| |
THE VIOLENT KIND
2010
RÉALISATION: Phil Flores et Mitchell Altieri
SCÉNARIO: Phil Flores, Mitchell Altieri et Adam Weis
AVEC: Cory Knauf, Taylor Cole, Bret Roberts, Christina Prousalis et Tiffany Shepis
Plusieurs classiques de l’horreur, surtout à la fin des années 80, oscillaient entre une pléiade de genres pour finalement donner un "must see" complètement déjanté. Et c’est très bien ainsi ! Mais quand un film donne surtout l’impression d’être un trip carrément aléatoire et tout droit sorti de l’égo démesuré de deux réalisateurs… Fuck off ! The Violent Kind est un gros charabia de cinéma d’horreur. Certains aiment, d’autres détestent. Chose certaine, il ne devrait pas vous laisser indifférent. De mon côté, il s’agit clairement de ma plus grande déception jusqu’ici en 2010.
Cody, Elroy et Q sont trois espèces de petits magouilleurs sans avenir. Motards parce que c’est la façon de vivre qu’ils ont toujours connue, ils accumulent les combines. Un soir, ils se rendent dans une maison de campagne isolée, tant pour les 50 ans de la mère de Cody que pour éviter les retombées de leur propre connerie. C’est alors que les choses dérapent, tandis que les trois voyous et leurs copines sont précipités dans l’horreur. Au menu : demoiselle possédée, téléphones et voitures hors service, individus qui éclatent et gang sadique tout droit sorti de l’ère Rockabilie ! Inutile de dire que nos protagonistes auront fort à faire pour s’en tirer indemnes…
Produit par ceux qui vous ont emmené les remakes d’Halloween et The Texas Chainsaw Massacre, réalisé par les autoproclamés Butcher Brothers (The Hamiltons et le remake d’April Fool’s Day, que notre ancienne collaboratrice Karine Deblois ne semble pas avoir particulièrement aimé)… Avec de telles annonces, The Violent Kind misait assurément sur une part précise du marché des amateurs de films d’horreur. Pourtant ! Je ne sais pas si ceux-ci seront entièrement satisfaits. Le film est d’abord un The Evil Dead version Hells Angels, jusqu’à ce qu’y apparaisse un mystérieux gang de greasers droit téléportés des années 50 ! On passe alors d’un projet horrifique rondement mené et pour lequel j’avais une certaine admiration à une cochonnerie quasi-totale !
Retournons là où tout a commencé. Mitchell Altieri et Phil Flores (les Butcher Brothers!) ont tellement aimé leur casting sur The Hamiltons, qu’ils en ont ramené pratiquement tous les acteurs dans ce film-ci. Donc, une troupe de protagonistes pas si convaincants que ça (Cory Knauf qui ne semble pas vraiment à sa place, Bret Roberts cliché au possible mais efficace, Taylor Cole qui fait oublier son acting médiocre par une plastique avantageuse) nous sont introduits dans un univers violent, sexuellement explicite et très typé années 70. Parce que pour ce qui est de l’hommage, les Frères Bouchers se sont gâtés ! Leur film est bourré de références à la bonne vieille époque de Gerald Ford et Jimmy Carter, et aux métrages d’horreur qui la caractérisent. Ne serait-ce que par des chansons ressorties de cette décennie, s’accordant bien au travail musical de Joshua Myers. Malgré un budget n’ayant rien d’extravagant, le style visuel de The Violent Kind est très recherché, et la photographie est digne d’un quelconque remake d’A Nightmare on Elm Street.
Après quelques coups de pied savamment distribués et beaucoup de drame (Cody n’est plus avec Michelle, et la sœur de celle-ci le séduit ouvertement! La copine de Q semble aussi vouloir Cody !), l’horreur débute dans la maison isolée. Ensuite et pour une vingtaine de minutes, tout va extrêmement bien ! Le film n’est pas parfait, mais divertissant. La réalisation est hyperactive; le métrage, qui n’a pas à plaire aux commissions de censure, se permet de jouer dans le très sanglant… Et on apprécie ! Tiffany Shepis incarne une possédée agressive et effrayante. Couverte de sang et violente à souhait, elle pousse des hurlements qui rappelleront aux amateurs ce petit film que Sam Raimi avait tourné dans les bois en 1980. De plus, l’évolution de l’histoire laisse parallèlement croire que certaines personnes sont derrière cette possession… L’effet mystérieux qui en résulte est sympathique et angoissant ! Et pourtant, c’est lorsque ces individus se dévoilent que tout dégringole.
La nouvelle troupe, menée par Joe Egender, monopolise presque l’entièreté de la seconde moitié du film. C’est énormément de temps à les endurer ! Leurs personnages sont dégueulasses, et agissent comme des malades mentaux pour démontrer qu’ils sont des malades mentaux ! Si les Butcher Brothers voulaient me faire rire aux éclats jusqu’à la fin du film pour évacuer le stress de leur première partie, c’est réussi ! Ainsi, nos protagonistes ligotés comme des saucissons ont droit à bien des discours emmerdants, à une lesbienne nommée Pussywagon et à des mongoliens qui dansent ! Quelques pâteuses tentatives de violence sont aussi au programme. Ça s’étire, ça s’étire, ça ne veut plus finir et on ne comprend plus vers quel endroit tout cela se dirige. La fin est mielleuse à y noyer un ours, et le plan final, qui vient nous expliquer l’entièreté de ce que l’on vient de supporter, donne juste envie de crisser le film aux vidanges ! Ouache ! À se perdre dans les hommages et les références, les faux frères charcutiers m’ont perdu moi.
La réception pour The Violent Kind est, comme annoncé précédemment dans ma critique, assez mitigée. Puisque, outre certains acteurs, j’ai trouvé la première partie sympathique, je ne peux déconseiller entièrement le film. Mais attendez-vous surtout à un gros méli-mélo d’influences qui ne garde pas les pieds sur Terre (!) si vous avez à le visionner. Qui sait, peut-être une brigade de fans mécontents me lapidera t-elle d’ici la fin de l’année. Je l’assume entièrement. On ne se cassera pas trop la tête sur The Violent Kind, qui m’a déçu comme je ne croyais pas qu’un film pouvait le faire.



• The Evil Dead (1982)
• Funny Games (2008)
| |
|