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URBAN EXPLORER
2011
RÉALISATION: Andy Fetscher
SCÉNARIO: Martin Thau
AVEC: Nathalie Kelley, Nick Eversman, Klaus Stiglmeier, Catherine de Léan et Brando Koo
Pour ceux qui ont soif d’aventure, l’exploration urbaine est une activité des plus attrayantes. Une usine abandonnée, un passage étroit menant à une cave obscure, l’excitation à l’approche de vestiges inédits… L’amateur de cinéma d’horreur, en fait, ne partage-t-il pas ce goût pour l’inconnu et l’interdit? Autant dans le type d’expérience qu’il recherche devant l’écran que dans sa quête pour déterrer des titres oubliés, il plonge son bras au fond du sac en espérant être happé par quelque chose (de tranchant ou gluant, si possible!). Avec Urban Explorer, le cinéaste allemand Andy Fetscher compte faire d’une randonnée souterraine à Berlin un vrai film d’horreur.
Un groupe de quatre touristes en séjour à Berlin fait appel aux services d’un guide spécialisé dans l’exploration urbaine. Cette pratique étant illégale, leur expédition doit se dérouler dans l’anonymat. À leurs risques et périls, évidemment! Le guide leur explique que les passages qu’ils s’apprêtent à visiter menaient jadis à un bunker nazi. Selon la légende, on y procédait à des expérimentations secrètes. De quoi semer une onde de frousse chez nos aventuriers en herbe. C’est rendu loin dans le trajet que leur balade se gâte. Perdant pied, leur guide fait une grave chute puis atterrit dans un endroit difficile d’accès. La panique s’empare des voyageurs, maintenant démunis. Pendant que deux d’entre eux restent près de l’homme, les autres se lancent pour trouver de l’aide. Ces derniers rencontrent alors un ancien douanier est-allemand qui accepte de leur fournir un coup de main…
Le premier atout de Urban Explorer réside dans son ancrage historique. En évoquant simplement cette période sombre de l’humanité au spectateur, le film sollicite son imaginaire bien avant qu’une menace se pointe à l’horizon. D’ailleurs, le réalisateur parvient sans mal à nous convaincre de l’existence d’un tel réseau souterrain – il a même tourné certaines scènes à même ces fameux passages interdits – et à en révéler l’aspect inquiétant. L’idée de jeter hâtivement les protagonistes sous terre, dans cet imposant labyrinthe composé de structures en béton et en acier, s’avère aussi étonnamment profitable. Le chemin emprunté par le groupe nous embrouille en moins de rien et l’on se surprend tôt à vouloir rejoindre la surface. Le sentiment de claustrophobie initialement généré s’apparente à celui vécu récemment dans The Descent.
Quel est le problème dans ce cas? D’abord, un flagrant manque d’originalité au scénario. Comme si le contexte entourant l’endroit exploré suffisait à nous enlever notre souffle, le scénariste Martin Thau ne se tracasse même pas pour construire une intrigue digne de ce nom. Le spectateur n’aura pas à creuser loin, donc, pour deviner la nature des activités qui prennent toujours place à l’intérieur de ces lieux. Thau ne s’arrange pas non plus pour qu’on s’intéresse à ses personnages principaux, de petits voyageurs insignifiants. Bien que l’on comprenne son désir de vouloir les dépeindre de façon réaliste, on excuse mal à ces derniers leur absence de vigueur et de personnalité. Des personnages stéréotypés, même un brin débiles, auraient été nettement plus appropriés que cette bande de flancs-mous. La réalisation de Fetscher ne rehausse malheureusement pas l’ensemble. En peu de temps, la caméra et le montage nerveux deviennent une source d’irritation. Malgré les changements d’environnements et les différents événements qui surviennent, la technique, elle, se répète jusqu’à l’écoeurement. Travaillant de concert avec le reste, la conception sonore – reposant sur la distorsion et l’amplification des incessants sons de ferraille – se fait trop peu subtile. Après avoir subi quelques sursauts abusifs, notre réflexe est de se désensibiliser volontairement à ces stimulus. On attend ainsi distraitement que le plat de résistance nous soit enfin servi.
Les quelques moments jouissifs que nous procure Urban Explorer arrivent surtout une fois que son vilain entre en scène. Affectionnant un humour excessivement noir, l’ex-douanier s’amuse à étirer la durée de ses histoires morbides devant ses invités qui peinent à dissimuler leur insécurité. Disons également que le vieux bonhomme sait manier le couteau avec une rare maitrise… La performance de Klaus Stiglmeir dans ce rôle constitue assurément l’élément le plus remarquable du long métrage. L’acteur ne possède certainement pas une gueule de porte-bonheur et Fetscher se donne un malin plaisir à le montrer sous son jour le plus répugnant. Dommage que le scénario accumule les revirements prévisibles en sa présence, car à force de presser le citron, l’aura menaçante du personnage finit par se dissiper.
Mélange dosé entre plusieurs sous-genres – survival, slasher, film de torture –, Urban Explorer devait sembler fort prometteur sur papier. Sur écran, on se retrouve néanmoins avec un résultat des plus ordinaires. Mission partiellement échouée. Et hop, au suivant!



• Sheitan (2006)
• Territories (2010)
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