The Thing From Another World

THE THING FROM ANOTHER WORLD

1951

RÉALISATION: Christian Nyby
SCÉNARIO: John W. Campbell Jr. et Charles Lederer
AVEC:Kenneth Tobey, Margaret Sheridan, James Arness, Robert Cornthwaite et Eduard Franz

Histoire vraie : En secondaire 3, par une froide journée d’hiver, je suis en train de discuter, entre deux cours, avec des amis. Soudain, je vois le professeur d’anglais de la classe en face de la mienne rentrer dans le local avec un projecteur. Je demande donc à un de mes amis qui se trouve dans cette classe : « Vous allez écouter un film? » Et lui de rétorquer : « En effet, le prof va nous faire écouter The Thing From Another World ». Je l’avoue, une vague de jalousie monta en moi. Alors qu’ils allaient écouter un vieux film d’horreur, je serais en classe en train m’ennuyer pendant que je dessinerais distraitement le corps de ma professeure d’anglais ( pas la tête, car c’est une « butterface », c'est-à-dire que son corps est hot, mais sa face… ( But Her Face). Aujourd’hui, j’ai enfin la réponse à l’une des grandes questions de ma vie. Aurais-je été mieux dans cette classe à regarder ce classique ou à m’emmerder dans la mienne en dessinant du futur matériel de masturbation?

En Alaska, une équipe de chercheurs et des militaires découvrent ce qu’ils croient être un avion écrasé. Mais en fait, cela se trouve à être une soucoupe volante et son unique pilote, un être venu de l’espace emprisonné dans la glace. Par erreur, cette créature se retrouve alors libérée et sèmera la pagaille. Mais le combat sera entre le chef des chercheurs, qui aimerait étudier la créature et les militaires, qui veulent la détruire à tout prix.

Aujourd’hui, je peux affirmer sans l’ombre d’un doute que j’aurais préféré être dans la classe de mes camarades.

Après tout, comment résister à un film aussi « cheesy »? Un film qui explique que le monstre n’est en fait qu’une carotte géante, un organisme ayant des capacités de plantes et légumes. Un film ou une répartie comique n’attend pas l’autre? Un film où, lorsque le monstre meurt à la fin et est réduit en cendre, juste avant de mourir on nous montre un plan du monstre réduit à presque rien, joué par un nain?

D’ailleurs, par manque de budget, le réalisateur Christian Nyby a dû utiliser des plans ou l’on voit le monstre de loin, à cause des maquillages trop « cheap ». Cependant, cette nécessité donne ainsi une aura de mystère autour du monstre que l’on ne voit jamais de proche ou très bien. Surtout qu’on aperçoit à peine la créature dans le film, elle n’apparait que trois ou quatre fois. Bien que le dosage soit probablement parfait comme cela, j’en aurais personnellement pris plus. Mais ces présences clairsemées sont toutefois divertissantes, spécialement la scène où les militaires tentent de bruler la chose en y mettant le feu et lançant des seaux pleins de kérosène. C’est alors que les talents de réalisateur de Nyby se font le plus sentir. Les scènes entre les chercheurs et les soldats sont bien, mais ce sont les scènes d’action qui valent vraiment la peine.

Le film est très bien, mais il n’est pas sans défaut. À mon avis, le long métrage contient beaucoup trop de personnages. Chaque camp, militaire et scientifique, doit compter au moins sept à huit personnages. Alors quand tout le monde est ensemble, ou même séparé, le tout devient hyper mélangeant. Sans compter que le film contient un rythme propre au film des années 40, c'est-à-dire des acteurs qui disent une réplique cinglante par-dessus une autre réplique cinglante très rapidement, sans laisser de silence entre les répliques. Même avec des sous-titres, c’est difficile de savoir qui dit quoi et quand.

Malgré que ce type d’humour de cette époque est particulier ( on aime où l’on déteste ), bon Dieu que le film est drôle. Parfois un peu trop forcé, mais ça réussit toujours à nous tirer un sourire, qu’il soit en coin ou jusqu’aux oreilles. Une scène, on aperçoit le monstre déchiqueter des chiens à mains nues, et l’autre les soldats écoeurent leur capitaine parce qu’il est pas assez déniaisé avec la secrétaire. Cette collision entre ce type d’humour et de l’horreur est peu commune, mais c’est ce qui en fait une œuvre unique et originale. Mais en même temps, l’humour prend trop de place et pousse toujours du coude l’horreur dans le coin, négligeant cet aspect du film. C’est une osmose entre deux genres qui fonctionne à la base, mais est loin d’être parfaite.

Ce qui est également dommage, c’est que le message principal du film n’est plus d’actualité, donc n’a plus d’impact. Le film est une grosse analogie sur la peur du nucléaire et de l’envahissement par des étrangers, c'est-à-dire par le communisme. C’est toujours intéressant d’apercevoir les références à ces grands maux de cette époque, mais l’effet voulu n’est plus effectif. Je suis certain que cela ajoutait une ambiance plus sinistre au film.

À cause du manque de budget et des contraintes de l’époque, The Thing From Another World a fait ce qu’il pouvait, mais n’est pas la meilleure des adaptations du récit John W. Campbell Jr. Pour cela, il faudra attendre 31 ans pour qu’un film ajoute un monstre polymorphe et de la paranoïa. Mais si l’on recherche un classique et un divertissement honnête, The Thing From Another World fait la job.

  • Dominic Paulhus

  • • La Chose d'un Autre Monde (Titre français)

     

    The Thing (1982)
    • The Thing (2011)

     

    • It Came From Outer Space (1953)
    • The Abominable Snowman (1957)

     

     
     


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