THE WOLFMAN

2010

RÉALISATION: Joe Johnston
SCÉNARIO: Andrew Kevin Walker et David Self
AVEC: Benicio Del Toro, Anthony Hopkins, Emily Blunt, Hugo Weaving et Geraldine Chaplin

Après de nombreux délais et dates de sorties repoussées, un changement de réalisateur (Mark Romanek a quitté quelques jours avant le tournage), le renvoi du compositeur Danny Elfman (qui a été réengagé!) et la difficulté des producteurs à approuver le montage final, le remake The Wolfman arrive finalement sur nos écrans! Est-ce que toutes ses péripéties ont affecté les hurlements de Laurence Talbot, le loup-garou le plus célèbre du septième art ?

Lorsqu'il apprend que son frère est porté disparu, Laurence Talbot, un acteur qui gagne sa vie en Amérique, retourne dans son Angleterre natale pour participer aux recherches. Hélas, il est arrivé trop tard puisque son frère a été retrouvé dans la forêt, à moitié dévoré par un animal. C'est alors que les rumeurs s'intensifient dans le village. L'arrivée d'un clan de gitans dans les parages ne serait pas étrangère aux meurtres sordides qui hantent la région. Voulant en avoir le coeur net, Laurence se rend questionner les membres du clan gitan. C'est alors qu'il se fait attaquer par un loup-garou, lors d'un massacre qui a fait plusieurs victimes. Persuadé que Laurence est l'auteur de ces meurtres, le détective Abbeline décide d'épier les faits et gestes de ce dernier. Bien que Talbot avoue sa culpabilité, tout en mentionnant qu'il soit un Loup-garou, personne ne le croit, surtout pas le détective. Croyant avoir à faire à un psychopathe, Abberline l'envoi dans un institue psychiatrique pour lui faire subir des traitements chocs. La procédure ne fera qu'éveiller encore plus la bête en lui.

En prenant en considération que The Wolf Man, réalisé en 1941 par George Waggner, est le film de loup-garou le plus influent de tous les temps, son remake se devait d'être plus mémorable. Réalisé par Joe Jonhston (Jurassic Park 3) qui a été appelé en renfort à quelques semaines du début du tournage, The Wolfman est un gros diamant brut qu'on a oublié de polir. Loin d'être mauvaise, cette nouvelle mouture est toutefois une série de scènes spectaculairement jouissives qui côtoient un peu trop souvent des décisions scénaristiques douteuses. En Jonhston, le studio a déniché un cinéaste compétent et capable de faire le travail malgré des conditions loin d'être idéales. Sa réalisation est efficace, mais jamais on ne sent qu'il a doté l'oeuvre de sa signature propre.

Les scénaristes Andrew Kevin Walker (Seven, Sleepy Hollow) et David Self (The Haunting) ont élaboré avec succès une histoire initialement mince. Malgré l'importance du film original, il n'en demeure pas moins que c'est une oeuvre assez simpliste qui suit une ligne narrative mince et peu développée. Les deux scénaristes ont trouvé une façon d'ajouter beaucoup de viande alentour de l'os tout en gardant la structure du film original ainsi que tous ses revirements narratifs. C'est une façon de faire étonnante à une époque où les remakes ne font qu'emprunter un titre pour gonfler leurs chances de réussite au Box-Office. Cela donne donc plusieurs moments inspirés qui n'étaient que sous-entendus dans le film original. La théorie selon laquelle Laurence souffrirait d'une maladie mentale est beaucoup plus élaborée, puisque celui-ci est envoyé dans un institut psychiatrique, ce qui donne droit aux meilleurs moments du film. Suite à une transformation devant plusieurs médecins réunis pour l'observer, le loup-garou se sauve dans les rues de Londres pour y semer une terreur qui n'est pas sans rappeler celle causée par le gorille dans King Kong! Un véritable festin pour les amateurs de cinéma d'horreur à l'ancienne. Une scène digne de la réputation du film original.

Étonnement, The Wolf Man est beaucoup plus sanglant qu'on pourrait l'imaginer. Nous sommes bien loin des quelques meurtres du film orignal, puisque les loups-garous de cette version sont à l'origine de plusieurs massacres graphiquement explicites. Les têtes roulent, les membres sont arrachés et les visages défoncés! Le tout est doté d'un humour noir bien placé qui ajoute une petite touche particulière au film. L'humour préconisé par le scénario n'est pas sans rappeler celui de Sleepy Hollow, un autre hommage au cinéma d'antan.

Et puisqu'il est question d'hommage au cinéma d'antan, c'est sur ce point que The Wolfman est le plus impressionnant. Le film ne se contente pas seulement de rendre hommage à l'oeuvre originale, mais aussi à sa suite Frankenstein Meets The Wolfman et les premiers films de loups-garous en couleur à s'être inspiré du classique de 1941. Il est clair que des oeuvres comme The Curse Of The Werewolf (Benicio Del Toro a d'ailleurs des airs d'Oliver Reed) et les films de loups-garou de Paul Naschy ont énormément influencé autant les scénaristes que le réalisateur. De voir un loup-garou bipède portant pantalons et chemise déchirée devrait réjouir au plus haut point les amateurs de films de loups-garous sortis avant la révolution du genre causé par An American Werewolf In London. Un élément qui inquiétait beaucoup les amateurs du film original est le fait que les transformations d'homme en loup sont produites par ordinateurs. Il est certain qu'il est toujours plus valorisant de voir des transformations réussies manuellement comme dans The Howling et An American Werewolf In London, mais celles de The Wolfman viennent de créer un nouveau précédent en matière de transformation numérique.

Là où le remake perd des points, c'est au niveau de certains changements au niveau de l'histoire. Bien que la majorité des changements soit bénéfique, ceux concernant l'élaboration du rôle du père de Laurence Talbot (joué par Anthony Hopkins) sont légèrement douteux. Il faut avouer que ces changements donnent droit à des moments spectaculaires en fin de parcours, mais plus souvent qu'autrement le personnage du père ne fait que ralentir l'histoire. La trame narrative le concernant est la moins intéressante du scénario et les flashbacks qui expliquent les circonstances de la mort de sa femme et l'impact sur le jeune Laurence ne font qu'étirer inutilement l'élastique. Si The Wolfman réussit à se faire pardonner la majorité de ses défauts, il est quand même dommage que se finale soit des plus convenue, laissant le spectateur indifférent. Le scénario, qui jusque-là alliait bien les clichés du genre avec un contenu créatif, nous offre la fin "loup-garou 101" qui a déjà été vue dans des dizaines de films du genre. Cette finale, qui aurait dû propulser le film au niveau supérieur, se veut la chaîne qui empêche la bête de se libérer.

Je suis d'avis qu'un remake ne doit pas seulement se contenter d'émuler l'histoire du film original, mais aussi d'être fidèle à l'importance historique du film qu'il reprend. Imparfait, The Wolfman n'est pas l'oeuvre qui va pousser une nouvelle génération de cinéphiles à regarder le film original. Il n'en demeure pas moins que c'est une oeuvre divertissante que les amateurs de films de loups-garous gothiques devraient accueillir à bras ouverts.

  • Dany Champagne

  • • Le Loup-Garou (version française/Québec)

     

    The Wolf Man (1941)
    Frankenstein Meets The Wolfman (1943)
    • House Of Frankenstein (1944)
    • House Of Dracula (1945)
    • Abbott & Costello Meet Frankenstein (1948)

     

    The Curse Of The Werewolf (1961)
    Werewolf Shadow (1971)

     

     
     


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