UZUMAKI

2000

RÉALISATION: Higuchinsky
SCÉNARIO: Junji Ito et Kengo Kaji
AVEC: Hatsune, Fhi Fan, Hinako Saeki, Keiko Takahashi et Ren Osugi

Uzumaki signifie «spirale» ou «vortex» en Japonais. C’est aussi un film tiré d’un manga créé par Junji Ito. Alors que nous avons eu droit à plusieurs films d’horreur bizarres venant du Japon ou d’autres pays, c’est la première fois qu’un de ceux-ci contient comme antagoniste une… forme géométrique qui terrifie un village!

Dans un petit village du Japon, Kirie et Shuichi remarquent des phénomènes étranges. Du jour au lendemain, le père de ce dernier se met à vénérer les spirales, peu importe leurs provenances ou leur forme. Lorsqu’il se suicidera de façon inexpliquée, le village commencera à devenir possédé et certains des villageois connaitront des transformations physiques importantes. Kirie et Shuichi, à l’aide d’un journaliste, essaieront de savoir ce qui se passe avant qu’ils ne succombent à la malédiction eux aussi.

Uzumaki est sans contredit l’un des films les plus originaux et bizarres que j’aie jamais vu! Alors que son travail ressemble fortement à du Tim Burton, le réalisateur Higuchinsky réussit un coup de maitre avec ce long métrage. Tout d’abord, il réussit à créer un rythme à l’image de l’uzumaki. Alors qu’au début, le tout est assez simple et presque comique, le film avance alors de plus en plus vers la noirceur jusqu'à nous aspirer dans un vortex de folie cinématographique. Durant tout le film, on ne peut que remarquer à quel point le visuel est léché et recherché. À plusieurs reprises, on peut apercevoir l’insertion des spirales autant à l’écran que dans la prise de vu. D’ailleurs, Higuchinsky réalise quelques scènes débordant d’originalité. Par exemple, alors que Kirie et le détective discutent dans l’auto, la prise de vue est celle des personnages, c'est-à-dire que l’on voit ce que eux voient par le pare-brise. Mais à mesure que la scène avance, on remarque alors leurs reflets se précisant dans la glace pour finalement faire la transition à une vue comme si l’on regardait vers eux. La transition est subtile mais génial à regarder. Mais c’est vraiment la finale qui ma jeté par terre, car cela faisait longtemps que je n’avais pas eu autant de misère à m’endormir tellement j’avais la chienne! Le dénouement final nous est alors montré sous formes de photos qui s’agrandissent pour nous montrer le portrait complet. Ces photos sont à propos du destin qui attendra quelques uns des personnages que l’on verra dans le film. Alors que techniquement, cela est d’une simplicité mortelle, la finale en est quand même d’une puissance tel que j’ai eu la trouille pendant une heure.

Mais on peut apprécier le talent du réalisateur surtout durant les scènes d’horreur et vers la fin. Higuchinsky excelle autant dans l’horreur visuelle que suggérée. Par exemple, une des scènes qui ma donné le plus la frousse est lorsque que le père de Shuichi se suicide. Ce dernier pose sa camera, avec laquelle il filme tout les uzumakis, prés de sa laveuse et on n’entend alors que des bruits étranges provenant du cadre hors champ durant une bonne minute. Cette scène nous plonge alors dans un inconfort terrifiant. Et comme je mentionnais, Higuchinsky montre aussi une bonne dose de gore pour plaire aux fans. À plusieurs reprises, on verra des étudiants et des villageois mourir d’atroces façons. Dans tout les cas, il réussit à insérer une énorme dose de bizarrerie dans ses scènes d’horreur ce qui en décuple les effets sur les spectateurs.

Cependant, je me dois aussi de féliciter Junji Ito et Kengo Kaji pour avoir écrit respectivement un manga étrange et un scénario épeurant à partir de ce dernier. Alors que Ito procéda à établir un étrange monde à travers son manga, Kaji réussit à saisir les moments clés et a créer une finale différente mais tout aussi bizarre que celui-ci. Ce qui est génial aussi dans le scénario, c’est que rien n’est vraiment expliqué. Durant une scène, des semi-explications nous sont fournis à travers un montage d’éléments que le détective réussira à trouver à la bibliothèque. Mais rien ne nous est clairement expliqué, nous n’avons qu’à faire nos propres suppositions à travers ce montage à la Rocky. Tout cela aide justement à alimenter l’élément d’étrangeté durant le visionnement du film. De plus, comment ne pas être ébahit par un scenario qui réussit à nous foutre la pétoche seulement avec une forme géométrique? Ito et Kaji réussissent à nous montrer des situations crédibles et effrayantes par rapport aux spirales sous toutes ses formes. De plus, le scenario ne comporte pas vraiment de trame narrative. C’est plutôt une suite d’événements entourant les deux personnages principaux qui forment une histoire. C’est le genre de film où il ne faut pas chercher à tout comprendre, il faut seulement s’asseoir, se relaxer et apprécier l’ambiance bizarre entourant l'entourant.

Véritable bijou provenant du pays du soleil levant, Uzumaki est une des œuvres les plus originales et géniales que j’aie vu de ma vie. C’est le genre de film qui me rappelle pourquoi j’aime autant le cinéma asiatique et d’horreur : les deux réussissent encore, à l’âge adulte, à me foutre la peur de ma vie et m’obligent à allumer une veilleuse avant de m’endormir.

  • Dominic Paulhus

  • Spiral (USA)

  • The Grudge (2004)
  • Tetsuo (1989)

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