SUMMER'S MOON

2009

RÉALISATION: Lee Demarbre
SCÉNARIO: Christine Conradt et Sean Hogan
AVEC: Ashley Greene, Peter Mooney, Barbara Niven, Peter Michael Dillon et Stephen McHattie

Initialement intitulé Summer's Blood, la production canadienne Summer's Moon s'est vu imposer un changement de titre par son distributeur pour exploiter la fièvre engendrée par la saga Twilight. Avec une affiche trompeuse, l'actrice Ashley Greene (qui interprète Alice Cullen dans la populaire saga) en avant-plan et un titre qui n'est pas sans rappeler celui de New Moon, le distributeur entend bien attirer quelques "twilighteuses" dans ses filets! Bien que commercialement logique, cette approche risque tout de même de nuire à un film dont la violence et le contenu s'adressent à un public plus âgé que celui ciblé.

Summer quitte le confort du domicile familial pour allé trouver son père qu'elle n'a jamais connu. Munie d'une photo de son père prise il y a 20 ans, elle se rend dans la petite municipalité de Massey en espérant y trouver des informations. Après une escarmouche avec le shérif de la ville, elle se lie d'amitié avec Tom et ne perd pas de temps à s'inviter dans son lit (pas de nudité les boys, désolé!). Le lendemain matin, alors qu'elle tente de s'esquiver en douce, Tom l'amène de force dans son sous-sol, là où repose une jeune femme mal en point et traînent les restants de cadavres humains. Attachée dans ce qui semble être un énorme jardin, Summer reçoit alors les soins quotidiens de Tom qui l'arrose comme si elle était une plante. Lorsqu'elle reçoit la permission de sortir du sous-sol, Summer est témoin des agissements d'une famille de fous et apprendra rapidement la vérité sur son père.

À peine quelques minutes de visionnement de Summer's Moon suffiront pour pousser n'importe quel détracteur de Twilight à souhaiter regarder ce film à la place. Avec son scénario prévisible, ses dialogues niais et des acteurs qui jouent comme des robots, Summer's Moon ne se donne pas grand chance d'être apprécié. Dès les premières scènes, les personnages agissent et parlent comme des imbéciles, ce qui enlève toute crédibilité à un film qui se veut pourtant réaliste. La poursuite entre le shérif et Summer, qui vient de voler de la nourriture dans un dépanneur, témoigne non seulement de la faiblesse du scénario, mais surtout d'un manque total de savoir-faire du réalisateur Lee Demarbre au niveau de la direction d'acteur. Demarbre s'est fait connaître grâce à ses séries B d'exploitation Jesus Christ Vampire Hunter, The Dead Sleeps Easy et l'hommage à H.G.Lewis Smash Cut. Il est donc curieux de voir son nom au générique de cette production léchée et sans saveur, tout le contraire de sa filmographie.

En plus de suggérer inadéquatement un style de film qu'il n'est pas avec sa pochette DVD, Summer's Moon n'arrive pas à se brancher sur ce qu'il veut être. Comme c'est la mode ces derniers temps, il se range quelques minutes du côté de la torture porn, passe du slasher au drame intimiste tout en empruntant à The Texas Chain Saw Massacre et sa famille de détraqués! À travers cette recherche d'identité se trouve un interminable jeu de chat et de souris dans lequel Summer se fait prendre par Tom, l'amadoue et se sauve ... pour se faire attraper à nouveau, l'amadouer à nouveau, eh oui, tenter de se sauver encore!! De plus, le peu de bonnes idées que contient le scénario n'est jamais approfondi. C'est ainsi qu'après avoir généré un intérêt avec le jardin humain de Tom, le scénario abandonne cet aspect sans rien expliquer. Dommage, Demarbre avait peut-être entre les mains la graine qui aurait pu éclore en un film différent. Et pour ajouter à l'insulte, y a une mouche présente dans un nombre élevé de scènes et qui vient déranger non seulement les acteurs, mais aussi la concentration des spectateurs qui auront réussi à persévérer le visionnement.

En constatant la technique de marketing derrière Summer's Moon, il est facile de prévoir la piètre qualité du film en question. Étrangement, Summer's Moon est mauvais, mais pour différentes raisons! Mais mauvais reste mauvais, qu'il soit présenté de n'importe quelle façon! À fuir!!

  • Dany Champagne

  • Slaughter (2009)
    Mum And Dad (2008)

     

     
     


    Horreur Web © 2003-2009
    Création/rédaction: Dany Champagne • Graphisme: Daniel Bérard