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YELLOWBRICKROAD
2011
RÉALISATION: Jesse Holland et Andy Mitton
SCÉNARIO: Andy Mitton et Jesse Holland
AVEC: Cassidy Freeman, Anessa Ramsey, Laura Heisler, Alex Draper, Michael Laurino
Les films d’horreur en forêt, ça a toujours eu la côte. Friday the 13th, The Evil Dead et The Blair Witch Project ne sont que la pointe d'un iceberg de bonne dimension. Il faut l’avouer, les bois sont de mise à une ambiance qui, en plus de fuir la frénésie urbaine à laquelle nous sommes habitués, génère une palpable impression de solitude... Celle-là même qui entre les mains de bons cinéastes imprègne rapidement l’audience d’un film d’horreur. Pour son deuxième projet d’édition, la compagnie émergente Bloody-Disgusting Selects a justement pris la décision de miser sur un long métrage de ce genre. Yellowbrickroad évoque en effet un curieux amalgame entre les deux volets de la saga Blair Witch.
Lors de l’année 1940, dans l’état de la Nouvelle-Angleterre, les 572 habitants de la petite ville de Friar sont mystérieusement partis vers le nord, sur une piste sauvage serpentant dans la forêt pendant des centaines de kilomètres. Ils laissèrent derrière eux leurs habitations, leurs vêtements, leur argent et même leurs animaux domestiques, condamnés par le fait à mourir de faim. Lancés à leur recherche, des soldats américains découvriront plus de 300 cadavres. Nombre des habitants de Friar seront morts de froid, mais plusieurs ont aussi été violemment mutilés. En 2008, le gouvernement américain déclassifie les données sur ces événements et les rend publiques. Aussitôt, un petit groupe d’individus décidera de se lancer à l’aventure, caméras en main, et de parcourir la fameuse « Yellowbrickroad »…
Les long métrages se consacrant à 100% à la création d’une atmosphère de folie ne sont pas toujours ceux qui sont le mieux accueillis par la moyenne des spectateurs. Il faut dire que le défi est souvent de taille pour faire pénétrer à la collectivité les subtilités d’un esprit malade, mais qu’à manches retroussées les cinéastes qui s’en sortent le mieux n’en reçoivent que plus de fleurs (ayons une petite pensée pour ce cher Kubrick, parmi d’autres). Yellowbrickroad, qui explore bien sûr cette avenue en proposant une séance de délire au fond de la forêt, se situe malheureusement à mi-chemin entre la réussite et l’échec.
D’abord, et souvenez-vous de moi si vous avez l’intention de visionner ce film, il faut avoir toutes ses réserves de présence mentale lorsque l’on se lance dans l’aventure qu’est Yellowbrickroad. Comme pour son homologue Book of Shadows, il s’agit d’un film qui fait parfois la vie dure au spectateur. Les personnages perdent rapidement leurs repères rationnels et sombrent dans une espèce de folie collective définitivement bien illustrée, mais dont les répercussions sur nos protagonistes sont parfois ardues à suivre. Hallucinations auditives et visuelles, émotions bizarres, envies de meurtres… Tout cela semble se chevaucher plus ou moins adroitement dans l’esprit de ceux qui perdent à présent la carte devant nous. Les acteurs de Yellowbrickroad ne sont pas non plus de ceux qui devraient rougir de leurs performances, c’est simplement que le rythme des choses est à la fois bizarre et décousu. Le problème de la folie au grand écran, je crois, c’est que si son avènement est trop précipité les gens n’y croiront pas réellement. De plus, il est difficile d’accrocher si aucun des personnages principaux n’apparaît sain d’esprit et que tout le monde semble rapidement condamné.
Lors des premiers balbutiements du film, cependant, tandis notre équipe de tournage s’enfonce lentement dans les bois, les cinéastes Jesse Holland et Andy Mitton bâtissent brillamment leur ambiance. Conversations sur le bord du feu, forêt dense… Et lentement, la folie augmente. Des événements de plus en plus inexpliqués surviennent jusqu’à l’atteinte d’un sanglant point de non retour. Yellowbrickroad devient alors vraiment violent et hystérique, sombrant dans une incohérence désirée par le scénario mais qui va assurément assommer une partie du public. En revanche, au cœur de cette forêt hostile et étrange, il y a aura assez d’événements morbides pour donner la frousse à qui sera parvenu à mordre à l’hameçon du film. La mise en scène du premier meurtre est d’ailleurs complètement surréaliste et sanglante! J’ai trouvé le tout génial.
Ni bon, ni mauvais, Yellowbrickroad est une nouvelle tentative audacieuse d’illustrer la folie à l’écran. Si le film est plutôt efficace, il faudrait cependant ingurgiter une bonne dose de Ritalin avant de le visionner. Vous voilà prévenus.



• Book of Shadows: Blair Witch 2 (2000)
• The Violent Kind (2010)
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