Suzy, une jeune danseuse américaine, se rend en Allemagne pour y étudier dans une école de ballet très réputée. Son arrivée coïncide avec l'assassinat de deux élèves et la tension dans l'école est très élevée. Sur place, elle est témoin de plusieurs événements étranges. En investiguant, Suzy découvre que l'école de danse est une couverture pour cacher les agissements des sorcières qui habitent l'école.
Suspiria est la preuve qu'un réalisateur de talent peut faire oublier un scénario ordinaire. Dario Argento réussit un coup de grâce avec ce film et prouve qu'il est un des réalisateurs de films d'horreur les plus talentueux. Le scénario, écrit par Argento et Daria Nicolodi, n'est pas mauvais, mais il manque de profondeur. Il mène l'histoire du point A au point B, mais de façon un peu trop conventionnelle. Là où le film se démarque des autres, c'est dans son visuel. Suspiria est le plus beau film, visuellement parlant, que j'ai vu.
Pour raconter son histoire, Argento utilise des éclairages surnaturels. Le film alterne entre des éclairages bleus, rouges et jaunes (parfois, dans la même pièces). Cette méthode donne un aspect de rêve au film, comme si on n'était pas vraiment sûr de ce qui se passe. Les décors ajoutent aussi à l'esthétique de Suspiria. L'école de danse est indescriptible tellement elle est décorée de façon bizarre. Les mouvements de caméra sont aussi très bien exécutés pour, une fois de plus, donner une impression de rêve. Même les scènes de meurtres, qui sont très brutales, sont filmées de façon à égaler l'esthétique du reste du film.
En plus de l'excellent visuel, la musique des Goblins est superbe et impose une tension tout au long du film. J'ai aussi bien aimé l'audace de Dario Argento, qui, à la fin du film, écrit: " Vous venez d'écouter Suspiria!". Comme s'il annonçait qu'on venait d'écouter un chef-d'oeuvre. On peut dire qu'il était sûr de son coup.
Suspiria est un festin pour les yeux, le genre de film qui se démarque des autres. Son visuel éclatant fait oublier les faiblesses narratives. Un must dans la filmographie de Dario Argento.