THE TEXAS CHAINSAW MASSACRE 2
1986
RÉALISATION: Tobe Hooper
SCÉNARIO: L.M. Kit Carson
AVEC: Dennis Hopper, Caroline Williams, Jim Siedow, Bill Johnson et Bill Moseley
Pour le vrai amateur, l’amour du cinéma d’horreur est comparable à celui du vin. Nos goûts se développent et se raffinent avec l’expérience et l’âge. Mes premiers visionnements de The Texas Chainsaw Massacre 2 ne furent pas très fructueux. En fait j’ai détesté avec passion cette suite la première fois que je l’ai vue. Je ne peux renier que malgré mon dédain, le film de Tobe Hooper s’était accaparé d’une place de choix dans mon subconscient. Plusieurs années après l’avoir rejeté du revers de la main, j’ai finalement succomber à la pression exercée par ma conscience et donné une nouvelle chance à The Texas Chainsaw Massacre 2.
Treize ans se sont écoulés depuis que Sally Hardesty a échappé à la famille de détraqués responsable de la mort de son frère et de ses amis. Depuis, la survivante a été internée à l’asile et les meurtriers n’ont jamais été trouvés. L’oncle de Sally, l’agent de police Lefty Enright, espère toujours trouver la piste qui le mènera vers la famille, car il sait que celle-ci sévit encore. Lorsqu’une DJ locale reçoit un appel téléphonique en ondes de deux victimes terrorisées par Leatherface et ses comparses, Lefty voit en elle l’appât idéal qui le mènera aux meurtriers. Il convainc donc la jeune DJ de passer l’extrait en ondes de façon récurrente, espérant attirer les coupables. Mais la famille Sawyer a plus d’une dent à sa scie et l’aventure ne fera que débuter pour la jeune DJ.
The Texas Chain Saw Massacre est l’un des plus grands films d’horreur réalisés et n’avait vraiment pas besoin d’une suite (ni d’un remake, d’ailleurs!). Ça, tout le monde s’entend là-dessus. Mais à une époque où les suites envahissaient le marché à une cadence effrénée, un successeur au chef-d’œuvre de Tobe Hooper était devenu inévitable. Bien conscient du cul-de-sac dans lequel il s’embarquait, Hooper a décidé de faire un 180 degré pour nous offrir l’anti-Texas Chain Saw Massacre. Hopper a rapidement compris qu’il valait mieux diviser le public que de se le mettre à dos entièrement. The Texas Chainsaw Massacre 2 est la pulsion explicite provoquée par la réputation du film original. Drôle, pervers, déchaîné, sanglant et franchement charmeur; voilà des adjectifs que le premier film suggérait habilement et que cette suite nous balance en plein visage!
Certes, The Texas Chainsaw Massacre 2 est la version bouffonne et maladroite du film original. Mais on ne rivalise pas avec The Texas Chain Saw Massacre, d’où la brillante idée de jouer dans un ligue totalement différente. Le film original était bien ancré dans son époque et illustrait la mort de la génération « peace and love ». La suite est aussi à l’image de son époque, se voulant même une pastiche de l’Amérique des années 80. Tant par son attitude (mort aux yuppies!) que son atmosphère commerciale ciblée sur le lecteur typique de Fangoria, cette suite tente de s’éloigner de toute comparaison avec son successeur. On sent qu’elle a été produite pour tenir tête aux Friday The 13th et Return Of The Living Dead de l’époque et franchement, il n’y a rien de mal à cela.
Porté par une distribution surprenante, des effets gores de Tom Savini et un visuel qui semble avoir été violé par un arc-en-ciel, The Texas Chainsaw Massacre 2 s’impose dès les premières secondes comme l’éléphant rose dans la pièce. Une fois que le spectateur fait la coupure avec le premier film, une tâche pas évidente, le plaisir peut débuter. Et quel plaisir!! Cette suite souffre d’un déficit d’attention qui l’entraîne dans le un climat burlesque fort divertissant. Pourquoi avoir une seule scie mécanique lorsqu’on peut en traîner trois?!? Dès le départ, le film s’affirme avec une scène aussi ridicule que spectaculaire mettant en scène une poursuite en voiture agrémentée de scie mécanique. La façon dont la première victime se fait trancher la tête sert en quelque sorte d’accueil à Leatherface dans une nouvelle décennie. En apparence simple, le scénario de L.M. Kit Carson, utilise un nombre restreint de revirement et de lieux pour se concentrer à peaufiner l’absurdité morbide de chaque scène. Cette suite n’est peut-être pas aussi réaliste et effrayante que son prédécesseur, mais est peuplée de détails visuels et scénaristiques qui amplifient le plaisir
La raison pour laquelle cette bouffonnerie fonctionne, c’est que Hooper s’est bien entouré dans tous les départements. Caroline Williams est parfaite dans le rôle de Stretch, une DJ à mille lieux de l’héroïne typique de ce genre de film. Elle incarne en quelque sorte une version plus contemporaine du personnage d’Adrienne Barbeau dans The Fog et dégage un énergie contagieuse. Dennis Hopper fonce tête première dans son rôle, se foutant pas mal de ce que celui-ci aurait pu causé à sa réputation d’acteur oscarisé. Voir un acteur de son statut en plein duel de scie mécanique avec Leatherface… que voulez-vous de plus?! La musique composée par Hooper et Jerry Lambert concorderait mieux avec une œuvre du studio Full Moon, mais on s’y habitue rapidement, tandis que la trame sonore comporte plusieurs pièces accrocheuses (The Cramps, Oingo Boingo) qui supportent merveilleusement bien l’attitude dégagée par le film.
Il s’est déroulé quelques mois à peine entre l’écriture du scénario et la sortie en salles du film. Il est donc certain que le tournage précipité nuit quelques peu au film. La folie déployée par les personnages n’est pas aussi juste qu’elle aurait pu l’être, surtout en fin de parcours. On dirait que Hooper n’était pas encore certain du style qu’il voulait donner à cette suite durant le tournage ce qui fait en sorte que quelques scènes ont trop de retenue tandis que d’autres auraient gagné à être dilué. À cet effet, le concept de la finale est génial, mais je suis persuadé que Hooper aurait apprécier avoir plus de temps et plus d’argent pour la tourner.
Succéder à The Texas Chain Saw Massacre n'était pas une tâche facile, mais Hooper l'a relevé en s'éloignant le plus possible de ce qu'on aurait pu s'attendre d'une suite! The Texas Chainsaw Massacre 2 se tient solidement debout et n'a pas besoin de son grand frère pour se défendre! Voilà une anomalie à redécouvrir.



• Massacre À La Tronçoneuse 2 (version française)


• The Texas Chain Saw Massacre (1974)
• Leatherface: The Texas Chainsaw Massacre 3 (1990)
• Texas Chainsaw Massacre: The Next generation (1994)
• The Texas Chainsaw Massacre (2003)
• The Texas Chainsaw Massacre: The Beginning (2006)


• The Mutilator (1985)
• Lunch Meat (1987)
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