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THE TATTOOIST2007
RÉALISATION: Peter Burger Grâce à des émissions de téléréalité comme Miami Ink et L.A. Ink la tatouage a gagné énormément en popularité et est maintenant reconnu comme un art à part entière. Ce n'était qu'une question de temps avant que le cinéma d'horreur emboîte le pas et nous offre une oeuvre avec cette thématique. Si l'idée de jumeler l'horreur et le tatouage pouvait laisser présager le pire, il s'avère que The Tattooist est beaucoup plus mature et sensé qu'on aurait pu le croire. Jake Sawyer est un jeune tatoueur américain qui parcours le monde à la recherche de nouveaux designs et de nouvelles techniques. À une exposition de tatouages à Singapore, il est initié aux rites sacrés des tatoueurs Samoas. Après s'être coupé avec un outil de tatouage Samoa, Jake voit ses clients mourir les uns après les autres, comme si l'encre qu'il leur a injectée était empoisonnée. Aidé d'une amie qu'il a tatouée, Jake devra s’immerger dans la culture Samoa pour comprendre quelle force maléfique le hante. Il serait facile de croire que The Tattooist est une oeuvre facile qui exploite un filon à la mode. Par contre, ce film néo-zélandais distribué par Ghost House (la boîte de production de Sam Raimi) ne prend pas la route facile, abordant son sujet avec un sérieux rafraîchissant. Bien que la trame narrative du film soit convenue (on a droit à une histoire de fantôme dans laquelle le héros doit trouver ce que le spectre veut), le scénario de Matthew Grainger et Jonathan King (Black Sheep) est original et même passionnant. The Tattooist se veut une initiation au rouage du tatouage, non seulement en tant qu'art, mais en tant que rituel spirituel, médecine et identification corporelle. Les amateurs de tatouages seront charmés de découvrir les outils et les techniques rudimentaires utilisés par les Samoas. À cet effet, The Tattooist rappelle agréablement The Serpent And The Rainbow de Wes Craven. Les deux films plongent profondément un protagoniste américain dans une culture étrangère tout en amalgamant le tout avec une touche de fantastique. L'idée d'un spectre maléfique qui se propage à même l'encre des tatouages est, à ma connaissance authentique, et apporte son lot de scène franchement flippantes. Avant de mourir, les victimes souffrent la martyre puisque l'encre de leur tatouage se propage à même leur corps, jusqu'à ce que celle-ci les ait envahie en entier. Ce qui manque à The Tattooist pour l'élever d'un cran c'est un peu plus d'horreur viscéral. C'est le mystère qui mène le scénario et c'est ce qui fait sa force, mais les meilleurs moments du film surviennent lorsque les victimes agonisent. Une d'entre elle s'assèche littéralement sur la table d'opération après avoir déversé des litres de sang et d'encre noire. Le scénario aurait pu augmenter légèrement le nombre de victime pour ainsi valoriser l'impact des actes du tatoueur. C'est Sony Pictures qui distribue The Tattooist après que celui-ci ait fait un passage en salles dans son pays d'origine. Le DVD comprend une piste audio anglaise et française ainsi qu'une piste de commentaires audio avec le réalisateur. On retrouve aussi plusieurs documentaires de tournage ainsi que des scènes supprimées au montage. À voir le titre, on pourrait rapidement classer The Tattooist auprès d'autres oeuvres thématiques reliées à l'emploi (The Cook, The Mailman, The Janitor). Mais c'est un oeuvre beaucoup plus songée que nous offre Peter Burger pour son premier long-métrage. Il est regrettable que le film n'ait pas emprunté une voix plus sanglante, mais l'originalité du produit fini compense largement.
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