TIMBER FALLS

2007

RÉALISATION: Tony Giglio
SCÉNARIO: Daniel Kay
AVEC: Josh Randall, Brianna Brown, Nick Searcy, Beth Broderick et Sascha Rosemann

Pour son premier film d'horreur, le réalisateur Tony Giglio (Soccer Dog: The Movie) s'est donné comme mission de réinventer le film de "survival" dans les bois. Si au début Timber Falls rappelle Just Before Dawn ou Wrong Turn, l'histoire prend rapidement un tournant particulier. Mais est-ce suffisant pour démarquer Timber Falls de la masse ?

Tannées des tracas occasionnés par le milieu urbain où ils résident, Michael et Sheryl s'organisent un voyage de randonné pédestre. En plein milieu des bois, une paysane leur suggère un chemin, celui menant à Timber Falls, prétextant que les paysages y sont plus beaux. S'il est vrai que la vue est à couper le souffle, le couple regrette rapidement sa décision lorsque Sheryl est kidnappé par un étrange homme défiguré. En cherchant sa copine, Michael se dirige tout droit dans la gueule du loup, un danger beaucoup plus menaçant qu'un simple homme au visage meutri. Michael et Cheryl devront maintenant faire face à un couple de paysans religieux aux intentions autant surprenantes que malsaines.

À défaut de posséder un budget adéquat, Tony Giglio exploite à fond les magnifiques décors naturels de la Roumanie. Et la tactique fonctionne puisque Timber Falls laisse rapidement miroiter un paradis terrestre à porter de main. Par contre, la menace se fait sentir dès le départ et se présente sous la forme d'un homme défiguré aux armes sophistiquées. Bref, un vilain qui ne serait pas étranger à la mythologie de la série Wrong Turn. Mais ce qui diffère Timber Falls de ses nombreux acolytes, c'est que Giglio nous tire le tapis de sous les pieds en introduisant son vrai vilain en milieu de parcours. L'homme défiguré, figure classique du sous-genre, n'est qu'un élément catalyseur à l'horreur à venir. Les vrais vilains, un couple hyper religieux qui n'arrive pas à procréer, offrent un substitut intéressant à un genre qui offre généralement peu de nouveauté.

Par contre, malgré les tentatives de Giglio de différer, Timber Falls offre peu, voire même pratiquement aucun, moments de suspense légitimes. Bien que les protagonistes soient en danger pour une bonne partie du métrage, jamais on ne croit qu'il leur arrivera quoi que ce soit. Leur survie semble trop évidente pour qu'on ne s'implique dans leur quête. Une grande partie du blâme revient au couple de vilains, qui malgré des intentions originales, n'ont aucune crédibilité dans leur façon d'agir. Les méthodes qu'ils préconisent, la torture autant physique que psychologique, sont appliquées avec un molesse qui infecte en quelque sorte le film. Le scénariste Daniel Kay semble avoir voulu suivre une tendance populaire, soit le "torture porn", mais son scénario n'ose jamais s'aventurer profondément dans le genre.

Malgré tout, Timber Falls demeure un survival efficace, mais surtout bien maîtrisé d'un point de vue technique. Le film manque grandement de suspense, mais jamais il n'ennuit et il est difficile de rester indifférent à une si belle photographie qui exploite à fond les décors naturels. Maintenant, si seulement quelqu'un pouvait effacer de ma mémoire cet horrible dernier plan...

  • Dany Champagne

  • Just Before Dawn (1981)
  • Incident On And Off A Mountain Road (2005)

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