Wake Wood

WAKE WOOD

2011

RÉALISATION: david Keating
SCÉNARIO: David Keating et Brendan McCarthy
AVEC: Aidan Gillen, Eva Birthistle, Timothy Spall, Ella Connolly et Ruth McCabe

Inconsciemment, Wake Wood se veut une métaphore sur la résurrection du studio Hammer, plus de trente après qu'il ait fait la pluie et le beau temps avec Curse Of Frankenstein, The Vampire Lovers et Horror Of Dracula pour ne nommer que ceux-ci. Comme les parents au centre de l'histoire de Wake Wood, qui réssucitent leur fille pour se rendre compte qu'elle n'est plus la même, la nouvelle incarnation du studio britannique n'est pas l'ombre d'elle-même.

Cela ne veut pas dire que le nouveau Hammer (Let Me In, The Resident) n'offre pas d'honnêtes divertissements, seulement que l'étiquette gotique et sensuelle qu'il apposait sur la majorité de ses oeuvres jadis n'est plus présente. C'est le cas de Wake Wood une oeuvre fort sympathique qui n'a comme véritable défaut de ne pas approfondir l'étendue de son sujet.

Le film de David Keating nous présente une famille heureuse, Patrick et Louise, qui célèbrent l'anniversaire de leur jeune fille, Alice. Le sort voudra que cette dernière s'aventure dans le hangar de son père vétérinaire, pour y nourrir un chien qui la mord fatalement à la gorge. Ce tragique accident pousse le couple à déménager à Wake Wood, une petite communauté rurale, pour se ressourcer. Il s'avère que les doyens de la ville, menés par Arthur, connaissent un rituel qui permet de ramener les morts à la vie pendant trois jours, juste assez de temps pour que les gens en deuil puissent dire un au revoir convenable à leurs êtres cher. La responsabilité de ressusciter temporairement un mort vient par contre avec des règles strictes et de graves conséquences à quiconque ne les respecte pas.

La plus grande peur de tous les parents est qu'il arrive quelque chose de grave à leurs enfants. Moi-même père de trois petits monstres, je peux attester en ce sens. Wake Wood réussit à rendre crédible le deuil que vivent Patrick et Louise sans jamais tomber dans la mélodramatique facile. Le scénario nous pousse dans le vif du sujet et même si le concept de la réanimation est bousculé dans la narration, on y croit. Mais surtout, on croit en la décision des parents de ramener leur enfant, même si on a regardé beaucoup trop de films d'horreur pour savoir que ça ne se terminera pas bien. Et c'est là la force de Wake Wood, de faire réfléchir le spectateur sur son propre choix face à un tel dilemme. Et contrairement à une oeuvre similaire, telle que Pet Sematary, Wake Wood ajoute une profondeur émotionnelle en limitant le temps de résurrection de l'être aimé. Il ne s'agit plus ici de ramener à la vie un être cher, mais bien de se donner égoïstement une seconde chance pour se préparer au départ de celui-ci.

Cette thématique, Keating l'enveloppe d'une atmosphère inquiétante efficace qui mise sur l’environnement reclus de la petite communauté de Wake Wood. Les habitants y sont aussi pour quelque chose. Sans être mémorables, ils laissent planer le doute quant à l’étendue de leur connaissance face à la tradition de réanimation qu’ils entretiennent. En gros, Wake Wood fonctionne en tant que film d’horreur d’atmosphère. L’appréhension face à l’horreur à venir est palpable et pique vivement notre curiosité.

Mais si Keating maîtrise bien cette facette de sa réalisation, il a de la difficulté à faire le saut dans l’horreur viscérale que propose le dernier droit du scénario. Lorsque la petite Alice est éprise d’une rage meurtrière (c’est un film d’horreur, j’espère que vous vous en doutiez) la réalisation perd toute efficacité et Keating à peine à trouver une façon de donner de l’impact aux actions de l’enfant. Mise à part une scène de meurtre, le dernier tiers de Wake Wood manque de rythme et de grandeur. L’étendu des pouvoirs d’Alice semble aléatoire et sa capacité à effrayer s’envole en fumée.

La courte durée de l’œuvre joue aussi contre Wake Wood. Le concept du scénario est fascinant et aurait gagné à être élaboré. La mythologie entourant les résurrections aurait pu être approfondie pour donner ainsi plus de sens au dernier droit du film. Et si le revirement final n’est pas mal du tout, il remet en question le réalisme de l’histoire.

Néanmoins sympathique, Wake Wood offre une dose modérée de frissons et de frousse. Son atmosphère lugubre et son intrigue prennent souvent le dessus sur ses ratés. Ce n'est pas du grand Hammer, mais c'est un pas dans la bonne direction.

  • Dany Champagne

  • Pet Sematary (1989)
    Dead & Buried (1981)

     

     
     


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