THE TERROR
1963
RÉALISATION: Roger Corman
SCÉNARIO: Leo Gordon et Jack Hill
AVEC: Jack Nicholson, Boris Karloff, Sandra Knight, Dick Miller et Jonathan Haze
Récemment, j’ai fait la critique de Dementia 13 (disponible ici), un petit film d’horreur plus que respectable qui symbolisait l’aube de la carrière du grand Francis Ford Coppola, à l’époque simple collaborateur du cinéaste Roger Corman. Avant même Dementia 13, Coppola avait fait de timides passages derrière la caméra pour aider Corman sur ses propres réalisations. Il est notamment crédité sur The Terror, l’un des films les plus célèbres du lui-même fameux producteur de Séries B. Le métrage base une bonne part de sa notoriété sur la rencontre glorieuse de deux stars, l’une au crépuscule de sa vie et l’autre à l’introduction : Boris Karloff et Jack Nicholson. Ou quand Frankenstein rencontre Jack Torrance.
À l’orée du 19e siècle, André Duvalier est un jeune lieutenant servant sous la bannière de l’armée de Napoléon Bonaparte. Malheureusement, un accident le sépare de son régiment et il cherche à présent à le regagner le plus rapidement possible. Lorsqu’il demande son chemin à une superbe femme rencontrée sur une plage déserte, celle-ci répond de manière extrêmement évasive et de fil en aiguille, André se retrouvera aux portes d’un immense château gothique perdu au cœur de la nature. Celui-ci appartient au Baron Von Leppe, un vieil homme qui y vit seul avec son unique serviteur. En enquêtant sur la jeune femme rencontrée précédemment, le lieutenant Duvalier découvre que celle-ci n’est nulle autre que l’épouse du Baron, décédée il y a plus de vingt ans maintenant…
Pour les amateurs d’épouvante gothique à l’ancienne, le fameux producteur Roger Corman aura donné naissance à quelques incontournables du genre en qualité de réalisateur. Sans être le plus marquant, The Terror compte parmi eux. Rapidement dans le film, Corman s’impose comme un grand esthète. Son projet conserve une part de l’approche classique des grands films d’horreur du Studio Universal parus dans les années 30, mais le réalisateur travaille aussi très fort pour plaire au public de son époque et instaurer une atmosphère bien plus glauque que celle de ses influences. Il le fait notamment avec plusieurs paysages décharnés et quelques effets gores distribués au compte-gouttes mais tout de même bien efficaces.
Dans l’optique de travailler sur son ambiance, Corman emploie aussi une musique des plus inquiétantes, terriblement stridente. Sa mise en scène est très réussie, proposant aux amateurs divers environnements à l’étoffe gothique qui aident à s’immerger dans l’histoire. Que ce soit l’étrange laboratoire d’une femme vivant au cœur des bois, la plage présente au début du film, la crypte dans laquelle André Duvalier revoit sans cesse un fantôme ou encore le sous-sol du château de Von Leppe, tous les lieux visités semblent parfaits pour mettre en place l’histoire de fantômes de Corman.
L’un des éléments qui suscitent l’intérêt pour The Terror est le fait que son scénario soit assez travaillé et difficile à anticiper. Là où plusieurs projets de la même veine présentent aujourd’hui des finales éculées, The Terror propose un twist complexe qui se base lui-même sur un puzzle que le spectateur n’assemble pas très facilement. L’évolution de l’histoire est assez passionnante, laissant dans le flou et proposant en revanche de très intéressantes confrontations entre ses deux stars, Karloff et Nicholson. Les deux acteurs tirent très bien leur épingle du jeu et c’est lorsqu’ils s’opposent à l’écran qu’ils brillent le plus fort.
Je ne veux pas nécessairement vendre aux lecteurs de cette critique le schéma de The Terror. Je les laisse le découvrir d’eux-mêmes. C’est recommandé à ceux qui arrivent à apprécier le cinéma d’épouvante sous sa forme primaire, ancestrale. Les amateurs des autres films de Corman tournés à la même époque ou encore des productions Universal devraient ici trouver de quoi se sustenter. Dans son genre, The Terror vaut clairement le coup d’œil.



• L'Halluciné (version française/France)


• House of Usher (1960)
• The Masque of the Red Death (1964)
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