VISITS: HUNGRY GHOSTS ANTHOLOGY
2004
RÉALISATION: Yuhang Ho, James Lee, Low Ngai Yuen et Ng Tian Hann
SCÉNARIO: Tan Chui Mui, Low Ngai Yuen et Ng Tian Hann
AVEC: Loh Bok Lai, Yuhang Ho, Ong Kok Liang, Adlin Aman Ramlee et Carmen Soo
Si l'on considère que la Malaisie a produit moins de 400 films depuis l'invention du cinéma et que seulement vingt d'entre eux sont des films d'horreur, il est facile d'affirmer que Visits: Hungry Ghosts Anthology est un espèce rare. Réalisé avec toutes les bonnes intentions du monde, le film démontre de façon assez flagrante que le peuple malaisien en est encore à ses premiers pas au niveau du septième art. Tellement, que l'auteur de ces lignes se sent comme quelqu'un qui jugerait le dessin d'un enfant de deux ans! C'est pas beau, mais on apprécie l'effort!
En Malaisie, selon la légende, le 14 juillet est le jour où les fantômes affamés reviennent hanter les vivants. Profitant de l'occasion, le DJ d'une station de radio raconte quatre histoires pour effrayer son auditoire. Ces quatre histoires forment la base de Visits: Hungry Ghosts Anthology une anthologie réalisée par quatre cinéastes différents. Dans le premier segment, ce qui semble être un pacte de suicide entre deux adolescentes cache un secret beaucoup plus sombre. La seconde histoire nous présente une jeune femme qui héberge une amie décédée. Dans le troisième volet, des étudiants en cinéma tentent de filmer un rituel consistant à faire apparaître un fantôme. Finalement, le dernier chapitre met en vedette le concierge d'un immeuble qui dissimule des caméras dans le logement d'une locataire. Le pauvre homme sera témoin de bien plus qu'une parade de petite culotte.
On pourrait s'attendre à ce que Visits soit grandement inspiré par la vague de films de fantôme asiatiques, mais ce n'est presque pas le cas. Cette anthologie offre un regard assez rafraîchissant sur les croyances malaisiennes et le mythe du fantôme. Chaque segment débute de façon traditionnelle, à un tel point qu'on croit facilement deviner la fin. Mais la grande qualité du métrage est que chaque histoire réussit à se réinventer en milieu de parcours pour ainsi venir tirer le tapis d'en dessous des pieds du spectateur. La relation entre le peuple malaisien et les fantômes est particulière ce qui offre une lecture différente de ce qu'en font les japonais ou les américains.
Ceci dit, Visits est d'un amateurisme qui ne dépasse jamais le niveau du projet étudiant (dernier de classe en plus). Bien que le film soit réalisé par quatre cinéastes différents, les changements de styles ne se font pas remarquer. Tout est fade dans Visits. Les cadrages sont primitifs, les éclairages absents et les changements d'angles se font rares. Le tout est filmé avec une caméra destinée aux vidéos de famille, ce qui nuit à toute tentative de création d'ambiance. C'est d'autant plus décevant si l'on considère que la majorité des réalisateurs choisis pour le projet ont pourtant beaucoup d'expérience. De plus les acteurs atteignent un niveau de médiocrité très bas. Comme des robots, il se tiennent crispés, bien droits et vomissent leur dialogue appris par coeur.
Si les différents scénarios se tiennent au début, ils deviennent rapidement incompréhensibles à mesure qu'ils progressent. C’est dommage car bien que Visits soit mauvais, les différentes histoires demeurent intrigantes. Mais à force de se faire servir du n'importe quoi en fin de parcours, on en vient qu'à décrocher.
Il faut donner crédit au distributeur Facets d'avoir dénicher un film provenant d'un pays qui n'est généralement pas très populaire auprès des autres distributeurs. Par contre, à part pour les curieux, Visits: Hungry Ghosts Anthology ne rassasiera pas votre faim pour quelque chose de différent.



• 4Bia (2008)
• The Eye 10 (2005)
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