TRANSYLMANIA

2009

RÉALISATION: David Hillenbrand et Scott Hillenbrand
SCÉNARIO: Patrick Casey et Worm Miller
AVEC: Oren Skoog, Worm Miller, Jennifer Lyons, James DeBello et Musetta Vander

Il y a une limite à prendre le spectateur pour un con. Et ça, les producteurs de Transylmania l’ont appris à leur dépend. Troisième volet non officiel de la série de films pour ados Dorm Daze, cette pseudo-suite a été sortie des boules à mites, dépoussiérée et rebaptisée Transylmania pour capitaliser sur la popularité des films de vampires. Sorti en salles quelques semaines après le prolifique New Moon, les producteurs salivaient devant la possibilité de profits… qui ne sont jamais venus. D’une part, les amateurs de la série Dorm Daze n’ont pas été interpelé par la publicité du film et les amateurs de vampires ont été repoussés par l’humour proposée par l’oeuvre. Le résultat fut une performance catastrophique en salles.

En amour par-dessus la tête avec une jolie roumaine qu’il a rencontrée sur Internet, Rusty parvient à convaincre ses amis de le suivre en Roumanie pour un semestre à l’université de Transylvanie. L’école en question est située dans un vieux château ayant appartenu à un puissant vampire, ironiquement ancêtre de Rusty. Alors qu’ils découvrent les plaisirs et les vices de la Roumanie, Rusty et ses amis seront confrontés à des vampires, un scientifique fou et Radu, l'ancêtre en question. Heureusement, leur séduisante professeure, Teodora Van Sloane, est une redoutable chasseuse de vampires!

Les critiques n’ont pas été tendres à l’endroit de Transylmania. Aujourd’hui disponible sur DVD, la pilule sera certainement plus facile à avaler pour un film qui est loin d’être aussi mauvais qu’on le dit, mais n’a définitivement pas l’étoffe d’une sortie cinéma. Amalgame entre American Pie et Young Frankenstein (plusieurs blagues de ses films ont d’ailleurs été recyclées), Transylmania est une comédie nounoune et immature qui saura certes satisfaire les cinéphiles dans le bon état d’esprit. À aucun moment le film des frères Scott et David Hillenbrand ne prétend être un film d'horreur, il porte plutôt fièrement son étiquette de comédie horrifique légère. Le traitement de l'horreur rappelle celui emprunté par des oeuvres des années 80 telles que My Best Friend Is A Vampire, My Mom's A Werewolf et Saturday The 14th.

Il est certain que Transylmania ne réinvente pas le genre. En fait la majorité de ses blagues et revirements ont déjà été vus dans d'autres oeuvres (Seinfeld, Eurotrip, Young Frankenstein). Là où le film marque des points c'est dans son manque total de prétention et la cadence effrénée à laquelle il livre son humour. Bien que bon nombre de blagues ne touchent pas la cible, le scénario ne perd jamais de temps à se rattraper, livrant certaines blagues qu'on rit avec une honte assumée. Les revirements sont prévisibles, mais on se surprend à être intrigué quand même par leur dénouement. Le meilleur exemple est le personnage de Rusty qui se rend à une fête déguisé en vampire, portant le même accoutrement que son ancêtre Radu. C'est facile comme filon narratif, mais il faut donner crédit aux scénaristes d'avoir trouver des façons de rendre appétissant du réchauffé.

Le nombre de personnage qui peuplent le film est assez élevé, mais étonnement, ils ont tous une sous histoire intéressante à suivre. Deux drogués s'adonnent à la contrebande de paires de jeans, un personnage est dans le trouble lorsqu'il se fait passer pour un chasseur de vampire pour impressionner les filles, tandis qu'une jolie blonde perd littéralement l'usage de son corps alors qu'un scientifique veut l'offrir à sa fille bossue! Le tout est servi avec un humour qui n'est pas sans rappeler celui de Mel Brooks et par des acteurs charismatiques à défaut d'être talentueux. La prédilection pour les blagues portant sur le sexe, l'alcool et la drogue va de paire avec les deux films précédents de la série.

Malgré sa grande légèreté, quelques moments horrifiques se démarquent. La conception de la fille parfaite par un savant fou donne droit à quelques moments gore cocasse, tandis qu'un gag mettant en scène une plaie qui ne cesse de pisser le sang est du Mel Brooks typique!

Il est facile de discréditer Transylmania et c'est probablement ce que la majorité des amateurs du genre fera. Mais l'oeuvre des frères Hillenbrand est si inoffensive et bien intentionné qu'il est plus conseiller de la prendre avec un grain de sel. Qui sait, elle finira peut-être par vous soutirer honteusement un fou rire ou deux!

  • Dany Champagne

  • • Dorm Daze (2003)
    • Dorm Daze 2 (2006)

     

    • Transylvania 6-5000 (1985)
    • Dracula: Dead And Loving It (1995)

     

     
     


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