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TROLL 2
1990
RÉALISATION: Claudio Fragasso
SCÉNARIO: Claudio Fragasso et Rossella Drudi
AVEC: Michael Stephenson, George Hardy, Margo Prey, Connie Young et Deborah Reed
Une de mes résolutions pour 2010 est de trouver les petits bijoux, anciens et contemporains, dans le cinéma d’horreur médiocre. Je trouve mes critiques de mauvais films plus divertissantes à écrire et à lire. Ainsi, je commence mon année avec un long métrage qui ne mérite plus de présentation tellement on en parle comme l’un des pires films de tous les temps. Il a même eu droit à un documentaire, Best Worst Movie présenté l’été passé à Fantasia et plusieurs autres festivals. Après l’écoute, je dois avouer que… Troll 2 n’est pas si pire que ça!
Pour leurs vacances, la famille Waits quitte leur petit nid douillet pour Nilborg, une ville fermière dans le cadre d’un échange culturel avec une autre famille. Mais rendu sur place, le petit Joshua découvre qu’en fait, la ville est habitée par d’affreux gobelins végétariens qui peuvent changer de formes. Ceux-ci transforment les gens en bouillies en les faisant manger un mystérieux pouding vert afin de pouvoir les dévorer par la suite.
Joshua sera aidé durant son aventure par le fantôme de son grand-père décédé six mois auparavant. On ne sait jamais trop pourquoi le grand-père est capable d’aider le petit Waits, mais au fur et à mesure de l’histoire, on s’aperçoit qu’il est en fait un fantôme-magicien, car il est capable de lancer des éclairs, prendre forme physique pour attaquer un gobelin avec une hache, lire des histoires et arrêter le temps. Et encore là, c’est le personnage le moins étrange.
Au début du voyage, Holly, la sœur de Joshua, invite son copain à venir avec elle et sa famille en voyage, afin de lui prouver son amour et qu’elle le préfère à ses trois meilleurs amis, de qui il ne se sépare jamais. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, son chum décide de partir avec ses trois larbins en Winnebago. Je ne sais pas dans quel univers parallèle se passe le film, mais quel genre d’ado préfèreraient ses amis à une baise avec une belle fille? À moins que les quatre gars fassent de méchantes orgies entre eux, ce qui expliquerait bien des choses! Mais bon, ça prenait bien des victimes faciles pour le long métrage.
De plus, le scénario se perd dans ses dédales et devient confus. Certains meurent soudainement lorsqu’ils boivent la mixture des gobelins, d’autres prennent des heures et d’autres se transforment simplement en plante. Sans parler du dénouement de l’histoire! En fait, les gobelins tirent leurs pouvoirs de la Pierre Magique Stonehenge. Cette pierre peut être détruite si on la touche, grâce au pouvoir de la bonté…et du baloney! Eh oui, Joshua, vers la fin, réussit à se sauver du pétrin et à détruire les monstres grâce à un sandwich au baloney magique offert par son grand-père! Le film est d’ailleurs plein de folie comme cela. Par exemple, afin d’empêcher ses parents de manger un festin, Joshua décide, dans un grand éclair de génie, de pisser sur la table. Cela donnera d’ailleurs lieu à une ligne classique livrée par le père : « We don’t piss on hospitality ». Ce n’est que la pointe de l’iceberg en ce qui a trait aux dialogues du texte, tous plus savoureusement débiles les uns que les autres.
Beaucoup se moquent des maquillages et des masques des gobelins, mais ils ne sont pas aussi minables que certains que j’ai déjà vu, comme dans Dark Harvest par exemple. On dirait même que les artisans sur le film Ernest et la Chasse aux Monstres se sont inspirés des gobelins de Troll 2 pour leur méchant. Même que l’utilisation du vert pour le faux sang permet au film d’être plus sanguinolent qu’il n’aurait pu être!
Par contre, la véritable calamité du film est sans contredit ses acteurs. On dirait une collection d’amateurs trouvés sur le bord de la rue affichant des pancartes « On joue pour de la nourriture ». Je sais bien que c’est un film à petit budget et sans prétention, mais il y toujours des limites. Le petit Joshua joue en prononçant exagérément chaque ligne comme si sa vie en dépendait. L’actrice qui joue la chef des gobelins joue en accentuant chaque geste et parole comme si elle avait peur de pogner une crampe de la face. Mais bon, la majorité est tellement mauvaise, que ça en devient irrésistiblement drôle.
En aucun cas je ne peux dire que Troll 2 est un bon film. Cependant, je dois dire que j’ai déjà vu bien pire. Je ne veux pas mettre une note définitive sur ce film, car tout dépendamment du type de cinéphile et des conditions d’écoute, Troll 2 peut être le pire film que vous ayez vu ou le plus rigolo. Ce n’est pas pour rien qu’on dit que c’est « Le meilleur pire film ».



• Troll (1986)
• Best Worst Movie (2009)


• Ernest Scared Stupid (1991)
• The Gate (1987)
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