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THE TOXIC AVENGER
1985
RÉALISATION: Lloyd Kaufman et Michael Herz
SCÉNARIO: Lloyd Kaufman et Joe Ritter
AVEC: Mitch Cohen, Andree Maranda, Jennifer Prichard, Cindy Manion et Robert Prichard
Parmi les quantités de films trash à petit budget, The Toxic Avenger est probablement le plus populaire. Tourné en plein milieu des années ‘80, à l’époque où ce genre de cinéma faisait ravage parmi les amateurs, le film réalisé par Lloyd Kaufman et Michael Herz devint rapidement non seulement culte, mais aussi un icône du cinéma gore indépendant. Le studio Troma, dont Kaufman et Herz sont tous deux fondateurs, adopta Toxie comme mascotte officielle et le film eut droit à trois suites et une série animée! Voyons ensemble comment cette oeuvre au départ sans ambition parvint à atteindre cette popularité.
Melvin Junko est un jeune adolescent loser et naïf, mais néanmoins sympathique qui occupe le poste de concierge au centre de musculation de Tromaville. Maigrichon et présentant un physique ingrat, Melvin est la cible de tous les sportifs du centre qui n’hésitent pas à le ridiculiser ou à s’en prendre à lui. Un jour, une mauvaise plaisanterie le visant tourne au drame lorsque Melvin est propulsé par la fenêtre du deuxième étage et atterrit dans des barils de produits toxiques. Il n’en faut pas plus pour que notre sympathique loser se transforme en monstre radioactif superpuissant. Ainsi naît Toxie, le premier super-héros du New Jersey, qui nettoie Tromaville des criminels en tout genre et aide les vieilles dames à traverser la rue. Spider-Man peut bien aller se rhabiller!
Si l’histoire vous semble être du déjà-vu, détrompez-vous! Certes on y reconnaît la prémisse de bon nombre de films de super-héros et le film contient des tonnes de clichés, tels que le nerd bafoué qui prend sa revanche, les méchants diaboliques qui se font remettre à leur place ou la police totalement inefficace à enrayer le crime, pour ne nommer que ceux-ci. Par contre, ces clichés sont justement utilisés à profusion et exagérés dans le but de donner un effet de parodie. Car The Toxic Avenger est avant tout un film cheesy qui se veut volontairement kitsch et qui traite de façon légère de bon nombre de thèmes récurrents dans ce genre de récit. Les méchants (tout comme la plupart des personnages) sont caricaturés à l’extrême et manichéens au point qu’il est impossible de les prendre au sérieux. Le jeu d’acteur, mauvais mais calculé, ainsi que les décors, les costumes et la musique tout droit sortie des années ‘80, ne font qu’augmenter l’aspect kitsch, qui domine du début à la fin. Tous ces ingrédients mis ensemble donnent une histoire intéressante à suivre et étonnement moins prévisible qu’il n’y paraît.
Ce qui permet de distinguer The Toxic Avenger des autres comédies kitsch est son côté cru. Avec Troma, le mot d’ordre est et a toujours été : excès!!! Sans pour autant atteindre le niveau des trois derniers Troma (soient Terror Firmer, Citizen Toxie et Poultrygeist) qui placent la barre assez haute, The Toxic Avenger est une vraie réussite côté gore. Kaufman et Herz, qui auparavant produisaient principalement des comédies aux accents pornographiques, ont ici expérimenté le ‘‘splashing’’ pour la première fois et ils n’ont pas raté leur coup! Bras arrachés, yeux crevés et mains baignées dans la friture, les fanatiques de gore en auront pour leur argent. De plus, certaines bagarres ont une durée dépassant plusieurs minutes et ne cessent de surprendre par leur quantité de violence et de loufoqueries. Comme si ce n’était pas suffisant, la qualité vient s’ajouter à la quantité! Encore aujourd’hui, la qualité du travail sur les effets spéciaux est très défendable, malgré quelques décisions légèrement douteuses.
En plus d’être sanglant à souhait, The Toxic Avenger est également très choquant, surtout pour les non-initiés au genre. Si vous êtes repoussé par l’idée d’un gamin de douze ans se faisant écraser la tête par une voiture (avec un très gros plan!), ce film n’est pas pour vous. L’oeuvre phare de Troma contient également une bonne dose d’érotisme, dont une scène où l’une des filles ayant ridiculisé Melvin se touche en regardant les photos du gamin écrasé! Les puristes sont maintenant avertis! Et la cerise sur le sundae : certaines minorités ou groupes sociaux (les travestis et les personnes âgées entre autres) sont souvent visées et ridiculisées à maintes reprises. Mais tout cela n’est heureusement pas à prendre au premier degré et les gens capables de faire la distinction entre irrespect et humour demeureront hors d’offense. The Toxic Avenger contient également une dose non-négligeable d’humour plus gentillet qui rappelle un peu plus le type de film qu’il parodie.
Mais le plus grand mérite qui revient à cette production est au niveau du budget. Avec moins de cinq cent mille dollars en poche, Kaufman et Herz ont tout de même réussi à pondre une oeuvre dont le manque de moyen transparaît quelque peu sans pour autant faire réellement souffrir le film. Au contraire, cela augmente l’impact de l’aspect urbain et nous oblige à lui pardonner ses quelques lacunes. Étrangement, le film laisse place à quelques cascades automobiles (dont une qui faillit coûter la vie à un cascadeur!) et qui sont étonnement bien exécutées, compte tenu des circonstances. Finalement, on se doit de donner crédit au personnage de Toxie qui, avec sa grosse voix claire d’acteur américain entrecoupée de grognements inaudibles, réussit à lui seul à bâtir l’âme du film.
Malgré ses tonnes de qualités, ce premier film mettant en vedette le Toxic Avenger n’est cependant pas parfait. La réalisation, sans être mauvaise, n’est pas suffisamment inventive et même un peu molle. De plus, le kitsch aurait pu être un peu laissé en fin de parcours, afin de laisser place à une finale plus éclatée et moins handicapée par le moule du happy-ending. Le visionnement du film nous laisse néanmoins avec un sourire de satisfaction une fois le générique apparu.
Que l’on apprécie ou non, il est indéniable que Lloyd Kaufman et Michael Herz ont réussi à atteindre leurs objectifs et bien recréer leurs divagations scénaristiques sur pellicule! The Toxic Avenger est un film culte mélangeant habilement gore, sexe, humour, kitsch, vulgarité et excès, en plus de contenir une subtile critique sociale sur la pollution. Si des oeuvres subversives telles que Bad Taste, Frankenhooker et Street Trash vous emballent, ce film devrait vous plaire, quoiqu’un fan de cinéma trash qui se respecte lui accorde probablement déjà une place dans sa collection de DVD. Pour les quelques brebis égarées, The Toxic Avenger manque grandement à votre culture. Alors visionnez-le, vous ne perdrez rien!



• Toxic Le Ravageur (version française/Québec)
• Toxic (version française/France)


• The Toxic Avenger Part 2 (1989)
• The Toxic Avenger Part 3: The Last Temptation Of Toxie (1989)
• Citizen Toxie: The Toxic Avenger 4 (2000)


• Basket Case (1982)
• Street Trash (1987)
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