Village des ombres

LE VILLAGE DES OMBRES

2010

RÉALISATION: Fouad Benhammou SCÉNARIO:Lionel Olenga, Fouad Benhammou et Pascal Jaubert
AVEC: Christa Theret, Cyrille Thouvenin, Barbara Goenaga, Ornella Boulé et Axel Kiener

Vous ne savez plus réellement comment vous êtes arrivés là. Plus vous y songez, plus le tout est brumeux. L’endroit est sombre, lourd, chargé d’ondes négatives. Vous ne voulez définitivement pas y être. Mais lorsque vous tentez d’en sortir, vous vous butez à d’invisibles murs. Lorsque vous tentez de démarrer une voiture, celle-ci est inexplicablement tombée en panne. Vous êtes dans un cauchemar, au-delà de toute rationalité, ou encore vous êtes en train de regarder Le Village des Ombres.

Question de passer un bon week-end entre amis, un groupe de jeunes gens se rend au village de Ruiflec, dans la campagne française. Malheureusement, dès leur arrivée en cet endroit mystérieux où nulle âme ne semble vivre, certains parmi eux disparaissent étrangement. En tentant de les retrouver, les autres essuient certaines hallucinations et voient leur nombre fondre inlassablement… Ils constateront bientôt que nul ne quitte indemne Le Village des Ombres et que l’endroit est hanté par une malédiction centenaire…

Avec son approche, Le Village des Ombres tient autant du conte fantastique que du film d’horreur. L’histoire de ce long métrage est clairement du genre que l’on raconte le soir à de jeunes enfants en quête de quelques frissons. Malheureusement, l’adaptation de celle-ci ne s’est pas faite de la meilleure manière qui soit.

Dès les premières minutes, on conçoit l’un des éléments qui clochera dans le film de Fouad Benhammou : une distribution qui cabotine incroyablement. La majorité des acteurs semble à côté de la plaque et il est, ma foi, assez difficile de se prendre au jeu et d’oublier que tout ça… N’est qu’un film. Plusieurs des moments dramatiques à venir seront ainsi éclipsés par un manque flagrant de conviction dans l’acting global.

De plus, 100 minutes pour raconter cette histoire avare en rebondissements, c’est parfois très long. Visuellement assez intéressante, teintée d’étrangeté, la première partie du Village des Ombres échoue pourtant à accrocher le spectateur. Certaines longueurs sont particulièrement assommantes et ce fait se retrouve catalysé par ce que j’ai abordé plus haut, c’est-à-dire les acteurs bien peu impressionnants. Il m’a fallu reprendre mon visionnement à trois reprises avant de parvenir à achever le film et à vous livrer ce texte. Quel dommage! Car j’aimais bien certaines des idées de base (la forêt elliptique qui ramène sans cesse au point initial, les mystérieuses disparitions) mais celles-ci sont mises en scène avec une lenteur qui devient littéralement exécrable au fil de l’avancement du film.

Par la suite, Le Village des Ombres tente de proposer des questionnements et des réponses aux derniers protagonistes, coincés dans ce lieu qui n’obéit pas aux lois du bon sens. Malheureusement, nous en restons aux mêmes états de fait. Certaines idées de base sont bonnes, mais mal illustrées. Il ne reste à ce moment que trois actrices principales aux dialogues faux, surjouant leurs rôles. Lorsque le scénario se met à clairement expliquer le pourquoi du comment, l’état de l’ennui est beaucoup trop avancé pour que l’on ait quelque chose à en faire. Le film fait même l’affront de tenter de servir quelques mauvais twists, qui ne provoqueront pas un seul tic à une audience d’ores et déjà démolie par cette progression ardue qui a gommé toutes traces d’une éventuelle captivation de nos esprits.

Je ne sais pas si cette critique est particulièrement convaincante. Je l’ai écrite en réponse à un harcèlement quotidien que je subissais. Sincèrement, si ce n’avait pas été de ça, je n’aurais jamais terminé Le Village des Ombres et l’aurais laissé moisir dans un endroit sans soleil. Malgré certaines bonnes idées de base, le film se subit plus qu’il ne se visionne. Je le recommande aux insomniaques. Faîtes moi confiance, car j’en suis un.

  • Marc-Antoine Labonté

  • Silent Hill (2006)
    Shrooms (2007)

     

     
     


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