WHEN A STRANGER CALLS

1979

RÉALISATION: Fred Walton
SCÉNARIO: Fred Walton et Steve Feke
AVEC: Charles Durning, Carol Kane, Tony Beckley, Coleen Dewhurst et Ron O'Neil

Après avoir regardé Scream au milieu des années 90, je me suis mis à m'intéresser aux nombreux films auxquels il faisait référence. Parmi ceux-ci se trouvait When A Stranger Calls, film sur lequel Kevin Williamson s'est inspiré pour la fameuse première scène avec Drew Barrymore. Mon visionnement initial de When A Stranger Calls m'a profondément marqué puisque le film contient une des scènes les plus effrayantes que j'ai vues. Avec le remake qui s'en vient, j'ai décidé de revisiter le film pour voir s'il est tout aussi effrayant la deuxième fois.

Comme bon nombre de jeunes adolescentes, Jill garde des enfants pour se faire un peu d'argent. Un soir, elle se rend chez de nouveaux clients pour y surveiller leurs deux enfants. Elle est très heureuse d'apprendre qu'ils sont déjà au lit, puisqu'elle va pouvoir s'avancer dans ses études. Au milieu de la soirée, le téléphone sonne. Au bout de la ligne, un homme demande: "Êtes-vous aller voir les enfants?". Puis il raccroche. Les coups de fils se répètent avec la même voix posant la même question. Après plusieurs appels, l'homme devient violent dans ses propos et Jill décide d'appeler la police. Les policiers tracent les appels qui proviennent de l'intérieur de la maison... Jill réussie de justesse à se sauver. À leur arrivée, les policiers arrêtent le suspect et découvrent que les enfants étaient morts depuis des heures. Sept ans plus tard, le tueur se sauve de son hôpital psychiatrique pour venir finir ce qu'il a commencé.

La première scène de When A Stranger Calls dure environ vingt minutes et est une des scènes les plus effrayantes que j'ai vues. Si vous savez apprécier une bonne atmosphère et une tension bâtie psychologiquement, préparez-vous à vous régaler. Avec seulement une gardienne et un téléphone, le réalisateur Fred Walton a réussi à construire un suspense magistral. Par ses cadrages soigneusement choisis, son montage réfléchi et la performance de l'actrice Carol Kane, Walton prouve qu'une scène anodine sur papier peut devenir très angoissante entre les mains d'un réalisateur de talent. La musique est aussi géniale. Le compositeur Dana Kaproff n'a pas peur de forcer la note pour rehausser le suspense. Une partie de sa composition est d'ailleurs aujourd'hui utiliser pour le logo THX.

Après un superbe premier acte, on découvre rapidement le gros défaut du film: son deuxième acte! Celui-ci est ennuyant et n'arrive tout simplement pas à la cheville du premier. On a droit à un espèce de Henry: Portrait Of
A Serial Killer
avant son temps, sans violence et sans brutalité. Walton essaie de nous faire ressentir de l'empathie pour son tueur. On le voit essayer de se trouver un endroit où dormir, courtiser une femme et être impliqué dans une bagarre. Le tout est maladroitement accompli pour nous montrer que le tueur est humain. Le problème de ce deuxième acte n'est pas qu'il est mauvais, mais plutôt qu'il contraste trop avec le reste du film. Après avoir eu droit à un premier vingt minutes extrêmement effrayant, je m'attendais à en avoir encore. Je ne veux pas me faire servir une étude sociale sur le comportement des tueurs en série, aussi intéressant que cela puisse paraître. Donc, pendant 45 minutes, on suit les péripéties du tueur et du détective privé à ses trousses. Personnellement, ce ne sont pas ses personnages qui m'intéressaient. Tout au long du film, je me demandais ce qui avait bien pu arriver à la gardienne du début.

Heureusement, Walton nous réserve encore quelques surprises avec sa finale. Jill, la gardienne, est de retour. Aujourd'hui mère de deux enfants, c'est à son tour de les faire garder... Sans être aussi terrifiantes que les vingt premières minutes, les quinze dernières m'ont aussi foutu la trouille. Walton utilise une fois de plus des trucs simples et ça fonctionne. Le film se termine tout comme il a débuté, c'est-à-dire dans la peur. Il y a peut-être beaucoup de temps qui s'écoule entre l'excellente première scène et la dernière, mais au final, le film est satisfaisant.

Il y a un remake du film qui prendra bientôt l'affiche. J'imagine que le réalisateur de celui-ci va régler le problème du deuxième acte. Par contre, ça me surprendrait qu'il parvienne à surpasser ou même égaler l'efficacité des vingt premières minutes du film original. J'ai eu un peu de difficulté à accorder une note au film. Le début et la fin se méritent facilement un 4,5 tandis que le milieu ne vaut pas plus que 2,5. Je coupe la poire en deux et j'accorde à When A Stranger Calls un 3,5.

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