TWISTED SEDUCTION

2010

RÉALISATION: Dominique Adams
SCÉNARIO: Dominique Adams
AVEC: Tom Broadwell et Caroline Brassard

Malgré tout ce que je vais dire dans ma critique, je dois sincèrement lever mon chapeau à Dominique Adams et Tom Broadwell. Deux amis qui, avec aucun moyen, sans expérience et n’ayant que le feu au ventre, ont réussi à tourner un long métrage de qualité professionnelle. Chose que bien des réalisateurs d’Hollywood ne peuvent se vanter. Ils ont sincèrement toute mon admiration! Et je ne dis pas ça juste parce que Twisted Seduction est un film québécois, je ne travaille pas pour la Presse quand même! Par contre…

Francesca se réveille dans un appartement inconnu. Un homme, David, lui explique qu’elle est en captivité, mais qu’en fait, tout ça n’est qu’un rendez-vous romantique. Car, voyez-vous, après d’innombrables calculs, David a conclu que Francesca était le match parfait pour lui. Ainsi donc, au lieu de perdre son temps à la courtiser de façon normale et ainsi peut-être se faire rejeter, il a concocté un plan fou, mais ingénieux : la forcer à tomber en amour avec lui en l’obligeant à participer à des activités de couple avec lui, tels des soupers romantiques, du mini-putt et de la danse. Mais est-ce que David est aussi fou qu’il en a l’air?

Malgré tous les défauts que le film peut comporter, il est surprenant de constater que Twisted Seduction est l’œuvre d’un homme n’ayant aucune expérience en cinéma. Dominique Adams étant en fait un entraineur de profession! Ainsi, Adams réalise son film avec beaucoup de sobriété et sans grands artifices, ce qui laisse toute la place à son scénario, ses acteurs et l’intensité dramatique qui en découle. Mais comme bien des premiers réalisateurs, Adams n’est pas sans défauts. Malgré une bonne compréhension de la recette, il ne réussit pas à maitriser parfaitement ses scènes de suspense, qui manquent un peu de resserrement et qui sont accompagnées de musique trop peu subtile et bruyante. Chaque fois, je me croyais dans un jeu télévisé où les participants doivent résoudre une énigme en moins de dix secondes, alors qu’un thème stressant nous perce les oreilles. Tout ça, sans compter les maudites plages titres entre les scènes. Ces titres coupent constamment l’action et le texte révèle beaucoup trop les choses à venir. Ce qui fait que le spectateur se retrouve sans surprise et/ou se trouve insulté, pensant qu’on le prend pour un épais. Somme toute, ce sont des éléments négatifs bénins.

Par contre, là où Adams me charme moins, c’est au niveau du scénario. Le tout est complètement inégal. D’un côté, je trouve le sujet extrêmement intéressant, car c’est une tout autre approche du Syndrome de Stockholm, qui dit qu’en fait, que si une victime passe trop de temps avec son agresseur, celle-ci peut se trouver à éprouver des sentiments envers lui ou adopter sa mentalité. Dans ce cas-ci, David tente délibérément de manipuler sa victime en utilisant les particularités du syndrome, l’obligeant ainsi à tomber en amour avec lui.

Malheureusement, le reste du scénario n’est pas aussi subjuguant. En fait, j’ai l’impression que les dialogues se trouvent beaucoup plus intelligents qu’ils ne le sont réellement. On nous déblatère beaucoup de baratin, de théories, de dialogues supposément brillants, de « fuck you » et de bla bla bla. Et c’est le plus gros problème du film à mon avis. Chaque fois qu’un personnage ouvre la bouche, le film perd un peu de crédibilité. Et ne parlons même pas de la fin, qui, à mon avis, aurait fait beaucoup plus de sens si Adams avait continué sur la route bizarre et noire que le film empruntait depuis le début. Mais sa finale ne fait que miner son personnage principal et l’affection qu’on lui porte finalement.

D’ailleurs, parlant d’affection, j’ai adoré Tom Broadwell. Celui-ci jouait son personnage avec juste le bon ton de folie, d’intensité, de menace et de charme qu’il fallait. Plus le film avance, plus on tombe en amour avec lui, chose qui n’est pas nécessairement facile à faire pour un acteur. Cependant, je ne sais pas si c’est son manque d’expérience qui débute ou le scénario qui le demandait, mais son personnage vit tellement de frustrationa par rapport à Francesca, que la moitié de ce qu’il dit ne sont que des soupirs ! Ses dialogues ressemblaient un peu à :

« Bonjour »
Soupire exaspéré!
« Comment vas-tu ? »
Soupire exaspéré!
« Marie Goes to School »
Soupire exaspéré!

J’avais fondé beaucoup d’espoir en Twisted Seduction et, au final, je suis déçu. Le film n’est pas si mauvais que ça, ce n’est pas comme si je criais haut et fort à tous de le fuir si c’était la peste, mais j’aurais voulu plus. Par contre, si Dominique Adams lit cette critique, je dois te dire que j’ai très hâte de voir ton prochain projet, si tu restes dans cette branche. Pour une première réalisation, tu t’es clairement démarqué! Par contre, fais-moi plaisir, et laisse les scénarios à d’autres !

  • Dominic Paulhus

  • Misery (1990)
    Captivity (2007)

     

     
     


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