THIRST
1979
RÉALISATION: Rod Hardy
SCÉNARIO: John Pinkney
AVEC: Chantal Contouri, Shirley Cameron, Max Phipps, Henry Silva et David Hemmings
Le sort réservé à certains films est parfois très frustrant. Unique en son genre et magnifiquement bien maîtrisé par le cinéaste Rod Hardy (qui a entre autres réalisé quelques épisodes de The X-Files), le film australien Thirst n'en demeure pas moins une oeuvre méconnue des amateurs. Sortie lors d'une des époques les plus prolifiques du cinéma d'horreur, Thirst mérite d'être considéré avec le même respect que les grands classiques des années 70.
Kate Davis vit paisiblement jusqu'au jour où elle est kidnappée par un culte de "vampires modernes". Étant la dernière descendante d'Elizabeth Bathory, les vampires voient en Kate la femme idéale pour procréer avec leur maître. Mais Kate n'est pas très facile à convaincre et se voit prisonnière d'une ferme humaine regroupant les futurs repas des vampires. C'est là qu'on tentera d'imprégner psychologiquement à la jeune femme sa destiné macabre.
Après deux décennies qui ont vu le studio Hammer régner, le film de vampire avait grandement besoin de sang nouveau. Et c'est justement ce qui lui a offert Thirst (à ne pas confondre avec le récent film de Jeremy Kasten). Il y a assez d'idées dans Thirst pour construire une dizaine de films. Certainement pressé d'écrire son premier (et seul) scénario de long-métrage, John Pinkney nous balance le tout dans un film aux multiples facettes, qui semble emprunter le moule Hammer pour en fait le tourner de bord en bord! Thirst remanie allégrement le mythe du vampire, devenant ainsi un des films les plus innovateurs en son genre.
Le côté surnaturel de la créature est quasi éliminé pour faire place à une dimension psychologique. Le culte de vampires réuni des gens de toutes sortes, que ce soit des médecins ou des ouvriers, qui ont comme but commun de faciliter la vie à leurs semblables. C'est ainsi qu'ils ont créé une ferme où des humains drogués se font drainer leur sang chaque jour dans des enclos commercialement équipé. Leur sang est alors pasteurisé, emballé dans des pintes en cartons qui sont envoyées aux client qui en font la demande! L'ironie de la chose est délectable! La façon dont les humains sont transformés en vampires est aussi originale. Dans Thirst on ne devient pas vampire suite à une morsure, mais bien des résultats d'un lavage de cerveau consistant à créer la soif du sang. Comme l'illustre le calvaire de Kate Davis, c'est un processus qui peut s'avérer long.
Outre son synopsis particulier, la grande réussite de Thirst est qu'il change constamment de style, ne laissant jamais le temps au spectateur de s'acclimater avec les aspects absurdes du scénario. La première scène donne l'impression d'assister à un film du studio Hammer, mais dès que la ferme nous est présenté, la façon dont le lieux est stérilisé et aseptisé visuellement indique clairement qu'on est loin du style macabre prisé par le célèbre studio anglais. Il y a aussi un segment d'une vingtaine de minute qui semble tout droit sorti de la filmographie de Mario Bava (Kill Baby, Kill et Lisa And The Devil pour être plus précis). Dans celui-ci, Kate, sous l'effet d'une drogue, est sous l'impression que sa maison est en train de prendre vie! Bien qu'il ne soit pas un habitué du genre, le réalisateur Rod Hardy est efficace dans la création d'atmosphère angoissante. Il alterne constamment entre la réalité et les hallucinations de son héroïne avec facilité. Il s'en tire aussi très bien avec une scène de meurtre totalement délirante!
On ne compte plus les films de vampires qui ont tenté de réécrire les règles du genre. Thirst est un des meilleurs en son genre. Un film rafraîchissant et fort divertissant! Maintenant, veullez m'excuser, il faut que j'aille me faire drainer le sang!



• Soif De Sang (version française/France)


• The Hunger (1983)
• Innocent Blood (1992)
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