Wrong Turn 4: Bloody Beginnings

WRONG TURN 4:
BLOODY BEGINNINGS

2011

RÉALISATION: Declan O'Brien
SCÉNARIO: Declan O'Brien
AVEC: Sean Skene, Jennifer Pudavick, Tenika Davis, Kaitlyn Wong et Victor Zinck Jr.

Si Declan O’Brien aspire à devenir le Uwe Boll américain, il est sur le droit chemin. Durant les trois dernières années, le réalisateur nous a offert Cyclops, Wrong Turn 3 : Left For Dead et l’inconcevablement surévalué Sharktopus! Suite au succès sur DVD de Wrong Turn 3, 20th Century Fox lui a confié les règnes du quatrième chapitre, cette fois-ci un préquel. Au visionnement de Wrong Turn 4 : Bloody Beginnings, il s’avère plus évident que jamais que Declan O’Brien est un réalisateur mou et un scénariste incapable d’éviter de sombrer dans le conventionnel.

Ce quatrième chapitre nous transporte dans un hôpital psychiatrique durant les années 70. L’endroit accueille les trois frères consanguins au milieu de la saga Wrong Turn, les patients les plus dangereux de l’endroit. Alors qu’une nouvelle psychologue visite l’endroit, les frères s’évadent causant une émeute sanguinaire dans l’endroit. L’histoire nous transporte alors en 2003, quelques mois avant les événements du film original. Un groupe d’étudiants doit se rendre dans le chalet d’un ami en motoneige. En route, les étudiants s’égarent alors qu’une violente tempête fait rage. En croisant un vieil hôpital abandonné, ils décident de s’y réfugier pour passer la nuit, ignorant que les trois frères consanguins/mutants/cannibales s’y trouvent.

Avant même la marque du dix minutes, Wrong Turn 4 fait amende honorable pour la réception froide envers le troisième chapitre. Nous avons droit à un homme qui se fait arracher les deux bras et les deux jambes, une scène de baise hétéro et une scène de baise lesbienne! Disons qu’on est rapidement placé dans un contexte de cinéma d’exploitation. Les intentions de faire de Wrong Turn 4 un film d’horreur plus honnête envers les amateurs sont définitivement présentes, mais le talent n’est tout simplement pas au rendez-vous.

D’ailleurs, les deux éléments principaux qui démarquent cette suite des chapitres précédents ne sont jamais exploités à leur plein potentiel et semblent plus être des contraintes imposées au réalisateur. L’aspect préquel n’apporte absolument rien à l’histoire si ce n’est que de révéler que les trois meurtriers consanguins ont passé un séjour dans un hôpital psychiatrique. Ce segment du film dure à peine quelques minutes et le reste du film fait plus office de suite sans lien narratif qu’autre chose. L’autre élément qui distingue Wrong Turn 4 est qu’il se déroule en plein hiver lors d’une tempête de neige. La tempête en question n’est qu’une excuse pour isoler le groupe dans l’hôpital et les quelques scènes extérieures (dont une poursuite en motoneige qui aurait dû être géniale) souffrent de la réalisation sans saveur de O’Brien.

En plus de lever maladroitement les yeux sur tous les opportunités qui auraient pu faire de Wrong Turn 4 un compagnon honnête au film original, le scénario n’est rien de plus qu’un ramassis de clichés et de revirements prévisibles servis dans une structure trop convenue. Ça n’aide pas non plus, que tous les dialogues qui sortent de la bouche des personnages ne semblent pas naturels. Oui, les acteurs ne sont pas très bons, mais le scénario leur fait dire des imbécilités qui nuisent à la crédibilité du récit en plus de balancer des contradictions dans leurs conversations.

Au moins, le studio a appris sa leçon dans l’utilisation de gore fait par ordinateur. Wrong Turn 4 est plus axé sur les effets pratiques et n’hésite pas à s’en servir en abondance dans des scènes qui ne peuvent qu’être décrites comme « c’est pas fini ça, la mode du torture porn ». Oui, le gore est impressionnant dans le film, mais il est principalement utilisé dans des scènes de torture aussi inutiles qu’interminables. Par contre, les rares scènes qui utilisent le CGI pour les effets gores sont terriblement ratées. C’en est embarrassant. Ce qui aurait pu devenir la meilleure scène du film, un meurtre par motoneige, teste les limites du ratage par CGI!!

Parfois, lorsqu’on a un talent (très) limité, c’est correct de faire un copié-collé du film original et de commercialiser le tout comme suite. C’est une stratégie qui a magnifiquement bien servi à Friday The 13th dans les années 80. À vouloir toujours se différencier des chapitres précédents, la saga Wrong Turn a complètement perdu l’essence qui faisait la réussite du film original. L’heure du « reboot » a sonnée!

  • Dany Champagne

  • Wrong Turn (2003)
    Wrong Turn 2: Dead End (2007)
    Wrong Turn 3: Left For Dead (2009)

     

    Cold Prey (2008)
    The Hills Run Red (2009)

     

     
     


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