THE V WORD

2006

RÉALISATION: Ernest R. Dickerson
SCÉNARIO: Mick Garris
AVEC: Branden Nadon, Arjay Smith, Jodelle Ferland, Lynda Boyd et Michael Ironside

The V Word est le dernier métrage de la (maintenant défunte) série Masters Of Horror à faire son apparition sur DVD. Le choix est de mise, puisque comme le projet créé par Mick Garris, The V Word est certes sympathique, mais bien en dessous de son potentiel!

Kerry et Justin sont deux adolescents qui passent leur temps à jouer à des jeux vidéo. Après avoir reçu un appelle téléphonique frustrant de son père, Justin est d'humeur massacrante. Voulant changer la routine, il met au défi son ami de l'accompagner au centre funéraire locale pour y voir un cadavre... un vrai de vrai! Sur les lieux, les deux jeunes en ont pour leur argent lorsqu'ils tombent face à face avec un vampire qui s'attaque à eux pour finalement les mordre. Les deux adolescents devront tenter de s'habituer à leur nouvelle vie de suceur de sang.

Vous aurez compris que le mot en "V" insinué par le titre est bel et bien vampire! Il est donc ironique qu'il ne soit jamais mentionné au cours du récit! Il ne faudrait pas croire que le cinéaste Ernest R. Dickerson (Demon Knight, Bones) renie le sous-genre dans lequel il évolue. The V Word est truffé d'hommages savoureux à Nosferatu, Dracula de Browning, en plus de ressembler légèrement au duo classique des années 80, Fright Night et Near Dark. Dès le départ, Dickerson nous ramène habilement à une épouvante primaire, celle du monstre en dessous de notre lit ou du bruit soudain en plein milieu de la nuit!

La réalisation soignée de Dickerson en début de parcours vaut le détour à elle seule. La première partie qui se déroule dans le centre funéraire se prête bien à la peur et le réalisateur en profite pour concocter une ambiance de film d'horreur à l'ancienne. Malgré un traitement atmosphérique, le film est étonnamment sanglant. Les vampires du film ne se contentent pas de faire deux minuscules trous dans le cou de leur victime, ils y vont à grandes bouchés! Du Masters Of Horror de haut niveau!

C'est une fois les deux amis transformés en vampires que ça se gâte. Sans être mauvais, le scénario de The V Word (écrit par le créateur Mick Garris) devient rapidement redondant et prévisible. Si la réalisation permettait d'élever un récit cliché en début de parcours, ce n'est malheureusement plus le cas au bout d'une trentaine de minutes. Avec son scénario, Garris tente d'approfondir la psychologie derrière la transformation d'un être humain en bête de la nuit. Comment réagit-il ? A t’il encore des sentiments envers sa famille et ses amis? Voilà des questions intéressantes, mais trop songées pour le peu de temps que le format Masters Of Horror peut leur accorder.

Dans le rôle du vampire, l'acteur canadien Michael Ironside (Scanners, Visiting Hours) est parfait! Il est juste dommage que le scénario lui force des dialogues insipides! Même choses pour les deux adolescents joués par Branden Nadon et Arjay Smith, qui en plus de livrer des dialogues peu convaincants, agissent souvent de façons peu crédibles face à l'adversité.

Définitivement, The V Word excelle dans les moments d'épouvantes silencieux. Sur ce point, le métrage a le mérite d'offrir une première moitié réussie, une des plus effrayante de la série. Le film est distribué sur DVD par Anchor Bay.

  • Dany Champagne

  • Fright Night (1985)
  • Near Dark (1987)

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