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URBAN FLESH1999
RÉALISATION: Alexandre Michaud Beaucoup de personnes (incluant moi) se plaignent qu’il ne se fait pas suffisamment de films d’horreur au Québec. À part Sur Le Seuil et Saints-Martyr-Des-Damnés, pratiquement aucun métrage à saveur horrifique n’a été produit en studio avec un budget décent. En fouillant un peu, il est toujours possible de découvrir quelques moyens-métrages de qualité jouissant d’une bonne réputation auprès des fans du genre, tels que Bagman, Profession : Meurtrier ou Purgatory. En fouillant encore plus profondément, on peut même réussir à tomber sur quelques studios indépendants réalisant des long-métrages d’horreur de séries B à petit budget. Le studio Helltimate, qui a entre autres produit Urban Flesh, fait partie de cette rare espèce! Le film raconte l’histoire de quatre amis cannibales. Environ une fois par semaine, ceux-ci ont l’habitude de se choisir une victime au hasard, de la torturer, la tuer, puis manger ses entrailles et autres parties de son anatomie! L’inspecteur Blake est alors mis en charge de l’enquête. Mais il devra trouver les quatre meurtriers avant que ceux-ci ne le trouvent… Commencé à être produit en 1997 en hommage au réalisateur Lucio Fulci décédé peu de temps avant, Urban Flesh a été tourné par une bande de jeunes cinéastes alors sans expérience, mais remplis de passion et d’amour pour le genre. Le résultat n’est peut-être pas parfait, mais on ne peut qu’applaudir le réalisateur Alexandre Michaud (GoreGoyles: First Cut, Clean, Goregoyles 2) pour son audace. Car Urban Flesh est surtout reconnu pour son bannissement au Canada, ainsi qu’en Angleterre et en Allemagne, chose qui est probablement dû à la violence barbare qu’il contient et ses scènes de meurtres ayant un air de snuff-movie. Bien que le réalisme des scènes de violence ne soit pas toujours à son plus haut niveau et qu’en terme de choc, on garde une bonne distance d’un Cannibal Holocaust ou même d’un Henry: Portrait Of A Serial Killer, les scènes de meurtre demeurent tout de même assez marquantes, malgré un petit côté amateur continuellement ressortissant. Urban Flesh utilise aussi beaucoup le gore à son avantage et parvient à faire oublier ses quelques défauts techniques. Bien que ça fasse cliché à dire, les cannibales sont réellement cruels et sans pitié! Aussi, rien ne semble arriver à satisfaire leur appétit, pas même un fœtus tout droit sortie du ventre de sa mère! La finale, quant à elle, est carrément démente et, avec un format de caméra plus adéquat, aurait pu être digne d’un Last House On The Left! Le budget étant très mince, le type de caméra et le format de l’image ne sont pas ce qui a de mieux. Au moins, ce n’est pas assez frappant pour que ça en devienne irritant. De plus, sans pour autant abuser de cette technique, Michaud a saupoudré son film de quelques scènes contenant des éclairages colorés. Bien que ne possédant pas une esthétique particulièrement soignée, Urban Flesh réussit au moins à éviter que celle-ci fasse trop ‘‘vidéo de famille’’. Le film contient de nombreuses scènes sans musique, ce qui, aidé par la qualité d’image, renforce le look snuff-movie. Et lorsque la musique est présente (souvent du métal), c’est le côté crade et morbide qui en est renforcé. Le thème principal est d’ailleurs une grande réussite et permet de nous faire pénétrer dans un univers sombre et malsain. Compte tenu du genre de film en question et des moyens, on aurait pu craindre pour la qualité des acteurs. Mais même si quelques uns d’entre eux ont l’air un peu perdus ou semblent mal maîtriser l’anglais, la plupart font un travail très acceptable. Les quatre assassins ne mériteraient peut-être pas d’Oscar, mais ils ont le mérite de nous faire croire en la folie de leur personnage. D’un autre côté, le film souffre d’un scénario imparfait handicapé de plusieurs longueurs et ne contenant pas suffisament de profondeur pour en faire un long-métrage. Il aurait donc été préférable de racourcir un peu l’histoire et d’en faire un moyen-métrage. Le réalisateur s’attarde aussi un peu trop à certains détails de la vie des personnages et quelques scènes auraient très bien pu être coupées. Le fait de diviser l’histoire en chapitre est également plutôt inutile car il n’y a pas de réel évolution ou changements majeurs d’une partie à l’autre. Dans l’ensemble, Urban Flesh est un bon divertissement qui saura pleinement satisfaire les amateurs de gore, et ce, malgré ses défauts. Il n’apporte peut-être rien de nouveau, mais tant qu’à voir un film du genre, autant encourager notre talent national! Pour plus de détails sur le film ou pour le commander, visitez le site officiel de Helltimate.
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