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THE WARD
2010
RÉALISATION: John Carpenter
SCÉNARIO: Michael Rasmussen et Shawn Rasmussen
AVEC: Amber Heard, Mamie Gummer, Danielle Panabaker, Lyndsy Fonseca et Jared Harris
Ce n'est pas toujours facile d'être un cinéaste vétéran de l'horreur. Parlez-en à Wes Craven, George Romero, Tobe Hooper et Dario Argento qui sont tous récemment passés dans le collimateur des amateurs malgré des oeuvres très respectables à mon humble avis. De la vieille brigade horrifique, il ne restait plus qu'à John Carpenter à donner signe de vie après un hiatus de dix ans. Si l'on peut le qualifier sans se tromper du cinéaste le plus talentueux des Maîtres de l'Horreur encore restants, il n'en demeure pas moins que le nouvel opus de Carpenter n'est pas très convainquant.
Ayant perdu la mémoire devant une maison de campagne à laquelle elle a mis le feu, Kristen (Amber Heard, plus charmante que réellement bonne) est transportée dans un hôpital psychiatrique. On l'assigne alors à un pavillon pour les cas spéciaux avec quatre autres jeunes femmes de son âge. Ne sentant pas le besoin d'être soignée en psychiatrie, Kristen a de la difficulté à s'intégrer au groupe. Sa stabilité mentale sera mise à l'épreuve lorsqu'elle sera violentée dans la douche par ce qui semble être le fantôme décrépi d'une femme. Sa mésaventure ne fera qu'accentuer sa folie aux yeux des autres, mais Kristen est persuadée avoir bel et bien vu un fantôme, mais surtout qu'elle n'est pas la seule à l'avoir aperçu.
Soyons clair. John Carpenter n'a pas grand-chose à se reprocher en ce qui a trait à The Ward. Bien que le cinéma ne soit plus sa priorité (regarder le basketball, jouer aux jeux vidéo et enligner les cigarettes font partie de ses intérêts selon ses propres dires) Carpenter n'a pas perdu la touche, offrant une réalisation sans reproche. Les mouvements de sa caméra sont fluides comme on les aime, accentuant une photographie solide et des angles bien choisis. Le vieux routier se permet même un clin d'oeil visuel en début de parcours à son Halloween au plus grand bonheur de ses partisans. Il n'a pas perdu son talent pour effrayer à des moments inattendus et faire monter la tension d'un cran lors de scènes anodines.
Non, Carpenter n'a vraiment pas grand-chose à se reprocher. À part peut-être son jugement, le moment venu de choisir un scénario!Car même si son nom est en prédominance au dessus du titre du film, The Ward n'a pas été scénarisé par Carpenter ni développé pour lui. Le cinéaste semble avoir plutôt choisi un scénario dans la pile pour célébrer son retour. Et quel scénario ordinaire que nous ont pondu les frères Rasmussen, Michael et Shawn de leurs prénoms. Ces derniers recyclent sans originalité les clichés des thrillers hospitaliers, du médecin dont on doute des bonnes intentions, à l'infirmière bête et sévère, en passant par le préposé corrompu sans oublier les autres patientes qui sont bitchs avec l'héroïne. Quant à l'antagoniste du film, le fantôme d'une patiente morte à l'hôpital, il ne serait pas déboussolé dans le remake d'un film de spectre japonais. C'est vraiment à se demander envers quoi Carpenter, pourtant habitué aux nuances scénaristiques et aux thèmes sous-jacents, a été attiré.
Peut-être par le revirement final, le genre qui me donne personnellement le goût de retirer le disque de mon lecteur et de le briser en deux! Le revirement-surprise utilisé par les scénaristes a été employé maintes fois dans le cinéma d'horreur et rarement il fonctionne de façon satisfaisante. Il faut dire que ça apporte un peu de vie à une oeuvre dans l'ensemble assez ennuyeuse, mais c'est un revirement facile et peu inspiré. En fait, The Ward peut se compter chanceux d'avoir bénéficié d'un cinéaste de la trempe de Carpenter. Car sans la dextérité de ce dernier, The Ward ne serait rien de plus qu'une série B banale abandonnée sur le marché du DVD obscur.
D'un point de vue technique, John Carpenter n'a pas perdu la touche. Ça, c'est la bonne nouvelle. Par contre, son nouveau film fait pâle figure comparé à sa filmographie. Les amateurs du cinéaste ne perdront pas nécessairement leur temps devant ce film ordinaire. C'est d'ailleurs meilleur que son film précédent, Ghost Of Mars, ce qui n'est pas très difficile. Espérons seulement qu'il choisira un scénario plus inspirant dans la pile la prochaine fois.



•Fragile (2005)
• Autopsy (2008)
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