je ne le Ferais pas. La facilité n’est pas mon genre. Je préférerais trouver plutôt une belle analogIe sexuelle inappropriée pour parler du fiLm ou alors trouver une idée telleMent conne que ça en devient cocasSe. Mais j’ai décidé de faire dans la sobriété aujourd’hUi. Suck est tout Ce qu’il y a de plus ordinairE.
La tension entre Joey et Jennifer est à son comble, leur groupe de musique est nul, ils sont cassés, bref, la vie est moche pour eux. Mais tout changera lorsque Jennifer sera changée en vampire. Dès lors, le groupe commence à faire parler de lui. Un à un, les membres seront changés par Jennifer pour faire mousser leur popularité. Mais Joey à des doutes, il gère mal sa nouvelle nature. Et Eddie Van Helsing ne l’aidera pas, les pourchassant sans relâche afin de venger la mort de sa douce.
Rob Stefaniuk s’est fait une tour de Pise sur la tête en enfilant à la fois le chapeau du réalisateur, du scripteur et d’acteur principal. Certains grands de l’industrie réussissent à jongler brillamment avec tout cela en même temps, comme Clint Eastwood, mais ce n’est pas tout le monde qui possède son talent…ou a fait un pacte avec le diable. Comme de fait, en s’éparpillant tout partout, Stefaniuk démontre qu’il n’a pas de talent pour tous les aspects.
Tout d’abord, le scénario, quoiqu’original, il exploite mal son filon. Le fait d’utiliser le vampirisme pour augmenter la popularité du groupe est laissé à l’arrière-plan, ne prenant de l’importance que vers la fin, mais trop peu, trop tard. De plus, les règles des vampires sont mal établies. Ils ont des pouvoirs, mais ne s’en servent jamais, ils peuvent aller au soleil, mais ce n’est jamais expliquer, etc. . À plusieurs reprises, j’avais l’impression que Stefaniuk avait trouvé une bonne idée, commençait à en parler et l’abandonnait aussitôt. Le long métrage est plein de bonnes idées et d’histoires qui se terminent en tire-bouchon ou tout simplement jamais. Le scénario part dans tous les sens sans jamais s’arrêter quelque part.
Et tout ça, ce ne sont des problèmes que pour la moitié du scénario. L’autre moitié, elle, est toute autre chose. Stefaniuk a eu l’idée de faire de Suck un film musical. Non pas que les dialogues sont chantés, mais le film possède d’innombrables intermèdes musicaux. Jennifer se fait transformer en vampire pendant une scène qui ressemble à un clip vidéo, on voit plusieurs fois le groupe faire un spectacle, accompagner d’un gros extrait de chanson et j’en passe. On dirait que Suck est un croisement entre un vidéo promotionnel pour un groupe de musique et un épisode de The Monkees. Non seulement c’est inintéressant, mais ça nous empêche constamment de nous investir dans le film, nous emmenant sur une montagne russe qui ne va jamais plus haut que la moitié de la hauteur du manège.
Et la musique prend définitivement une place plus importante que l’horreur ici. Non seulement il y a une pléiade de caméos par des célébrités musicales telles qu’Alice Cooper, Moby, Iggy Pop, mais le film fait énormément de clins d'œil à la musique, tel qu’un plan qui copie la pochette du disque d’Abbey Road des Beatles. C’est bien beau, mais dans l’univers du film, cela n’apporte absolument rien. Alors quelle place laisse-t-on à l’horreur? Pas grand-chose. Les choses se limitent à quelques scènes gores ridicules qui penchent plus vers l’humour qu’autre chose. Un vampire qui boit un humain avec une paille? Come on! Voilà bien une blague qui mérite sa place au cimetière des jokes.
Malgré quelques défauts ici et là, la meilleure facette de Stefaniuk, c’est sa réalisation. Malgré tout ce que j’ai dit auparavant, au moins il a une certaine vision. Son film possède un visuel riche, recherché et léché. Mais c’est tout! Suck manque d’action et de resserrement. Et le jeu d’acteur de Stefaniuk est dénué de charisme. On se fout éperdument de ce qui peut lui arriver, comme pour tout le reste du groupe d’ailleurs. Même le « comic relief » n’arrive pas à nous charmer. Il passe plus pour un épais qu’autre chose. Heureusement qu’il y a Jessica Paré. Elle est fade comme une beurrée de farine, mais au moins, ça fait quelque chose de joli à regarder.
Suck n’est pas aussi mauvais que certains prétendent, c’est seulement inintéressant et quelque peu minable. Disons qu’il ne mérite pas vraiment les blagues engendrées par son titre. Personnellement à la place de nommer le film Suck (entre deux canines dans le titre), j’aurais plutôt appelé le long métrage Meh... ( avec un haussement d’épaules dans le titre).



• Rockeurs Dans Le Sang (version française/Québec)


• The Lost Boys (1987)
• Fright Night (1985)
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