| |
TWILIGHT
2008
RÉALISATION: Catherine Hardwicke
SCÉNARIO: Melisa Rosenberg
AVEC: Kristen Stewart, Robert Pattinson, Billy Burke, Ashley Greene et Cam Gigandet
Le film de vampire, depuis sa première apparition (Nosferatu de F.W. Murnau, 1922), nous est servi à toutes les sauces. Restant toujours en parallèle avec le genre horrifique, étant donné la nature du monstre lui-même, ces films s’éparpillent dans une multitude de style : gore (Les Drujes d’Izabel Grondin, 2004), sensuel (Et Mourir de Plaisir de Roger Vadim, 1960), dramatique (Innocent Blood de John Landis, 1992), comique (Fright Night de Tom Holland, 1985), action (Blade de Stephen Norrington, 1998), etc, etc, etc.
De plus, les œuvres filmiques de vampire sont souvent issues d’une adaptation cinématographique. Déjà la création de l’expressionniste allemand Murnau provenait du roman épistolaire très adulé Dracula de Bram Stoker. Plus récemment, dans les années 90, nous avions eu droit au même cirque avec Interview With The Vampire de l’auteur américaine Anne Rice.
Ne dérogeant pas à ces deux caractéristiques, Twilight se rapproche davantage du film d’amour pour adolescentes que du film d’horreur proprement dit. Et, bien sûr, il est l’adaptation filmique du roman populaire du même nom de Stephenie Meyer. Cette œuvre littéraire visait évidemment la clientèle féminine en pleine puberté alors, il aurait été surprenant d’assisté à un spectacle cinématographique autre. Quoique je gardasse un faible espoir…
Isabella Swan, fille introvertie et marginale de 17 ans, emménage chez son père à Forks dans l’état pluvieux de Washington. Quittant le soleil écrasant de l’Arizona où elle vivait avec son écervelée de mère, elle se retrouve dans ce minuscule village au paysage opposé. Terminant sa dernière année scolaire obligatoire, elle fera une rencontre qui bouleversera son futur : Edward Cullen le mystérieux vampire. Éprouvant tous les deux un sentiment impérissable d’amour qui les pousse à s’unir peu importe les obstacles qu’ils croiseront, ils vivront les sempiternelles aventures que peuvent subir un couple mortel-immortel.
Étant moi-même une femme, bon un peu loin de l’adolescence, mais tout de même, j’ai apprécié de façon modeste ce film. Évidemment, les caractéristiques d’Isabella englobent bien les lectrices de ce type d’histoire. Sa personnalité différente des autres, lunatique, curieuse et parfois téméraire nous poussent, jeunes filles au tempérament gothico-romantique, à nous identifier à elle. Ce n’est pas une recette miraculeuse, mais c’est toujours grandement efficace. Avec elle, nous vivons sa romance, ses peurs, ses envies et ses joies. Nous tombons toutes irrémédiablement sous le charme incontestable d’Edward (aka Robert Pattinson).
Outre ses commentaires pré-pubères, je dois avouer que la réalisation de Catherine Hardwicke (Lords of Dogtown, 2005) représente à juste titre le roman. La transposition issue du littéraire se fait fortement ressentir. On a droit, à plusieurs reprises, à la voix off d’Isabella nous expliquant ses sentiments et ses inquiétudes. Aussi, on use parfois de panoramique nous permettant d’observer tous les détails du paysage entourant nos deux tourtereaux comme les descriptions généreuses présentent dans le bouquin. Par contre, on utilise trop souvent le gros plan des visages d’Isabelle et d’Edward afin de nous démontrer leur intimité et leur proximité. C’est très dommage d’avoir choisi ce subterfuge simpliste à répétition étant donné les infinies possibilités du médium cinématographique.
Hardwicke, sous la supervision de Meyer, n’essaie aucunement de cacher les origines de l’histoire. On n’oublie jamais complètement le livre. Elle a choisi l’adaptation standard demandant peu de retouche. C’est-à-dire un découpage en séquence de l’histoire initiale en respectant l’ordre instaurée dans le roman. On a tout simplement transposé les évènements et détails forts retenus pendant la lecture à l’écran. Le scénario n’a d’ailleurs demandé que 6 semaines de travaille.
De façon plus concrète, on retrouve la même calligraphie pour le titre du film et pour le roman. Quant à la pochette du livre représentant deux mains tenant une pomme rouge, le fruit défendu qui est clairement sous entendu par l’histoire elle-même, dans le film, on invente une situation inconnue du littéraire afin de créer un plan cadré copie conforme. Était-ce nécessaire ?
Par cette question, je soulève un point fondamental du long-métrage. On tend irrémédiablement à nous prendre par la main, à tout nous expliquer et à nous laisser aucune place pour la subjectivité. On nous prend pour des idiots de peur de perdre les spectateurs étrangers au roman. On semble oublier que la clientèle cible n’est pas dépourvue de jugeote et qu’elle a très probablement lu et même relu le bouquin. Ce faux-pas est bien dommage puisqu’il crée une frustration chez le spectateur et l’empêche de se faire ses propres suppositions romanesques ou autres.
De façon générale, le film m’a plu sans toutefois m’émerveiller. Je pense, par contre, que mon appréciation aurait été tout autre si je ne m’étais pas tapé les quatre bouquins avant le visionnement de Twilight. J’imagine tout de même que je serai présente pour les suites prévues pour 2010, 2012 et 2013.



• Twilight: La Fascination (version française/Québec)


• Interview With The Vampire (1994)
•Buffy The Vampire Slayer (1997-2002)

| |
|