WOLF CREEK

2005

RÉALISATION: Greg McLean
SCÉNARIO: Greg McLean
AVEC: Cassandra Magrath, Nathan Phillips, Kestie Morassi et John Jarratt

Les films d'horreur basés sur des histoires "vraies" ont la cote dernièrement. Le public semble plus sensible si on leur mentionne que ce qu'ils vont regarder s'est réellement déroulé. Wolf Creek, le petit film australien du nouveau venu Greg McLean, a le mérite d'être très réaliste et de rester fidèle à l'histoire qu'il adapte à l'écran. Par contre, au final, c'est ce petit détail qui l'empêche d'être grandiose.

Trois touristes partent dans les Outbacks australiens pour y explorer ses nombreuses attractions. Leur long périple les transporte à Wolf Creek, petite ville reconnue pour son énorme cratère créé par une météorite tombée il y a plusieurs années. Après avoir visité le cratère, leur voiture ne démarre plus et les trois touristes doivent passer la nuit au milieu de nulle part. Le Soleil couché, un bon samaritain s'amène et suggère de les aider. L'homme en question possède la pièce qui fait défaut dans leur auto, mais il ne l'a pas avec lui. Il leur suggère de les remorquer jusque chez lui pour pouvoir réparer leur voiture. Après avoir bu devant un feu de camp avec leur samaritain, les trois touristes s'endorment. Le lendemain, ils se réveillent, ligotés dans des pièces sombres. L'horreur ne fait que commencer...

Les 45 premières minutes de Wolf Creek se présentent comme une publicité touristique pour l'Australie. On y suit les trois touristes dans leur périple au pays du kangourou. Les beaux paysages font légion pendant que le réalisateur s'efforce de nous présenter de façon réaliste ses trois protagonistes. Le tout est filmé à la façon d'un documentaire et m'a beaucoup fait penser à The Blair Witch Project. On voit les trois touristes monter une tente, conduire dans les routes désertes, mettre du gaz, dormir, admirer les paysages et passer du bon temps. Ça peut sembler long pour certains cinéphile, mais moi, j'ai adoré que le réalisateur prennent bien son temps d'amener son histoire. Ainsi, on a bien le temps de s'attacher aux trois personnages principaux qui, pour un film d'horreur, sont très aimables et pas du tout stéréotypés.

La deuxième moitié du film est tout le contraire de la première. Jamais je ne mettrai les pieds dans l'Outback australien ... Jamais! La violence et le gore ne sont pas très présent dans Wolf Creek, mais lorsqu'il y en a, ça frappe fort. Les moments d'horreur du film sont très pénibles à regarder. Sur le coup je n'aimais pas ce que je voyais, tellement c'était brutal et réaliste. Les personnages que j'avais appris à aimer au début, en prennent pour leur rhume! La scène du "head on a stick" me donne encore des frissons juste à y penser et, croyez-moi, il ne s'agit pas de ce que vous pensez.

Le film est beaucoup comparé à The Texas Chainsaw Massacre. Ces comparaisons ne sont pas nécessairement déplacées, mais à force de les entendre, je me suis bâti des attentes qui n'ont pas tout à fait été atteintes. Ce qui différencie les deux films, c'est que The Texas Chainsaw Massacre apporte une narration cinématographique à son histoire vraie. Le classique de 1974 n'est que légèrement inspiré d'une histoire vraie. Dans les limites du réalisme, il peut faire ce qu'il veut. Wolf Creek de son côté, essaie trop de ressembler à un film de la collection "Faits Vécus". Si c'est extrêmement efficace au début, la fin n'est pas aussi percutante qu'elle aurait pu l'être. Après une démonstration de terreur effroyable, on dirait que le réalisateur Greg McLean se rappelle que son histoire est véridique et se dégonfle en nous servant une finale plus que banale. La dernière partie manque aussi souvent de rythme, ce qui a pour cause de ralentir le suspense.

Il n'en demeure pas moins que Wolf Creek est un très bon film d'horreur doté d'une réalisation supérieure à la moyenne. Par moments, le film m'a agréablement rappelé Haute Tension, tant par son ambiance que par la similarité de la musique utilisée. Greg McLean démontre avec son premier film qu'il est un jeune cinéaste à surveiller. Je dois aussi lui donner crédit pour avoir fait la meilleure référence à Crocodile Dundee de tous les temps! Le seul problème est que je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer de peur!

Si seulement McLean avait su maintenir la tension jusqu'à la fin, Wolf Creek aurait pu se tenir fièrement à côté de The Texas Chainsaw Massacre. Néanmoins, le film livre amplement la marchandise, ce qui est déjà beaucoup mieux que la majorité des films hollywoodiens.

  • Mr. Horreur-Web

  • Terreur À Wolf Creek (version française/Québec)

  • The Texas Chainsaw Massacre (1974)
  • Haute Tension (2003)

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