THE TORTURED

2010

RÉALISATION: Robert Lieberman
SCÉNARIO:Marek Posival
AVEC: Erika Christensen, Jesse Metcalfe, Bill Moseley, Fulvio Cecere et Thomas Greenwood

Il y a trois types de réalisateurs, les bons, les médiocres et les médiocres qui ont fait un bon film dans leur carrière. C’est le cas de Robert Lieberman. Le mec a fait l’un des meilleurs films d’enlèvement extra-terrestre ( Fire in the Sky ) et depuis, c’est la débandade avec une suite inépuisable de films décevants. J’espère ne pas vendre le punch en disant que The Tortured est à chier!

Elise et Craig viennent de perdre leur petit garçon de six ans, enlevé, torturé et abattu par John Kozlowski. Lorsque ce dernier reçoit un jugement plus ou moins clément de la part du jury, Elise et Craig décident de prendre la loi dans leurs mains et se donner justice eux-mêmes. Ils enlèvent Craig, le séquestre dans un chalet abandonné et le torture.

En gros, The Tortured c’est le Sept Jours du Talion des pauvres. Un produit édulcoré qui ne vaut rien.

Je ne sais pas à quoi pensent les réalisateurs dans ce temps-là, mais il me semble que c’est évident qu’un début de film garroché ne vaut rien. Le long métrage commence beaucoup trop vite lorsque, dès le départ, on voit le père en détresse alors qu’il vient de se faire kidnapper son jeune. S’ensuit un dix minutes pénible où l’on voit les parents capotés raides entrecoupé de scènes où le tueur se déguise en madame dans un sous-sol miteux en criant après le jeune garçon et les policiers qui arrêtent le meurtrier par hasard en découvrant le cadavre du jeune. Le pire étant qu’à ce moment-là, on nous montre un flash-back de la scène de kidnapping intégrale, qui s’est passé il y à peine dix minutes! Pourquoi avoir pris la peine de la filmer si c’est pour la mettre hors contexte dix minutes après?

Débuter son film comme ça, c’est l’équivalent d’enculer une fille au début de la baise. Ça commence raide. Le but est clairement de nous identifier aux personnages principaux et sentir la douleur qu’ils vivent, mais on s’en fou tellement. On n’a pas le temps de s’attacher aux personnages. Surtout que les acteurs ne sont même pas capable de nous faire croire qu’ils ont une peine incontrôlable. Ils ont juste l’air en crisse.

Pour le reste, The Tortured suit énormément le synopsis de Les Sept Jours Du Talion. Le couple, dont le mari est médecin, décide d’enlever le meurtrier de leur fils, qui est transporté par un fourgon de la prison. Ils réussissent à arrêter le camion sur le bord de la route, kidnappent le prisonnier, le cachent dans la cave d’un chalet et se mettent à le torturer. Sauf que, pour un médecin, me semble que le gars est pas mal barbare dans sa manière de torturer. Pas de grande chirurgie ou d’ingéniosité apporté par son métier. Le docteur torture comme tout le monde le ferait, en coupant la chair, en le brulant, en installant un de ses membres dans un étrier pour lui broyer les os, etc… . Rendu là, le film suit exactement le même pattern que n’importe quel autre film de « torture porn ».

Même que Marek Posival réussit malgré tout à pondre un scénario sans originalité, mais bourré d’incongruité. Chaque deux secondes, les personnages se contredisent ou un élément du scénario vient descendre le film vers les confins de l’illogique. Au départ, c’est Elise qui voulait kidnapper et tortuer le tueur. Craig ne voulait rien savoir. Rendu au chalet, là c’est Elise qui a des doutes et Craig qui est investis d’une mission divine. Et ce, pour venir changer à nouveau un peu plus loin dans le film, dans un moment tiré d’une idée géniale, mais pas exploitée. Peut-on continuer à torturer quelqu’un pour des crimes qu’il ne se rappelle plus dû à de l’amnésie? Est-ce la même personne? Les actes deviennent-ils moins justifiables? Toutes des questions qui restent sans réponses vue au manque de vision de Posival.

Comme je disais plus haut, les acteurs, malgré leur apparente bonne volonté, n’arrivent jamais à nous faire croire qu’ils souffrent de la perte de leur enfant. Et pour les admirateurs de Bill Moseley, vous n’aurez pas grand-chose à vous mettre sous la dent. Tout ce qu’il fait, c’est crier, gigoter et se maquiller comme une pute à cinq dollars.

On a déjà vu The Tortured dans plein d’autres films et mieux fait. J’avais déjà une note en tête juste à avoir vu le logo de Twisted Pictures (la série Saw). C’est avec regret que je dois dire que ma note finale ne diffère pas beaucoup avec le préjugé que j’avais!

  • Dominic Paulhus

  • • Torturés (version française/Québec)

     

    Les Sept Jours du Talion (2010)
    Saw (2004)

     

     
     


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